Le gouvernement baisse les taux de prêt pour réduire la pauvreté.

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Le 16 mars 2019 à 08:50

Monique Nsanzabaganwa, Gouverneure Adjointe de la Banque Nationale, a expliqué ce jeudi 14 mars 219 aux membres de la Commission Sénatoriale du Dévéloppement éEconomique et des Finances comment le Gouvernement envisageait de réduire les taux d’intérêt auprès des “Vision Umurenge Programme, VUP.

Les clients du Programme Vision 2020 Umurenge (VUP) pourraient à nouveau bénéficier de prêts bon marché si un projet de document du Cabinet visant à réduire les taux d’emprunt des populations les plus pauvres du pays était approuvé.
Selon la Banque Nationale, le Gouvernement envisage de réduire les taux d’intérêt des VUP de 11% au taux initial de 2%.

VUP est un programme intégré de développement local visant à accélérer la réduction de la pauvreté, la croissance rurale et la protection sociale.
Monique Nsanzabaganwa, Gouverneure adjointe de la Banque Nationale, a révélé la situation en répondant aux questions des Sénateurs sur la raison pour laquelle les taux d’intérêt sur les services financiers fournis par VUP avaient atteint une telle ampleur.

Assouplir les conditions de prêt pour les personnes les plus défavorisées sur le plan économique a été l’une des résolutions du 16ème Dialogue national, Umushyikirano, tenu à Kigali en décembre 2018.

Jacqueline Muhongayire, Présidente du Comité sénatorial permanent du développement économique et des finances, a souhaité connaître les progrès accomplis et la voie à suivre pour résoudre le problème du coût élevé des services financiers VUP.

Lorsque VUP a été introduit en 2008, son objectif était de sortir de la pauvreté les Rwandais économiquement vulnérables.
Parmi les avantages du programme, les Rwandais relevant des première et deuxième catégories d’Ubudehe avaient eu accès à des prêts à un taux annuel de 2% pour lancer des activités génératrices de revenus.

Cependant, une décision du cabinet du 29 juillet 2014 concernant la mise en application des services financiers VUP en partenariat avec les coopératives d’épargne et de crédit Umurenge (SACCO d’Umurenge) a porté le taux d’intérêt à 11%.
L’augmentation du taux d’intérêt était, selon les responsables, due au fait que les services financiers de VUP ont été dotés d’un nouvel administrateur - Umurenge SACCOs, une institution de microfinance devant générer des bénéfices en gérant ses fonds.
Normalement, les SACCO accordent des prêts à des taux d’intérêt compris entre 11 et 15%.
En conséquence, de plus en plus de personnes ont abandonné le programme car elles se sentaient accablées par les taux d’intérêt énormes.

Nsanzabaganwa a déclaré que les décideurs, dont la Banque Nationale du Rwanda et le Ministère de l’Administration Locale, sont en train de revoir le cas.
« L’esprit est que l’aspect de la protection sociale de l’initiative soit rétabli de manière à ce que ces ressources soient réellement réservées aux plus pauvres et ne soient pas traitées comme des produits commerciaux, mais plutôt comme un fonds renouvelable qui devrait être maintenu », a-t-elle déclaré.

Parmi les propositions figurant dans le projet de document du Cabinet, figure le transfert de la gestion du système des SACCO aux Districts.
Nsanzabaganwa a déclaré que certaines questions en cours de délibération incluent la décision sur qui effectuera l’analyse, la souscription, la connaissance des risques de prêt, le suivi, l’évaluation, le recouvrement, entre autres fonctions actuellement assumées par les SACCO.

Le Sénateur Chrysologue Karangwa a déclaré que le problème, c’est que les SACCO agissent comme si les ressources leur appartenaient, alors qu’elles proviennent des coffres du Gouvernement.
"La reduction du taux d’intérêt va-t-il s’appliquer à toutes les personnes, y compris celles qui ont déjà obtenu un prêt ?", a-t-il demandé.

Des taux d’intérêt élevés sont donc imputés à la lenteur du progrès en matière de réduction de la pauvreté

Le Professeur Anastase Shyaka, Ministre de l’Administration Locale, a déclaré qu’au début du programme VUP, un peu plus de 50 000 Rwandais nécessiteux bénéficiaient des fonds chaque année.

En 2014 et 2015, a-t-il déclaré, le nombre de Rwandais dans le besoin qui ont bénéficié des fonds du VUP est passé à environ 80 000.
Cependant, il a déclaré que l’année dernière et l’année précédente, le programme avait été mis en application dans plus de 250 Secteurs et avait profité à 30 000 personnes en raison de la hausse des taux d’intérêt.

La réduction de la pauvreté au cours de la période 2006-2011 et 2011-2013 a été supérieure à celle des trois dernières années.

Emmanuel Ntirenganya, New Times, 15 mars 2019


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