Depuis la détérioration des relations entre Kigali et Kinshasa en 2022, les deux dirigeants ont multiplié les rencontres. Le président burundais s’est rendu à huit reprises en RDC, tandis que son homologue congolais a effectué cinq visites au Burundi.

Cette proximité s’est traduite par une coopération militaire accrue, les forces burundaises étant devenues l’un des principaux soutiens de Kinshasa dans la lutte contre l’AFC/M23 et le MRDP-Twirwaneho.

La visite de Ndayishimiye, effectuée ce 22 juin à Kinshasa, intervient alors que les combats se poursuivent dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, autour de Minembwe.

En effet, les FARDC, appuyées par les forces burundaises, les groupes Wazalendo et des éléments des FDLR, selon plusieurs sources, mènent des offensives contre le MRDP-Twirwaneho.

Entre le 6 et le 19 juin, les affrontements se sont intensifiés avec l’usage d’armes lourdes, de drones et de frappes aériennes. Malgré les annonces de Kinshasa sur la prise de Minembwe, le MRDP-Twirwaneho affirme toujours contrôler la localité.

Pour Kigali, cette situation, qui inclut l’implication persistante des FDLR – issues d’individus responsables du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994 – dans les opérations militaires dans l’est de la RDC, représente une menace directe pour la sécurité nationale. Le Rwanda soutient régulièrement qu’aucune paix durable ne sera possible tant que ce groupe génocidaire ne sera pas définitivement démantelé.

Dans un entretien accordé à Jeune Afrique en mai 2026, Évariste Ndayishimiye a justifié la présence de ses troupes en RDC en affirmant qu’elles étaient déployées pour soutenir les FARDC et placées sous leur commandement. Il a précisé que leur retrait dépendrait exclusivement d’une décision du gouvernement congolais.

Pour plusieurs observateurs, cette alliance entre Kinshasa et Gitega repose davantage sur une convergence stratégique contre le Rwanda que sur des projets de développement.

Si chaque État est libre de choisir ses partenaires, soulignent-ils, la présence de groupes armés, les discours hostiles et la question non résolue des FDLR continuent d’alimenter les tensions régionales.

Le rapprochement entre Félix Tshisekedi et Évariste Ndayishimiye apparaît avant tout comme une alliance militaire forgée autour du conflit dans l’est de la RDC.