Cette évolution intervient après plus de douze années marquées par des restrictions de mobilité liées aux tensions diplomatiques entre Kigali et Pretoria.

Ce signal d’ouverture fait suite à la récente visite du ministre rwandais des Affaires étrangères, l’ambassadeur Olivier Nduhungirehe, en Afrique du Sud, à l’invitation de son homologue Ronald Lamola.

Ce dernier a indiqué que ces échanges pourraient aboutir à une facilitation de l’entrée des détenteurs de passeports ordinaires rwandais, tout en réaffirmant que les deux pays restent liés par une histoire commune marquée à la fois par l’apartheid et le génocide perpétré contre les Tutsi.

Historiquement, les relations bilatérales se sont construites après 1994, sous Nelson Mandela puis Thabo Mbeki, période durant laquelle la coopération était jugée étroite, notamment dans les domaines de l’éducation et du dialogue politique.

Cependant, le climat s’est progressivement détérioré à partir de la fin du mandat de Mbeki en 2008, suivi de la présidence de Jacob Zuma (2009–2018). Cette période a été marquée par des tensions diplomatiques, notamment autour de la présence en Afrique du Sud d’anciens responsables rwandais impliqués dans des projets de déstabilisation du Rwanda, tels que Kayumba Nyamwasa et Patrick Karegeya – décédé en 2013 -, ainsi que par des expulsions réciproques de diplomates en 2014.

Sous Cyril Ramaphosa, des tentatives de normalisation ont été observées, notamment lors de son investiture en 2019 et des échanges diplomatiques en 2023, sans toutefois aboutir à une résolution durable des différends.

Parallèlement, la crise sécuritaire dans l’est de la RDC, relancée en 2021 avec la résurgence de l’AFC/M23, a contribué à raviver les tensions. En effet, le déploiement de forces de la SADC, dont des contingents sud-africains, aux côtés des FARDC et de groupes génocidaires tels que les FDLR, a détérioré davantage les relations entre les deux pays.

Lors d’un sommet de l’EAC en janvier 2025, le président Paul Kagame a dénoncé l’implication de ces forces, rejetant toute assimilation entre le M23 et les Forces rwandaises, en réponse à des allégations formulées par le président Cyril Ramaphosa lors d’une intervention antérieure.

À la fin de janvier 2025, les forces sud-africaines ont finalement quitté l’est de la RDC après des revers militaires autour de Goma face au M23/AFC, le Rwanda ayant accordé un passage à ces forces en vue d'un rapatriement sur.

Malgré plus de douze années de tensions diplomatiques et sécuritaires, plusieurs observateurs soulignent le fait que les récentes initiatives laissent entrevoir une possible normalisation des relations entre Kigali et Pretoria.

Plusieurs observateurs soulignent le fait que les récentes initiatives laissent entrevoir une possible normalisation des relations entre Kigali et Pretoria