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Les investisseurs du secteur médical rwandais exigent de meilleures conditions d’accès au crédit bancaire

Redigé par IGIHE
Le 1er juillet 2019 à 04:48

Les investisseurs opérant dans le secteur de la santé ont toujours du mal à établir et à équiper leurs installations en raison du coût élevé des équipements médicaux et des conditions peu favorables d’accès au financement.
L’Association des Etablissements Médicaux Privés du Rwanda (RPMFA) rassemblant propriétaires d’hôpitaux et de cliniques privés, entre autres installations, a soulevé la question lors de sa deuxième assemblée générale ordinaire tenue à Kigali ce 30 juin 2019.
Selon les médecins, les (...)

Les investisseurs opérant dans le secteur de la santé ont toujours du mal à établir et à équiper leurs installations en raison du coût élevé des équipements médicaux et des conditions peu favorables d’accès au financement.

L’Association des Etablissements Médicaux Privés du Rwanda (RPMFA) rassemblant propriétaires d’hôpitaux et de cliniques privés, entre autres installations, a soulevé la question lors de sa deuxième assemblée générale ordinaire tenue à Kigali ce 30 juin 2019.

Selon les médecins, les équipements médicaux spécialisés tels que les CT scans (tomographie axiale calculée par ordinateur), MRI scanners (Magnetic Resonance Imaging ) et l’endoscopie sont coûteux, mais les institutions financières telles que les banques n’ont pas mis en place de mesures leur facilitant l’accès à des financements qui les aideraient à les acquérir.

Antoine Muyombano, responsable de la Polyclinique du Plateau en plein Centre ville de Kigali, a déclaré que le manque de matériel empêche toujours les intervenants en matière de santé de développer et affiner leurs services afin de fournir des services plus décents aux Rwandais.

Il a déploré le fait que les institutions financières ne prêtent aucune attention particulière aux investisseurs du secteur de la santé. Pourtant, il s’agit d’un métier spécial, car il touche à la vie des gens. En clair, ce patronat revendique des conditions spéciales d’octroi d’emprunts bancaires importants assortis d’une période de grâce et d’interets bas. Ce patronat trouve que ses investissements ne sont pas immédiatement rémunérateurs comme les crédits documentaires accordés au secteur de l’import-export.

Le manque de ces importants équipements médicaux essentiels, a-t-il dit, finit par les obliger à utiliser des connaissances et savoir-faire qu’ils tirent de la pratique quotidienne de leur profession.

« Le problème est que les banques ont des conditions peu favorables pour les médecins en ce qui concerne l’accès au financement. Ils devraient pouvoir mettre en place des emprunts à long terme assortis d’un taux d’intérêt plus bas pour pouvoir acheter ces équipements coûteux », a-t-il déclaré.

Le Dr Emmanuel Rudakemwa, président du Rwanda Medical and Dental Council, l’organe de régulation de la profession médicale, a déclaré que, dans la mesure où le pays vise une économie essentiellement dirigée par le secteur privé, le secteur de la santé devrait également faire l’objet d’une attention particulière et de volonté politique nettement affichée.

"Les secteurs de la santé et de l’éducation sont des catalyseurs du développement, ce qui signifie qu’il est nécessaire de mettre en place des programmes spécifiques pour réduire les coûts des soins de santé", a-t-il déclaré.

Rudakemwa a notamment souligné la nécessité d’attirer des fabricants d’équipements médicaux ou de leur assemblage au Rwanda pour pouvoir voir baisser baisser les coûts d’acquisition dans le pays.

« De nombreux équipements que nous utilisons ne sont pas fabriqués dans le pays. C’est un cas similaire avec d’autres pays africains, les équipements viennent de l’extérieur et de nombreuses dynamiques font monter leurs prix », a-t-il déclaré.

« Si nous parvenons à fabriquer ou à assembler ces équipements ici, cela réduirait les prix », a indiqué Rudakemwa pressentant également que des instituts d’enseignement de maintenance et d’entretien des équipements médicaux ( le génie biomédical) devraient être initiés dans le pays car pour manque d’ingénieurs médicaux dans le pays, un hôpital peut dépenser 100.000$ en frais de prestations de services d’experts étrangers pour entretien et réparation de ses machines et scanners médicaux.

À propos de l’accès au financement, il a déclaré que des activités de plaidoyer sont en cours pour que les banques suppriment les obstacles, notamment les garanties et les taux d’intérêt élevés pour des crédits accordés aux investisseurs dans le domaine médical.

« Les garanties empêchent les médecins d’accéder aux prêts », a-t-il déclaré.

Il a également appelé les investisseurs du secteur de la santé à s’unir afin de créer de plus grands complexes médicaux au lieu de petites cliniques individuelles.


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