S’exprimant dans un entretien exclusif accordé à IGIHE au terme de sa visite au Rwanda, du 19 au 21 août 2026, Amy Pope a déclaré avoir été impressionnée par la clarté de la vision de développement du pays et par la cohérence des responsables gouvernementaux rencontrés.
« J’ai été profondément impressionnée par la clarté et l’engagement autour de la vision portée par le président de ce pays », a-t-elle déclaré.
Au cours de son séjour, elle s’est entretenue avec le Premier ministre Dr Justin Nsengiyumva, ainsi qu’avec les ministres Olivier Nduhungirehe, Judith Uwizeye, Dr Emmanuel Ugirashebuja et le général de division à la retraite Albert Murasira.
Ces rencontres ont, selon elle, illustré la nécessité de considérer la migration comme une question transversale touchant aux affaires étrangères, à la justice, à l’immigration, à l’emploi et à la gestion des urgences.
« Nous constatons une prise de conscience générale : la migration doit être intégrée à l’ensemble des politiques publiques », a-t-elle souligné.
Pour l’OIM, le Rwanda constitue un partenaire important alors que les déplacements de populations augmentent sous l’effet des conflits, du changement climatique et des évolutions démographiques.
« Notre priorité est de maintenir une relation de confiance et de coopération avec nos États membres, et le Rwanda est un partenaire essentiel », a déclaré Amy Pope.
Elle a expliqué que l’organisation cherche désormais à aider les gouvernements à anticiper les défis migratoires, plutôt qu’à intervenir seulement lorsque les crises surviennent. Elle a notamment souligné l’importance du changement climatique dans les déplacements de populations.
Cette vision rejoint également les ambitions du Rwanda en matière de développement. Amy Pope a insisté sur le lien entre migration, investissements et compétences, estimant qu’une main-d’œuvre qualifiée est indispensable pour attirer davantage d’investissements industriels.
La mobilité professionnelle peut, selon elle, permettre aux Rwandais de travailler à l’étranger, d’acquérir de nouvelles compétences et de revenir contribuer au développement de leur pays.
« Le Rwanda est un modèle de politique migratoire ouverte », a-t-elle affirmé.
La directrice générale de l’OIM a aussi salué les conditions d’intégration offertes aux migrants au Rwanda, notamment leur accès à l’éducation et à l’emploi.
Elle estime qu’une politique migratoire efficace doit prendre en compte les besoins des communautés ainsi que les effets de la migration sur la santé, l’éducation, l’emploi et le développement des compétences.
« Si l’on veut que la migration produise des résultats positifs, il faut impliquer les communautés, prendre en compte ses effets sur l’éducation et la santé, reconnaître son potentiel de croissance et répondre aux besoins en compétences », a-t-elle expliqué.

Pour Amy Pope, cette approche est compatible avec Vision 2050 et peut créer des opportunités aussi bien pour les Rwandais travaillant à l’étranger que pour les personnes qui viennent au Rwanda à la recherche de meilleures perspectives.
Mais l’OIM doit également composer avec des ressources limitées. Amy Pope a reconnu que l’organisation fait face à des contraintes financières et cherche de nouveaux partenariats avec le secteur privé et les banques de développement afin de soutenir notamment la formation et la création d’emplois.
« Nous travaillons étroitement avec le gouvernement rwandais pour trouver de nouvelles solutions, tout en reconnaissant que les ressources disponibles restent insuffisantes face aux besoins », a-t-elle déclaré.
Depuis son arrivée à la tête de l’OIM en 2023, Amy Pope dit également vouloir faire évoluer la manière dont la migration est perçue. L’organisation cherche de plus en plus à considérer la migration comme une source d’opportunités pour les individus, les communautés et les économies, et non uniquement comme une crise à gérer.
La mobilité de la main-d’œuvre constitue ainsi l’un des secteurs en croissance de l’OIM. L’organisation veut faciliter des déplacements sûrs, légaux et dignes, tout en réduisant les risques liés aux passeurs, à la traite des personnes et aux routes migratoires dangereuses.
« Cela ne se produit pas par hasard. Cela résulte d’une planification stratégique et de partenariats solides avec les gouvernements et le secteur privé », a-t-elle précisé.
Dans son communiqué publié après la visite, l’OIM a également mis en avant le développement des compétences, la mobilité professionnelle, l’engagement de la diaspora et la protection des migrants comme des domaines susceptibles de favoriser l’emploi, la croissance économique et la coopération régionale.
« Aucun pays ne peut relever seul les défis migratoires. Une coopération durable entre les gouvernements, les partenaires internationaux et le secteur privé est indispensable pour faire en sorte que la migration profite aux personnes comme aux communautés », a conclu Amy Pope.
Le Rwanda accueille actuellement entre 135 000 et 137 000 réfugiés et demandeurs d’asile enregistrés, principalement originaires de la RDC et du Burundi, selon le HCR.
Depuis 2019, il participe également au Mécanisme de transit d’urgence (ETM) de Gashora, mis en place avec le HCR pour accueillir temporairement des réfugiés et demandeurs d’asile vulnérables évacués de Libye avant leur réinstallation.








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