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Le Président Paul Kagame s’est exprimé sur les problèmes de l’EAC, sur ceux du Burundi et sur son emploi du temps.

Redigé par igihe
Le 20 février 2019 à 07:34

Après une année à la tête de l’Union Africaine (UA), beaucoup de choses ont été réalisées, surtout en matière de l’unité du continent, le voici avec la présidence tournante de la Communauté des pays de l’Afrique de l’Est, EAC, dont les projets sont entravés par les mauvaises relations entre certains de ses membres.

Dans un entretien exclusif avec The EastAfrican, le Président Kagame a répondu à coeur ouvert sur les problèmes concernant le Rwanda, l’EAC, l’UA, et même sur sa vie privée.

Sur le volet de l’UA, il lui a été demandê ce qui fait le plus sa joie et ce qu’il regrette.

“La tâche a été facilitée par mes prédécesseurs, et puis j’ai eu une équipe de collaborateurs très expérimentés, hommes et femmes, issus de tous les coins du continent. Beaucoup a été fait, dans la continuité des projets des prédécesseurs, telle que la signature des accords sur le marché commun et la facilitation du transport aérien, mais le plus important a été pour moi, et je crois pour d’autres, l’unification de l’Afrique, qui se comporte comme un seul homme, avec une même et unique voix”, a estimé le Président Kagame.

Il lui a été demandé ce qu’il en sera des pays membres de l’EAC à propos des projets de niveau continental, quand ils ont du mal à honorer les résolutions prises au niveau régional.

“Ces problèmes sont parmi ceux sur lesquels nous nous sommes penchés. Ces 55 pays de l’UA présentent des aspects différents, certes, mais ce qu’ils ont en commun c’est l’africanité, et le plus souvent leurs problèmes se ressemblent, leurs solutions aussi. L’important c’est de ne pas être prisonnier de ces problèmes car nous devons les affronter que l’on veuille ou non. On essaie d’avancer tant que l’on peut, toujours en privilégiant l’unification”, a dit le Président Kagame.

Modeste, il ne s’est pas approprié la réalisation du marché commun.

“A part le fait d’avoir investi ma propre énergie, j’ai eu la chance de bâtir sur le fondement de mes prédécesseurs, en particulier sur l’oeuvre du Président du Niger, Mahamadou Issouffou. Le fait aussi que nous faisions la volonté de tous, cela a énormément facilité la tâche”.

The EastAfrican a voulu savoir en quoi le marché commun de l’UA sera utile à l’Africain de l’arrière-pays.

“Ce marché facilitera les échanges et les contacts entre les gens. Je sais bien combien les Africains ont du mal à traverser les frontières, quand ils s’affrontent à la Police et aux services de l’immigration, dans leur commerce trnsfrontalier. Il arrive même que des pays entrent en conflit sans que les ressortissants sachent de quoi il s’agit. Le marché commun est une réponse à ce genre de problème”, selon le Président Kagame.

Il a été ensuite question de savoir où on en est avec le passeport africain et la suppression du visa en Afrique.

Il a dit qu’un pas a été franchi, comme par exemple en Afrique de l’Est où seule la carte d’identité suffit comme pièce de voyage, même chose dans certains pays en Afrique de l’Ouest, et dans d’autres régions.

“Ҫa avance lentement, car certains problèmes persistent. Il y a des fois où on se demande le motif de cette lenteur, mais nous sommes des hommes, avec nos faiblesses humaines. Il y a des choses qu’il nous est vraiment difficile d’expliquer”, reconnaît-il.

Une nouveauté dans le programme de l’EAC qu’il va diriger ?

“Aucune. Il s’agit de poursuivre le programme ordinaire, en particulier expliquer encore mieux aux citoyens des pays membres pour qu’ils sachent ce qu’est réellement la EAC, qu’ils en fassent leur. Les gens ont des familles de part et d’autres des frontières, il ne faudrait pas s’entremettre dans leurs échanges, dans leur libre circulation. Il est temps de mettre en paratique ce qui est encore sur les papiers”.

“Vous allez diriger l’EAC au moment où les impôts imposables aux marchandises transfrontalières constituent encore un sérieux problème pour les commerçants, sans oublier les accords avec l’Union Africaine en matière économique. Avez-vous défini des stratégies à adopter au cours de votre mandat ?”, a voulu savoir The EastAfrican.

Le Président Kagame leur a répondu qu’ils doivent trouver une voie qui soit satisfaisante aux deux parties prenantes.

“On ne peut avoir un problème et éviter d’en discuter. Il faudra une collaboration avec tous les échelons, à savoir les Gouvernements, le secteur privé et les habitants. Je ne crois pas qu’il y ait un problème insolubre”, a-t-il dit.

Concernant le Burundi, il a dit que l’évidence est que c’est simple à comprendre.

“Le Burundi accuse officiellement le Rwanda d’être la source de ses problèmes. Et si le Rwanda n’existait pas, croyez-vous que le Burundi ne connaîtrait pas les problèmes qu’il vit ? Le Président Mkapa modérateur dans les conflits burundais, le Président Museveni réconciliateur et d’autres pays de l’Est africain n’ont pas trouvé de solution aux problèmes du Burundi. Tous ceux-là auraient pu avoir dit qu’il n’y avait pas de problèmes au Burundi, qu’ils proviennent de l’extérieur”, a fait observer le Président rwandais.

Interrogé sur les relations avec l’Afrique du Sud, il a dit qu’elles sont bonnes au niveau des deux pays mais que certains dirigeants s’y prennent mal et préfèrent écouter certains de leurs résidants rwandais au lieu de dialoguer avec le gouvernement du Rwanda.

“Il est évident que vous avez des problèmes à résoudre, tant au niveau régional que continental. Lequel vous empêche de dormir”, lui a demandé The EastAfrican.

“Je n’ai aucun problème de sommeil. Il est vrai qu’il m’arrive quelque fois de manquer du temps, à cause du travail. Ce qui pourrait m’empêcher de dormir c’est l’histoire d’un combat qui a un objectif, celui du dévéloppement”, a-t-il dit.

“Je dors en moyenne six heures. C’est vrai qu’il m’arrive d’appeler quelqu’un en pleine nuit, en cas de force majeure, dû à l’urgence du problème. Il nous est demandé beaucoup à faire, contrairement aux autres pays qui ont déjà construit un système qui fait que les choses vont de soi, et permet de se reposer. Il arrive de te lever la nuit, de chausser et de faire un saut sur le lieu d’un problème, conscient que si tu n’y vas pas le problème va s’empirer. Il m’est difficile de trouver le temps à dédier à ma famille et il m’arrive même de souhaiter que le jour dure 36 heures”, a confié le Président Kagame.


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