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Paul Kagame au Forum de Doha parle de ses 19 ans de pouvoir, des difficiles relations avec l’Uganda, …

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 16 décembre 2019 à 05:35

Le président Paul Kagame du Rwanda vient de participer au Forum Economique de Doha de ce weekend 14 et 15 décembre aux côtés de l’Emir du Qatar, Sheikh Tamim bin Hamad al Thani et autres chefs des Etats.

Au Panel, il discute avec Ghida Fakhry, ancienne journaliste d’Al Jazeera, de toutes les questions sans retenue. Les difficiles relations Rwanda-Uganda, son long séjour de 19 ans au pouvoir, des séjours prolongés au fauteuil présidentiel des présidents africains…

Comment vous sentez-vous Monsieur le Président, 19 ans depuis que vous êtes au pouvoir ? Pas fatigué ? Allez-vous vous porter candidat présidentiel après 2024 ?

« Ce qui est important c’est que je me sens encore d’aplomb. Je suis à même de rester durant plusieurs autres années. Je ne suis pas encore fatigué. Je suis très satisfait de ma collaboration avec mes citoyens. Je travaille pour mes citoyens et mon pays avec qui nous faisons un voyage des difficultés du passé pour un avenir meilleur. Nous renforçons la confiance-en-soi des Rwandais », a dit le Président Paul Kagame précisant nénmoins que les nombreuses années dont il est question ci-haut sont ceux qui lui restent pour terminer son actuel mandat de sept ans qui expire en 2024.

« Pour ce qui est de me refaire élire pour un autre mandat après expiration de l’actuel, je ne suis pas encore sûr. Mais de fortes probabilités c’est le NON », a-t-il dit précisant avoir pris la décision d’accepter les doléances populaires qui insistaient, avec référendum constitutionnel à l’appui, pour qu’il fasse ce troisième mandat de par les circonstances qui avaient prévalu alors, que cette situation risque de ne pas se reediter.

Votre secret pour une croissance économique 7-8% sans cesse montante ?
« C’est une feuille de route qui continue. Vous résolvez un défi après l’autre. Des fois nous menons de front plusieurs défis. Jamais les hommes ne peuvent pas dire qu’ils sont satisfaits, qu’ils ont atteints leurs objectifs économiques, de bien-être. La Rwanda a lutté contre plusieurs défis énormes qui, s’ils n’avaient pas été résolus, auraient causé un énorme gâchis de par sa situation historique, régionale, politique et autre.

Notre passé imbriqué dans le politique… oui nous avions connu un génocide au Rwanda où plus d’un million est mort, les Rwandais ont tué leurs compatriotes. Oui, il est vrai que beaucoup d’Etrangers y ont joué un rôle, mais je n’aime pas m’éterniser sur ce problème. Je relève souvent les responsabilités criminelles des Rwandais car quand il est question de reconstruire la société rwandaise déchirée, nous ne pointons pas un doigt vers les non Rwandais, nous nous regardons nous-mêmes pour nous sentir concernés. Et nous allons de l’avant », a dit le Président Paul Kagame qui accuse l’idéologie divisionniste d’alors d’avoir créé un sérieux précédent dans son pays au point qu’un groupe social a décidé qu’il était différent de l’autre pour tenter de le décimer.

Comment appréciez-vous Monsieur le Président le fait que les Chefs d’Etat africains font un long séjour au pouvoir : Zimbabwe, Angola, Soudan… ?
Paul Kagame a partagé à son audience sa façon de percevoir ce problème. Pour lui, beaucoup de raisons peuvent être avancées.

« Certains Présidents peuvent faire un long séjour au pouvoir de façon justifiable, d’autres non. C’est pourquoi je me dis que tout dépend des circonstances. Est-ce que ce sont des choix citoyens de tel ou tel pays ? Des fois, ce sont les dirigeants qui aiguillonnent les citoyens pour leur faire porter le souhait qu’ils restent au pouvoir. Mais quand ce sont vraiment les choix citoyens, il faut comprendre ».

Sans citer les noms, Kagame a parlé de pays qui ont connu de tels rendez-vous électoraux trichés et que les peuples ont montré leur mécontentement.

« Tout cela dépend du style de gouvernance démocratique qui prévaut dans tel ou tel pays », a dit Kagame mesurant ses mots pour ne pas glisser et blesser ses pairs. Il n’a pas manqué de menacer certaines puissances internationales qui s’immiscent dans la gestion des Etats africains. Il leur a promis : « Avec elles, sans contredit, nous aurons toujours des problèmes ».

Passons ! Et vos relations difficiles avec l’Uganda, Mr le Président ? Comment appréciez vous les nouvelles autorités de la RDC ?
“Pour ma part, à la uestion du contentieux entre le Rwanda et l’Uganda, quelques fois je me sens peiné de voir que l’opinion publique a du mal à percevoir les vraies questions de déficit dans la compréhension réciproque entre les deux pays. En effet, notre contentieux n’est ni lié au fait que tel a pris une portion de territoire de l’autre. Ce n’est pas un problème frontalier. Les pourparlers sont en cours. Je pense que quand cette volonté de discussion existe, la question peut être réglée.
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Pour ce qui est de la RDC, nous apprécions des activités qui sont entreprises par les nouvelles autorités congolaises qui sont désireuses de collaborer avec leurs voisins. La démarche des nouvelles autorités congolaises est nettement meilleure que celle des précédentes. Cela ne signifie pas que tous les problèmes sont pour autant résolus. Mais nous exploitons cette collaboration pour affronter les défis existants ».


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