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NORD-KIVU : Un Gouverneur tribaliste à la tête du gouvernorat-Ali Musagara

Redigé par IGIHE
Le 21 janvier 2020 à 01:22

Plusieurs notables du Nord-Kivu montent au créneau, fustigeant le caractère tribal dans le Chef du Gouverneur du Nord-Kivu Monsieur de Carly Nzanzu Kasivita.

Décidément la mise en place de son cabinet dominé en majorité par la tribu Nande dont il est originaire aura été cette goutte qui a débordé le vase.

C’est un autre notable de la province du Nord-Kivu qui vient de lui faire un réquisitoire sans détour, ni complaisance.

Monsieur Ali Musagara parce que c’est de lui qu’il s’agit dénonce ce qu’il qualifie de tribalisme devenu "un critère primordial dans le recrutement au sein de certaines institutions dont le Gouverneur Nzanzu Kasivita a la mainmise" ce, "depuis qu’il est à la tête de cette province", souligne-t-il.

Pour Ali Musagara qui croyait en ce Gouverneur "un jeune calme, courageux et déterminé à gouverner autrement" se rend compte que le remplaçant de Julien Paluku cachait derrière lui sa vraie face d’un dirigeant tribaliste.

"En effet, l’élection de Carly comme gouverneur de la province a été applaudie par la majorité des communautés vivant au Nord-Kivu car tout le monde voyait en lui, un jeune calme, courageux et déterminé à gouverner autrement, personne ne connaissait le caractère tribal qui se cachait derrière son calme.

"Pourtant", poursuit-il, son élection a été le compromis entre notables de toutes les communautés du Nord-Kivu" jusqu’à "susciter espoir pour un développement intégral de la province malheureusement", aujourd’hui étouffé par "l’arbitraire et l’injustice qui sont devenus ses stratégies pour éliminer les membres issus d’autres communautés". martèle cet acteur de la scène politique congolaise.

Il en veut pour preuve, "l’hôpital général de référence de Goma devenu une propriété privée du gouverneur dans laquelle il distribue des postes aux membres de sa communauté après avoir renvoyé tous les non Nande".

Un acte qui n’a pas laissé Monsieur Ali Musagara indifférent "exigeant que soient rétablies dans leurs droits les victimes du tribalisme conformément à la décision rendue" en leur faveur "par la justice".

De même, il reproche à l’autorité provinciale "les conflits qu’il semble entretenir dans plusieurs institutions sous son autorité et à l’université de Goma où le Gouverneur tente de placer un Membre de sa communauté ou son homme dit de confiance".

Revenant sur la dernière mise en place du cabinet du gouverneur estimé à 95% Nande et son entourage ainsi que ses amis monoethniques, Monsieur Musagara interpelle les autorités sur le plan national à se pencher sur ces questions en tenant compte de cette réalité.

"Nous dénonçons cette manière de gérer car le népotisme est une antivaleur à combattre ! Nous en profitons pour lancer un appel au Chef de l’Etat, au Parlement et au Gouvernement de réfléchir sur la manière dont cette province doit être gérée pour qu’une communauté majoritaire ne s’empare à jamais au risque de créer des frustrations qui vont envenimer les conflits interethniques", insiste-t-il avant d’émettre l’idée "d’un gouvernorat rotatif entre communautés" comme solution pouvant mettre fin à la léthargie d’une "élection des gouverneurs qui a cessé d’être une compétition mais des arrangements entre communautés ethniques ce, au profit de la plus grande communauté obligeant les minorités à conjuguer derrière elle.

Enfin Ali Musagara qui lance l’alerte revient sur les causes profondes qui souvent déchirent le Nord-Kivu : "les guerres à répétition dans le masisi et dans le Rutshuru a occasionné la fuite des millions des membres de la communauté Rwandophone en Uganda, au Rwanda et ailleurs. Pourtant, le gouvernement sait que cette politique de brûler le petit Nord de la province en y créant des centaines des groupes armés sous motif de combattre soit le CNDP ou soit les Rwandais a été savamment créée par l’abbé Malumalu lors de la conférence amani de Goma".

Ne s’étant pas arrêté par là, Monsieur Musagara a révélé que "Tant qu’il n’y aura la paix au petit Nord de la province, les populations ( rwandophones, hunde, Nyanga,...) seront toujours une minorité car des milliers de leurs membres sont confinés dans des camps des réfugiés en Ouganda, au Rwanda et au Kenya, Burundi".

Sa peur est "le discours anti-rwandophones et la rwandophobie qui se développent dans le Grand nord restent à craindre car l’une des communautés vivant au Nord-kivu (rwandophones) est accusée injustement d’avoir participé aux massacres à Beni".

En s’inscrivant contre les propos du Cardinal Ambongo tenus lors de son récent séjour au Nord-Kivu, Ce fils du territoire de Rutchuru n’a pas ménagé l’Archevêque de Kinshasa :

"Nous dénonçons le discours haineux du cardinal Ambongo contre cette communauté victime de son histoire avec le Rwanda,...nous considérons que le cardinal a été manipulé par des faux rapports fabriqués par les extrémistes Nandes pour décourager l’expansion de cette communauté", car "il est inacceptable", dit-il, "qu’une communauté soit interdite de passer par Beni et Butembo, non pour y vivre mais en transit pour se rendre ailleurs", des actes qui n’excluent pas le pire.

En conclusion, Ali Musagara met en garde ce qu’il appelle "des extrémistes parmi les Nandes qui veulent créer une guerre ethnique en alimentant un sentiment anti-rwandophone parmi les congolais".

Avec La Nouvelle Afrique-Congo Explorateur


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