L’incident s’est produit pendant un débat consacré à l’embargo économique américain contre Cuba, dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et La Havane.
Selon l’ambassadeur américain auprès de l’ONU, Mike Waltz, le secrétaire d’État Marco Rubio a signé les documents autorisant l’expulsion du diplomate cubain. Dans une intervention sur la chaîne Fox News, Waltz a indiqué que ce dernier devait être renvoyé à La Havane dans les 24 heures suivant l’annonce.
Le diplomate mis en cause a été identifié par plusieurs médias comme Richard Tur de la Concepción, premier secrétaire de la mission permanente cubaine auprès des Nations unies. Il aurait tenté de saisir le téléphone de J.P. Freire, membre de l’équipe américaine, alors que celui-ci filmait l’affrontement entre Mike Waltz et le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez Parrilla. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent une altercation autour du téléphone.
L’incident est survenu alors que Mike Waltz prononçait un discours particulièrement critique à l’égard du gouvernement cubain. L’ambassadeur américain a notamment accusé les dirigeants de l’île de tirer profit de l’exploitation de leurs citoyens et de biens confisqués, tandis que les représentants cubains contestaient vivement ses déclarations.
Bruno Rodríguez Parrilla s’est alors approché de l’estrade pour protester contre les propos de son homologue américain, le qualifiant de menteur. Mike Waltz lui a demandé de reculer, avant que le président de l’Assemblée générale ne suspende brièvement la séance afin de rétablir l’ordre.
Le chef de la diplomatie cubaine a ensuite dénoncé les déclarations américaines, qu’il a présentées comme des mensonges visant à justifier les mesures économiques imposées à son pays. Les deux délégations ont ainsi exposé publiquement leurs divergences devant les représentants des États membres de l’ONU.
Cette confrontation intervient à la veille du vote annuel de l’Assemblée générale des Nations unies sur une résolution appelant à la fin de l’embargo économique, commercial et financier imposé par les États-Unis à Cuba depuis plus de six décennies.
Présentée chaque année depuis 1992, cette résolution a traditionnellement bénéficié d’un large soutien international. En 2025, elle avait recueilli 165 voix favorables, contre sept votes opposés et 12 abstentions. Bien que non contraignante, elle constitue un indicateur de la position de la communauté internationale sur cette politique américaine.
Les tensions entre Washington et La Havane se sont en outre accentuées sous l’administration du président Donald Trump, qui a renforcé la pression économique sur Cuba. Les autorités cubaines affirment que les sanctions américaines aggravent les difficultés économiques de l’île, marquées notamment par des pénuries et des coupures d’électricité. Washington, de son côté, accuse le gouvernement cubain de mauvaise gouvernance et de répression politique.






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