En effet, la RDC commémore chaque 2 août la journée du « genocost », un terme utilisé par le gouvernement congolais pour désigner les massacres de millions de Congolais depuis 1996, qu’il attribue notamment aux conflits liés à l’exploitation des ressources naturelles.

Le concept a été intégré dans la législation congolaise en décembre 2022. Le président Félix Tshisekedi a présidé la première cérémonie officielle de commémoration en 2023, avant d’inaugurer en 2025 un mémorial dédié à cette cause à Kinshasa.

Lors de la quatrième cérémonie organisée le 2 août 2026, Tshisekedi a accusé le Rwanda et la coalition AFC/M23 d’être responsables d’atrocités commises dans l’est de la RDC au cours des trois dernières décennies.

Réagissant à ces accusations dans une interview accordée à la plateforme « Agasaro Kaburaga », Nduhungirehe a contesté cette lecture, affirmant que la date du 2 août correspond également à une période de persécutions contre les Tutsis en RDC.

« Le Congo procède à une déformation délibérée. Le 2 août 1998, date choisie pour commémorer le genocost, correspond à une période où les Tutsis étaient ciblés à Kinshasa, poursuivis et attaqués par des foules », a-t-il déclaré.

Le ministre a notamment évoqué les violences commises contre des Tutsis dans la capitale congolaise au début de la deuxième guerre du Congo, ainsi que les propos haineux tenus à l’époque par l’ancien ministre congolais des Affaires étrangères, Abdoulaye Yerodia Ndombasi, contre cette communauté.

Nduhungirehe a également critiqué les funérailles nationales accordées à Ndombasi par Félix Tshisekedi en 2019, rappelant que ce dernier avait fait l’objet d’investigations en Belgique pour des accusations liées à l’incitation à la haine.

« En introduisant le concept de genocost, qui n’est pas reconnu par le droit international, le Congo cherche à se présenter comme innocent alors qu’il fait partie du problème », a-t-il affirmé, dénonçant la marginalisation persistante de la communauté tutsi congolaise jusqu’à ce jour.

Ses déclarations interviennent alors que la RDC poursuit des démarches judiciaires contre Kigali. Le 26 juin 2026, Kinshasa a saisi la Cour internationale de Justice (CIJ), accusant le Rwanda de crimes liés au génocide qui auraient été commis entre 1996 et aujourd’hui.

Le ministre rwandais a également remis en question la position congolaise en évoquant les liens entre Kinshasa et le groupe génocidaire FDLR, fondé par des individus responsables du génocide contre les Tutsis de 1994 au Rwanda.

« On ne peut pas prétendre commémorer un génocide tout en coopérant avec un groupe qui a commis un génocide », a-t-il insisté.

Jusqu’à présent, aucun pays n’a officiellement adopté le terme « genocost » ni rejoint la campagne internationale lancée par la RDC autour de cette appellation.

Le ministre Nduhungirehe a rejeté le récit du « genocost » porté par la RDC, le qualifiant de « déformation délibérée » visant à présenter Kinshasa comme victime tout en occultant les violences contre les Tutsis