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Le harcèlement de l’artiste politicien ugandais Robert Wine divise les organes de sécurité en Uganda en route pour la présidentielle

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 7 janvier 2020 à 11:59

Robert Wine Kyagulanyi, artiste et parlementaire ugandais, bousculé par les instances politiques et malmené par les services de sécurité commence à peser dans la conscience de certains membres des sphères politiques et de sécurité ugandaises. Beaucoup pensent que ce jeune politicien est tout sauf violent ni dans ses discours ni dans ses chansons. Aussi décident-ils de lui emboîter le pas dans ses manifestations sans cesse interdites.

Robert Kyagulanyi Ssentamu, connu sous son nom de scène Bobi Wine, est un musicien, acteur, homme d’affaires, homme politique et philanthrope ougandais. Depuis le 11 juillet 2017, il est député de la circonscription de Kyaddondo East dans le district de Wakiso, dans la région centrale de l’Ouganda.

La police ugandaise arrête Boby Wine alors qu'il s'apprêtait à tenir une réunion de campagne présidentielle chez lui faute d'avoir reçu une autorisation d'un meeting public par les autorités de la Mairie de Kampala

The Uganda Monitor rapporte l’arrestation de ce chanteur Bob Wine devenu Député élu dans le comté de Kyaddondo East. Il se préparait à tenir une réunion de campagne présidentielle dans sa propriété de Kampala. Toutes les tentatives d’autorisation officielle venant de la mairie de Kampala avaient été vaines.

Cela a dû vexer une large partie de l’opinion publique ugandaise qui trouve que le régime multiplie des injustices contre ce candidat présidentiel plus populaire que Museveni et ses 33 ans au pouvoir.

Au nombre des révoltés, les agents de la Police nationale de la Station de Naggolobi.

Certains membres de la police de Kampala se rebellent contre l'ordre d'arrêter illégalement le jeune chanteur politicien Bob Wine. Ils manifestent leur désapprobation malgré les menaces de museveni de les radier du corps de la police Nationale Ugandaise

Ceux-ci trouvent que continuer à exercer un harcèlement gratuit contre un musicien populaire doublé de sa qualité de parlementaire élu au suffrage universel et qui, en plus, n’exerce aucune violence ni physique ni langagière à l’endroit du Gouvernement ugandais, cela est un crime qu’ils ne voudraient plus se permettre.
Mais les menaces tombent.
Dans un tweet sévère du Président Museveni, ces brebis galeuses qui ne veulent plus obéir aux ordres de répression donnés par leurs supérieurs hierarchiques, "doivent se rendre à l’évidence qu’il y a des milliers de jeunes chomeurs qui souhaitent appartenir à ce corps de police".

Le vieux candidat Museveni perd la tête
Il ne pensait pas que quelques membres de l’équipe de la Police Nationale pouvaient aller jusqu’à entamer une désobéissance à leurs chefs suite aux ordres illégalement répressifs au service de la personne de Museveni et de son système.

Un précédent créé aux conséquences incalculables

Le geste posé par ces agents de police récalcitrants qui initient un mouvement de réprobation des pratiques politiques obscures du clan Museveni au pouvoir pose un sérieux précédent. Ce corps de police peut entraîner dans le mouvement d’autres organes et instances de l’Etat. Regardez ci après cette dame en pantalon rouge et chapeau jaune par terre en signe de protestation contre ce déni de droits politiques que pratique l’establisment ugandais contre le pacifiste et populaire député de Kyaddondo East, Kyagulanyi alias Bob Wine.

Elle est Conseiller à la Présidence de la République ugandaise. Elle donne dont le ton pour une série de manifestations à venir. Ici il est question pour l’opinion publique ugandaise d’exiger à l’establishment ugandais actuel de revenir à la raison et d’organiser des élections démocratiques sans tâche, que les moments tristes de guerre sont du passé. C’est aussi un signal fort donné disant de façon caché que les bourrages des urnes ne seront plus permis.

Les "followers" du compte twitter de Museveni tentent de ramener le vieux président à la raison. Ils trouvent qu’il va loin en foulant à ses pieds les droits d’un jeunes député Boby Wine qui ne trempe pas dans les sentiments de vengeance et rancoeurs "comme (le Col) Besigye".

La situation politique dans ces pays de l’Afrique Centrale et Est montre des signes de bouffées d’avancées démocratiques. On n’est pas dictateur jusqu’à non plus surtout quand vous n’êtes pas intéressant, pas révolutionnaire du tout, que vous n’imprimez pas les changements populaires. La RDC a-t-elle donné le ton quand bien même elle a enfanté cette démocratie dans des circonstances pas assez transparentes ? Demain, en mai prochain, c’est le Burundi de Pierre Nkurunziza qui a déclaré sa décision de partir et l’Uganda en 2021.

On comprend que nous sommes dans une Afrique de l’Est en transe. Il est question de suivre la voix de la raison, et de la bonne. Tout devra se faire pour asseoir des régimes politiques stables de la région allant vers l’intégration régionale de fait et durable avec l’East Africa Community.

Quid du Rwanda de 2024 ?
Qu’en sera-t-il du Rwanda en 2024 ? Serons-nous à mesure d’avoir une autre personnalité politique qui aura ce sens de créativité, de révolutionnalité comme celle de l’actuel locataire du Village Urugwiro ? Les citoyens rwandais vont-ils permettre à Paul Kagame, l’homme providentiel des temps de l’après-génocide des Tutsi du Rwanda de 1994 ?
La démocratie des urnes doit rimer avec le choix judicieux des hommes et femmes d’Etat qui font progresser sérieusement leurs sociétés.


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