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Le Président du Sénat clôture la 25ème semaine de la mémoire du génocide des Tutsi

Redigé par IGIHE
Le 14 avril 2019 à 11:08

Mont Rebero/Kicukiro, ce 13 avril 2019 : Le président du Sénat, Bernard Makuza, a rendu hommage aux hommes politiques assassinés lors du génocide de 1994 contre les Tutsi et a appelé la communauté internationale à soutenir le combat mené contre le négationnisme de ce génocide.

« Nous nous souvenons et honorons les personnes qui sont enterrées ici. Nous nous en souviendrons toujours, nous compatissons avec leurs familles à qui nous recommandons d’être forts », a-t-il déclaré.

Tous les politiciens massacrés au cours du génocide des Tutsi de 1994 reposent ici. Tous sauf la Première Ministre Agathe Uwilingiyimana qui repose au mausolée des Martyrs à côté du Stade Amahoro de Remera (Est de Kigali). Beaucoup d’entre eux appartenaient au Parti libéral (PL) ou au Parti social-démocrate (PSD). Ils étaient des réformistes qui appelaient à la paix et à la réconciliation et poussaient le régime de Habyarimana au dialogue et condamnaient l’idéologie de la haine qui était propagée par le régime d’alors.

Il s’agit Landouard Ndasingwa, Venantie Kabageni, Charles Kayiranga, André Kameya, Aloys Niyoyita, Augustin Rwayitare et Jean de la Croix Rutaremara, militants du PL. C’est aussi pour le PSD, Joseph Kavaruganda, Frédéric Nzamurambaho, Félicien Ngango, Jean Baptiste Mushimiyimana et Faustin Rucogoza.

Les membres des familles de ces illustres disparus, en deuil, ont déposé des gerbes de fleurs sur les tombes de ces anciens hommes politiques.

Plus de 14 000 victimes du génocide reposent dans ce mémorial en plus de ces 12 hommes politiques.

Makuza a déclaré que le génocide des tutsi survenu en 1994 n’a pas été un accident de l’histoire. "Il n’aurait pas été possible sans le soutien du gouvernement", a-t-il dit.

« Les faits concernant l’implication du gouvernement dans le génocide contre les Tutsi sont indéniables. Ils sont partout et dans beaucoup de témoignages, y compris dans les jugements rendus au sein du TPIR », a-t-il ajouté.

Il a déclaré que bien que le Rwanda est toujours membre de la communauté internationale qui l’a pas secouru au cours de ce génocide des Tutsi de 1994, il s’est engagé à reconstruire la société rwandaise déchirée, à apporter des changements sociaux profonds et à tout faire pour prévenir le génocide et lutter contre les négationnistes de ce génocide.

"Différentes résolutions et stratégies ont été adoptées pour lutter contre le négationnisme tout en poursuivant les génocidaires et en rendant justice aux survivants", a dit déclaré Makuza reconnaissant que certains pays, mais pas tous, l’ont accompagné dans ce long et fastidieux travail.

« Si la communauté internationale reconnaissait réellement son échec, elle devrait adopter et mettre en œuvre ces résolutions », a-t-il ajouté félicitant les autres pays qui ont fait preuve de la volonté politique nécessaire pour promulguer des lois contre le déni de génocide.

Le président du Sénat a également salué le courage manifesté par les survivants du génocide tout au long de la semaine de commémoration et la participation massive des jeunes comme un signe d’espoir pour un avenir meilleur.

Christine Mukabunani, porte-parole du Forum consultatif national des organisations politiques (NFPO) a salué les hommes politiques qui ont risqué leur vie dans la lutte contre les mauvaises pratiques politiques ont ont culminé dans le génocide.

"Ces politiciens ont essayé de se battre pour la bonne gouvernance de notre pays, mais cela n’a pas été possible à cause du gouvernement qui avait un plan génocidaire", a-t-elle déclaré.

« En tant que politiciens, nous avons choisi une politique qui favorise l’unité des Rwandais, luttant pour des intérêts communs sans divisionnisme », a-t-elle ajouté, notant quils continuent la voie tracée par ces politiciens assassinés.

Au cours de cet événement, des discussions ont également eu lieu sur le fait que de mauvais dirigeants encourageaient la haine et le divisionnisme ayant conduit au génocide.

Yussuf Ntamuhanga, le gardien du pacte (Umurinzi w’Igihango) a parlé de l’événement horrible qui s’est déroulé à Rubavu, où des Tutsis ont été tués et comment il a osé intervenir pour sauver des vies des Tutsi en versant des pots-de-vin aux tueurs.

« J’ai aidé les Tutsi à traverser la frontière avec la RD Congo. Parfois, j’utilisais mon argent pour corrompre des tueurs stationnés sur différents barrages routiers. La milice voulait aussi me tuer et j’ai été forcé de fuir en RD Congo », a-t-il déclaré.

Avec The Newtimes


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