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Ngororero (Ouest) : Reconnus coupables de dilapidation des biens des rescapés, ils ne passent pas aux réparations

Redigé par IGIHE
Le 29 septembre 2019 à 04:41

Dans le district Ngororero, ouest-nord du Rwanda, des criminels de génocde reconnus coupables par la justice de dilapidation des biens des survivants du génocide des Tutsi de 1994 rechignent à appliquer les jugements rendus leur ordonnant de compenser ces survivants.

"Nous demandons aux personnes lésées de formuler leurs plaintes devant la justice pour forcer ces criminels qui ont transféré leurs richesses aux tiers", a déclaré Martine Urujeni, fonctionnaire près le Ministère de la Justice chargée du département de Justice populaire.
Elle a précisé qu’il suffit d’indiquer à la justice ce transfert de richesses avec des faits tangibles pour que la personne en soit litigieuse devant la justice, que cette pratique obscure mine le chemin de l’Unité et réconciliation entreprise depuis les années de l’après-génocide.

Il est rapportéque 30 familles de rescapés du génocide des Tutsi de 1994 dans le district Ngororero, ont eu gain de cause pour 600 millions de francs de biens détruits durant le Génocide. Depuis 14 ans qu’ils ont gagné leurs procès Gacaca, les criminels reconnus ne se sont pas exécutés.

"Cs biens, ce sont des maisons détruites, des récoltes emportées et des vaches raziées", a confié à Umuseke, Gérard Makuza, président de l’ONG IBUKA en Secteur Muhanda du District Ngororero.
"La plupart des dilapideurs de nos biens, vacches et autres, -nous avions des pâturages dans la réserve naturelle de Gishwati, la plupart étaient des agents du gouvernement. Ils sont en fuite. Mais ils se sont arrangés pour transférer à leurs proches parentés les droits sur leurs propriétés foncières et autres", a dit le Président trouvant impossible une aliénation judiciaire de ces biens.

"Nous sommes gré à Dieu et au Gouvernement d’Unité nationale pour avoir survécu à ce génocide. Mais hélas, c’est parfaitement incompréhensible de voir que ceux là qui nous ont tué gardent indûment nos biens. ça dépasse l’entendement humain", a dit Samuel Songa Havugimana qui a poursuivi en justice et gagné un procès d’une valeur de 68 millions de francs contre un certain Ephrem Setako qui a vite fait de transférer les droits de propriété de ses biens aux membres de sa familles.

L’Etat est-il si aveugle à ce point ? S’il en est ainsi, n’est-ce pas lui qui devrait indemniser ces pauvres rescapés du génocide en attendant que le criminel fasse tôt ou tard surface ?


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