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Le Rwanda rend hommage au Père Desbois pour son rôle dans la lutte contre le génocide

Redigé par IGIHE
Le 31 mars 2019 à 02:05

La Mission permanente du Rwanda auprès de l’Organisation des Nations Unies et le Congrès juif Mondial (CJM) ont honoré mardi 27 mars 2019 le Père Patrick Desbois du premier « Prix Raphaël Lemkin » pour son travail exemplaire dans la lutte contre le génocide.

Ce Prix honore son engagement à enquêter sur les crimes de génocide perpétrés dans le monde entier et à les révéler.

Le Père Desbois est le Fondateur et le Président de Yahad – In Unum-, une organisation humanitaire mondiale créée en 2004 dans le but d’identifier les sites d’exécutions de masse des juifs et des Roms en Europe de l’Est pendant la Seconde Guerre Mondiale.

La cérémonie de remise du Prix a eu lieu au siège de l’ONU à New York lors d’un événement spécial en la mémoire de Raphael Lemkin, avocat juif polonais et réfugié, qui a inventé le terme « génocide » et a initié la Convention sur le génocide il y a 70 ans.

Le Prix a été présenté au nom du Président du CJM, Ronald S. Lauder, par Adam Hummel, membre du Corps diplomatique juif du CJM.
« De la même manière que Lemkin a cherché à nommer un crime qui n’existait pas encore, le Père Desbois a cherché à trouver et à nommer les victimes dont la vie a été abrégée par la perpétration de ce crime.
De cette manière, le travail du Père Desbois est une extension très réelle de ce qui a été lancé par Lemkin », a-t-il déclaré.

En acceptant le prix, le Père Desbois a averti que le génocide n’est pas seulement un crime de haine, affirmant qu’il n’existe aucun antisémite pur ni aucun groupe de pure haine.
« Chaque génocide implique également le viol, le pillage de biens et d’argent et l’idéologie. Il n’y a pas de génocide sans voisins », a-t-il noté.

Le Père Desbois a rappelé, entre autres, un enfant yézidi qu’il a récemment interviewé et que son meilleur ami de six ans etait converti en adherent a la philosophie de l’Etat Islamique (ISIS). Il a rappele aussi le comportement barbare de collaborateurs nazis qui dressaient des tables remplies de sandwiches et de thé tout en procédant à des fusillades massives des Juifs pendant l’Holocauste.

L’Ambassadrice Valentine Rugwabiza, Représentante permanente du Rwanda auprès de l’Organisation des Nations Unies, a rendu hommage a l’héritier de M. Lemkin, soulignant que sa passion, sa conviction en l’humanité et son engagement devraient servir de source d’inspiration.
Elle a également félicité le Père Desbois pour son travail remarquable dans la lutte contre le génocide.

« Je ne peux pas m’imaginer un autre lauréat plus méritant du premier Prix Raphaël Lemkin que vous. En nous rappelant à tous qu’il n’y a pas de génocide sans la participation des voisins, cela signifie qu’il n’y a pas non plus de prévention du génocide sans la participation active des voisins », a-t-elle noté.
Elle a appelé le monde à s’efforcer, au niveau individuel et au sein des groupes, d’être ce voisin qui ne reste pas à l’écart.

Dans moins de deux semaines, le Rwanda célébrera le 25ème anniversaire du génocide de 1994 perpetré contre les Tutsi, au cours duquel plus d’un milion de personnes ont été massacrées.

"La faible réponse à ce génocide, déjà 46 ans après la ratification de la convention sur le génocide, nous a laissés sous le choc et l’incrédulité. Quelle valeur a-t-elle cette convention sur le génocide si elle n’inspire pas, ni n’oblige le monde à mettre fin aux génocides ?".

Rugwabiza a également demandé si un mécanisme d’application pourrait renforcer la convention ou si le Conseil de sécurité des Nations unies avait un besoin urgent de réforme pour faire en sorte que la décision de quelques puissances ne détermine pas la vie de milions de sans-voix.

Dans ce cadre, un groupe d’experts sur le génocide - y compris un survivant du génocide de 1994 contre les Tutsi au Rwanda - a examiné les implications de la découverte du passé et de la prévention des éventuels futurs génocides et crimes contre l’humanité.

La panéliste Liliane Pari Umuhoza, une enfant survivante du génocide de 1994 contre les Tutsi, qui a travaillé avec d’autres survivants au fil des ans, a indiqué que les traumatismes étaient l’un des défis actuels auxquels les survivants étaient confrontés.
"Cela fait 25 ans, et les gens ont tendance à oublier ou pensent que le temps s’améliore, mais la guérison et le temps sont deux choses différentes." Pour les survivants, le génocide est comme si il s’était perpetré hier ", a-t-elle déclaré.

Avec New Times.


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