Habituée à interroger les responsables américains sur la crise dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), Verás a demandé à Trump quelles mesures supplémentaires il comptait prendre contre Kigali, qu’elle accuse régulièrement de soutenir l’AFC/M23 et d’être responsable de violences en RDC.
Avant même sa question, Donald Trump a relevé son intérêt récurrent pour le continent africain.
« Elle aime l’Afrique. Elle pose toujours des questions sur l’Afrique », a déclaré le président américain.
Interrogé sur le respect des accords de paix conclus entre Kigali et Kinshasa en décembre 2025, Trump a rappelé que les deux parties avaient signé l’accord et que « les hostilités avaient cessé ».
La journaliste ne s’est toutefois pas arrêtée là. Elle a affirmé s’être rendue récemment en RDC et y avoir, selon elle, été témoin de « violences » qu’elle attribue au Rwanda.
Plutôt que de poursuivre sur les accusations visant Kigali, Donald Trump a immédiatement déplacé la discussion vers une autre préoccupation concernant la RDC : l’épidémie d’Ebola.
Il lui a demandé comment évoluait la situation sanitaire, et la journaliste de répondre que les opérations de lutte contre la maladie progressaient.
Cet échange a ainsi privé Verás de la confrontation qu’elle semblait rechercher sur le Rwanda, Trump revenant à plusieurs reprises à l’idée que les problèmes liés à l’accord de paix pouvaient être traités directement entre les parties.
Une ligne éditoriale de plus en plus contestée
Hariana Verás s’est particulièrement illustrée depuis 2025 par ses questions adressées aux responsables américains sur la guerre dans l’est de la RDC. Ses détracteurs lui reprochent de reprendre fréquemment les éléments de langage du gouvernement de Félix Tshisekedi, notamment sur le soutien présumé du Rwanda à l’AFC/M23.
Le 27 juin 2025, déjà à la Maison-Blanche, elle avait annoncé à Donald Trump que Félix Tshisekedi souhaitait le proposer pour le prix Nobel de la paix. L’initiative avait alors été présentée comme une surprise pour le président américain.
Le 4 décembre 2025, après la signature de l’accord de paix entre Kigali et Kinshasa sous l’égide américaine, Verás avait également essayé d’attirer l’attention du président américain sur le Rwanda, celui-ci s’étant juste contenté d’une réponse à la va-vite.
Ces initiatives ont conduit de nombreux observateurs à percevoir en la journaliste une position qui semble faire écho à celle du pouvoir congolais, notamment en défaveur du Rwanda.
Les accords conclus entre le Rwanda et la RDC prévoient notamment des engagements concernant la neutralisation des FDLR et le démantèlement des groupes armés, tandis que Kigali doit mettre en œuvre les engagements liés à ses mesures défensives.
Le Rwanda affirme régulièrement que la question des FDLR constitue l’un des principaux enjeux sécuritaires du conflit, les États-Unis ayant eux-mêmes désigné les FDLR comme organisation terroriste.
C’est précisément l’un des éléments que les critiques de Verás lui reprochent de minimiser lorsqu’elle concentre ses interventions sur les accusations visant Kigali.
Par ailleurs, d’autres informations circulent également au sujet de fonds que la journaliste aurait reçus du gouvernement de Kinshasa avant son intervention à la Maison-Blanche, celle-ci ayant été chargée de poser des questions transmises par le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya.




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