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Le ’Major Sankara’ Nsabimana Callixte devant la Cour : il offre son entière coopération

Redigé par IGIHE
Le 29 janvier 2020 à 01:55

Le Procès Major Sankara Callixte Nsabimana vs l’Etat Rwandais : Il avoue tout
Ce 28 janvier 2020, l’ex Porte-parole de FLN/Forces de Libération Nationale, Callixte Nsabimana alias Major Sankara, comparaît devant la Haute Cour de Nyanza, dans la Province du Sud.

Il est poursuivi pour 17 crimes commis dans l’exercice de sa fonction de porte-parole d’un mouvement terroriste fait de Rwandais, le MRCD/Mouvement Rwandais pour le Changement et la Démocratie et sa branche armée le FLN/Forces de Libération Nationale opérant en terre étrangère de la RDC.

Le détenu Sankara arrive à la Cour venant de la Prison de Nyanza dans la matinée à bord d’un camion de transport des prisonniers. Il est à l’arrière, dans la carrosserie du véhicule. Il saute à terre prenant soin de ses documents qu’il tient dans ses bras non menottés. Le monsieur affiche une sérénité non cachée.

Pourtant les crimes de terrorisme dont il est accusé par le Parquet de la République sont énormes. Au nombres de ceux-ci, la constitution d’un groupe armé illégal, actes de terrorisme politiquement motivés, organiser et participer activement aux actes terroristes, donner des instructions pour faire des actes terroristes, faire partie d’un groupe terroriste, crime de trahison et sensibilisation pour commettre le terrorisme, meurtres et récidive.

Le procureur n’est pas tendre avec ce ’terroriste’ arrêté loin du Rwanda, dans les Iles Comores vers la fin de 2019 puis extradé sans façons au Rwanda. Il verse au compte de ses crimes, celui de prise d’ôtages, de propagande mensongère tendant à la désobéissance civile, de négation du génocide, de vol à main armée, pillage et incendie, de complicité avec un pays étranger en vue de mener la guerre contre son pays, de coups et blessures délibérés, faux et usage de faux, percevoir et sensibiliser à percevoir les biens pillés.

Au cours de cette longue séance, le juge a lu cette longue liste détaillée des crimes qu’on met sur le dos du comparant. Vers l’après-midi, la parole lui a été donnée par le juge.

Sankara adopte la tactique de passer aux aveux
"J’ai entendu les 17 crimes dont je suis accusé. J’en prends bonne note et assume tout en demandant à la cour d’être clémente. Je déclare avoir commis ces crimes et demande pardon à la cour", a dit Sankara qui, du fond du coeur, sait gré au Gouvernement rwandais pour être encore en vie. "J’ai été bien traité depuis que j’ai été arrêté jusqu’à ce jour", a dit Sankara qui pense nécessairement devoir offrir sa coopération avec la Justice rwandaise dans l’espoir de bénéficier de circonstances atténuantes.

Il a néanmoins tenu à corriger de petites erreurs énoncées par le Ministère public sur les mouvements auxquels il a appartenu. Pour lui, ce n’est pas le MRCD/Mouvement Rwandais pour le Changement Démocratique qui a fait le FNL/Forces Nationales de Libération du Rwanda.

"Le FLN est un mouvement qui a été créé bien avant le MRCD. FLN est une dissidence des FDLR. Il était la branche armée du parti CNRD/Conseil National pour le Renouveau Démocratique du Gén. Wilson Irategeka créé le 6 juin 2016. Au moment de cette scission, les combattants de FLN ont été avancés en grades. Moi Sankara, j’étais alors chargé de communication au RNC/Rwanda National Congress du Gén Kayumba Nyamwasa.

Un autre événement est survenu le 4 juillet 2017. C’est la coalition de CNRD et de PDR-Ihumure de Paul Rusesabagina pour former le MRCD. En ce moment là, alors que nous étions en Afrique du Sud, moi et 7 autres membres dont Noble Marara, avons quitté le RNC pour former le RRM/Rwandese Revolutionnary Movement. Nous avons commencé une campagne de recrutement des membres en Zambie, au Malawi, aux USA, Canada, Allemagne, Belgique et Afrique du Sud", a dit le Major Sankara ajoutant que c’est avec cette campagne qu’"au 18 novembre 2017, le RRM est entré en coalition au MRCD d’où j’ai été nommé 2ème Vice-Président".

"Peu après, j’ai commis un certain Herman pour représenter RRM auprès de MRCD dans les forêts congolaises et j’y ai envoyé nos combattants. Les réunions que nous menions étaient faites par communications téléphoniques", a ajouté Sankara révélant qu’il est entré officiellement au FLN le 15 novembre 2018 date à laquelle il a sorti son premier communiqué en tant que Porte-parole dudit mouvement.

Les attaques de Nyungwe
Le Projet d’attaque dans la forêt de Nyungwe a été conçuen 2017 par le Gén. Barnabé Sinayobye alias Molani l’alors Commandant des FLN en charge des opérations militaires. De son côté, Paul Rusesabagina avait promis de collecter des dons d’une valeur d’un million de dollars pour la conduite des opérations, confie à la Cour Sankara qui situe au 15 juillet 2018 les premières infiltrations des FLN dans Nyungwe au moment où il n’était pas encore porte-parole de ce mouvement.

"Les trois attaques dans le district Nyaruguru (en Province du Sud) ont été conçues à mon ainsu. J’en ai été mis au courant bien après au cours de la réunion du 15 juillet 2018 par communication téléphonique combinée dirigée par Paul Rusesabagina alors que j’étais dans les îles Comores", a dit Sankara. Selon ses dires, c’est le Gén Morane Bernabé Sinayobye qui a annoncé au cours de cette réunion que le temps des attaques contre le Rwanda a commencé , qu’il ne sera pas question de faire marche arrière.

"En ce moment-là, nous nous sommes engagés à déclarer la guerre au Rwanda aux yeux de la Communauté internationale. La réunion a commis un porte-parole du Mouvement. Et c’est moi qui ai été élu. Un communiqué destiné à informer le monde entier de cette guerre a été rédigé à cet effet. Je l’ai distribué à toutes les stations de radio internationales. L’option de guerre contre le Rwanda rejoignait en fait ma vision", a indiqué Sankara qui rapporte que depuis qu’il a été nommé porte-parole du Mouvement, il a été élevé au grade de Major.

Sankara dit avoir joué un rôle dans les 3 attaques de Nyaruguru, qu’il faisait des pressions sur les combattants sur terrain qui devaient montrer des actions d’éclat. "Mais je ne savait pas qu’ils allaient tuer des civils", a-t-il regretté faisant allusion à l’attaque du 15 décembre 2018 qui a incendié des véhicules de transport en commun et tué quelques passagers à Kitabi, porte d’entrée nord de la forêt de Nyungwe de Nyabimata en District Nyaruguru.

La séance de procès du jour a été suspendue aux environs de 13.00 pour reprendre ses travaux le 31 janvier. L’accusé recomparaîtra devant le juge pour continuer sa déposition.


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