Lors d’une tournée dans la région de Nyanza, jeudi 17 septembre 2026, Ruto a de nouveau reproché à l’ancien président de chercher à affaiblir son gouvernement en participant à la mobilisation de l’opposition. Il l’a notamment appelé à respecter son statut d’ancien chef de l’État et à se retirer de la politique active.

Au cœur des critiques de Ruto figure un accord politique qu’il affirme avoir conclu avec Kenyatta avant les élections de 2013. Selon le président kényan, les deux hommes s’étaient entendus pour se soutenir successivement à la présidence : Ruto devait soutenir Kenyatta pour ses deux mandats, avant que celui-ci ne lui apporte à son tour son soutien pour la présidentielle de 2022.

« Dix ans pour vous, dix ans pour moi », a rappelé Ruto lors de son intervention à Sindo, dans le comté de Homa Bay, selon 'The Standard'. Il affirme avoir soutenu Kenyatta lors des élections de 2013 et de 2017, mais reproche à son ancien supérieur de ne pas l’avoir soutenu lorsqu’il s’est présenté à la présidentielle en 2022.

En effet, Ruto et Kenyatta avaient formé une alliance politique avant la présidentielle de 2013. Kenyatta avait remporté cette élection avec Ruto comme colistier, avant que le même ticket ne remporte également la présidentielle de 2017. Ruto a ensuite accédé à la présidence en 2022, tandis que Kenyatta avait choisi de soutenir l’ancien Premier ministre Raila Odinga.

La relation entre les deux hommes s’était progressivement dégradée au cours du second mandat de Kenyatta, notamment après le rapprochement entre ce dernier et Raila Odinga en 2018. Cette évolution avait contribué à isoler politiquement Ruto au sein du pouvoir.

Dans une interview accordée en août 2026 au Daily Nation, Ruto avait déjà affirmé avoir tenté à plusieurs reprises de renouer avec son prédécesseur. Il avait déclaré s’être rendu chez Kenyatta et l’avoir également rencontré à Nairobi pour lui proposer de jouer un rôle de rassembleur en tant qu’ancien chef de l’État. Selon Ruto, Kenyatta aurait plutôt choisi de continuer à organiser l’opposition.

Les tensions entre les deux anciens alliés se sont également ravivées à l’approche des élections générales de 2027. Ruto accuse régulièrement Kenyatta de soutenir des initiatives de l’opposition destinées à fragiliser son administration.

Lors de sa tournée dans l’ouest du Kenya, Ruto a également défendu le bilan de son gouvernement, citant notamment les programmes de logements, les marchés et les infrastructures. Il a parallèlement demandé à son prédécesseur de ne pas s’impliquer dans des actions qu’il considère comme visant à déstabiliser le gouvernement.

William Ruto a renouvelé ses critiques à l’égard de son prédécesseur, Uhuru Kenyatta, qu’il accuse notamment de ne pas avoir respecté un accord politique conclu entre eux