À la suite de plusieurs consultations menées depuis la fin de l’année 2025 avec des responsables politiques ainsi qu’avec des représentants des Églises catholique et anglicane, le président angolais João Lourenço a élaboré un document de 21 pages définissant les modalités d’un dialogue inclusif entre Congolais. Remis au président Félix Tshisekedi le 7 mars 2026, ce projet prévoit des négociations organisées à Luanda sous la facilitation de l’Angola.
Le plan angolais propose la participation de 90 délégués : 30 représentants du pouvoir, 30 représentants de l’opposition politique et des groupes armés, ainsi que 30 représentants de la société civile. Il préconise également l’intégration de diverses composantes congolaises, y compris des groupes armés tels que l’AFC/M23, le CRP/FRP de Thomas Lubanga et certains éléments des Wazalendo, dans les institutions nationales, notamment les services de sécurité.
Luanda estime que la réussite du processus passe par la participation de toutes les parties concernées et par l’adoption de mesures de confiance, notamment la libération des prisonniers politiques, la levée de certaines sanctions et le respect d’un cessez-le-feu.
L’Angola souhaitait que João Lourenço joue le rôle de facilitateur principal avant de transmettre la conduite du dialogue au médiateur de l’Union africaine, Faure Gnassingbé, assisté notamment par les anciens présidents Olusegun Obasanjo et Uhuru Kenyatta. Les discussions devaient se tenir à Luanda, tandis que la signature d’un éventuel accord de paix devait avoir lieu à Kinshasa.
Selon des informations rapportées par Jeune Afrique, le gouvernement congolais a rejeté plusieurs aspects du projet. Kinshasa refuse notamment la participation de l’AFC/M23, qu’il considère comme une ligne rouge, ainsi que celle de l’ancien président Joseph Kabila. Les autorités congolaises reprochent également à l’Angola de ne pas désigner suffisamment le Rwanda comme partie prenante au conflit.
Dans une réponse adressée à Luanda le 14 mai 2026, Félix Tshisekedi a affirmé que le dialogue devait être organisé et dirigé par les autorités congolaises, et se tenir exclusivement à Kinshasa. La RDC propose un format élargi à 500 participants et souhaite inscrire à l’ordre du jour la réforme de la Constitution ainsi qu’une transition politique devant conduire à l’élection d’un nouveau président.
L’Angola considère qu’un dialogue excluant certains acteurs majeurs risque de compromettre les chances de succès du processus. Luanda a également regretté le délai de deux mois mis par Kinshasa pour répondre à sa proposition, y voyant un signe de faible engagement politique.



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