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Les sept ex-otages français de Boko Haram accueillis à Orly

Redigé par Reuters
Le 20 avril 2013 à 03:14

PARIS (Reuters) - Les sept Français pris en otage dans le nord du Cameroun et libérés vendredi après deux mois de captivité sont arrivés samedi à l’aéroport d’Orly, près de Paris, où ils ont été accueillis par le président François Hollande qui a salué une victoire "de la vie".
Reuters/Reuters - François Hollande accueillant à Orly Tanguy Moulin-Fournier (à droite), le père de famille, et son frère Cyril Moulin-Fournier à Orly. Les sept Français pris en otage dans le nord du Cameroun et libérés vendredi après (...)

PARIS (Reuters) - Les sept Français pris en otage dans le nord du Cameroun et libérés vendredi après deux mois de captivité sont arrivés samedi à l’aéroport d’Orly, près de Paris, où ils ont été accueillis par le président François Hollande qui a salué une victoire "de la vie".

Reuters/Reuters - François Hollande accueillant à Orly Tanguy Moulin-Fournier (à droite), le père de famille, et son frère Cyril Moulin-Fournier à Orly. Les sept Français pris en otage dans le nord du Cameroun et libérés vendredi après deux mois de captivité sont arrivés samedi à l’aéroport d’Orly, près de Paris. /Photo prise le 20 avril 2013/REUTERS/Thomas Samson/Pool

Les conditions de la libération de cette famille de trois adultes et quatre enfants n’ont pas été rendues publiques et le chef de l’Etat comme Tanguy Moulin-Fournier, le père de famille, n’ont fait samedi matin qu’une déclaration à la presse axée sur l’émotion du retour en France.

"Je n’ai appris qu’hier la chaîne de solidarité en place pour notre libération", a déclaré Tanguy Moulin-Fournier. "C’est très beau que la France puisse se réunir de cette manière. C’est un grand moment d’être en France."

"Bienvenue ici chez vous en France. La vie c’est ce qu’il y a de plus fort, de plus beau. Et aujourd’hui c’est la vie qui a gagné", lui a dit François Hollande.

Avant de quitter Orly, une heure après y être arrivé, Tanguy Moulin-Fournier a parlé de son souhait de retourner vivre dès que possible au Cameroun, "un très beau pays où on se plaît beaucoup".

Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, s’était rendu à Yaoundé dans la soirée de vendredi pour les ramener. Il était accompagné de Gérard Mestrallet, PDG du groupe GDF-Suez, pour qui travaille Tanguy Moulin-Fournier, et d’une équipe médicale.

François Hollande, qui avait auparavant exprimé son "immense soulagement", a affirmé qu’aucune rançon n’avait été versée, conformément à la doctrine que Paris avait annoncée en février dernier.

Les sept Français avaient été enlevés en février lors d’une excursion dans le nord du Cameroun, près de la frontière avec le Nigeria où, selon les autorités camerounaises, ils avaient été transférés par leurs ravisseurs.

"CONDITIONS TRÈS DIFFICILES"

"Les conditions étaient très difficiles, il faisait extrêmement chaud, beaucoup de difficultés mais il n’y a pas de problème grave, on est vivant et on est infiniment heureux", a déclaré Tanguy Moulin-Fournier, interrogé sur France Inter après son arrivée à Yaoundé.

"Nous sommes toujours restés ensemble", a-t-il ajouté en parlant de "moments très bas" mais en refusant de parler des conditions dans lesquelles la libération s’est déroulée.

François Hollande, qui a remercié les autorités camerounaises et nigérianes, a rappelé que huit autres ressortissants français restaient détenus au Sahel.

"C’est un immense soulagement qui nous rend encore plus déterminés pour libérer les otages qui sont encore détenus", a-t-il dit lors d’une conférence de presse avec le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn.

HOLLANDE PARLE DE "CONTACTS"

Le chef de l’Etat a précisé que des "contacts" avaient été noués ces dernières semaines en coopération avec les autorités camerounaises et nigérianes.
"Nous ne changerons pas notre principe qui est le non versement par la France de rançon", a-t-il dit en insistant le "secret" indispensable à ses yeux dans les affaires d’otages.

L’enlèvement de deux Français en Afghanistan avait été tenu secret par les autorités françaises. L’un a été libéré début avril et l’autre est parvenu à s’échapper.

François Hollande a précisé avoir téléphoné à Tanguy Moulin-Fournier, un cadre de GDF Suez en poste au Cameroun depuis 2011.

Dans les jours qui avaient suivi l’enlèvement, Paris avait envoyé au Cameroun des soldats chargés de participer à l’enquête et aux recherches.

Le groupe islamiste nigérian Boko Haram avait revendiqué l’enlèvement le 25 février et réclamait, en échange de leur libération, celle de femmes et d’enfants membres de l’organisation détenus dans les prisons nigérianes et camerounaises.

"NOUS PERDONS NOS FORCES"

A la mi-mars, dans un enregistrement sonore, Tanguy Moulin-Fournier avait demandé à l’ambassadeur de France et au président camerounais, Paul Biya, de "tout mettre en oeuvre" pour qu’une solution soit trouvée.

Il avait confirmé que le groupe Boko Haram réclamait la libération des femmes et des enfants membres de l’organisation détenus dans les prisons nigérianes.

Une vidéo postée le 25 février sur le site internet YouTube avait précédemment montré la famille, les quatre enfants assis par terre devant les adultes, et un militant masqué.

Dans cette vidéo, l’un des ravisseurs s’exprimant en arabe menaçait de tuer les otages français si les revendications du groupe n’étaient pas satisfaites. Il accusait également François Hollande, dont les armées interviennent depuis le 11 janvier au Mali, de mener une guerre contre l’islam. Mais il ne demandait pas la fin de l’intervention française.

Tansa Musa, Patrick Vignal, Gérard Bon, Elizabeth Pineau, Marion Douet, Jean-Philippe Lefief et Tangi Salaün, avec Pauline Mével et Morade Azzouz à Orly


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