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L’Uganda bafoue les droits des Rwandais : tortures et déportations pour refus d’entrer dans les groupes armés

Redigé par IGIHE
Le 21 mars 2019 à 10:44

Quatre autres citoyens rwandais viennent d’être refoulés au poste-frontière de Kagitumba par les autorités ugandaises. Raisons ? Ils ont refusé de se faire enrôler dans les groupes armés combattant le gouvernement rwandais qu’héberge et soutient l’Uganda.

Ndayambaje Emmanuel originaire du District Nyagatare est l’un de ces Rwandais déportés. Il raconte comment il est allé en Uganda à la recherche d’un emploi. En Août de l’an passé, il est gardien de troupeau de vaches d’un député ugandais Wilberforce Yaguma à Mbarara.

Le 10 janvier dernier, il est arrêté par des hommes en uniforme militaire pour être jeté dans la prison de Makindye puis transféré dans celle de Mbuya dans la Ville de Kampala ; toutes deux réputées être des lieux de torture de la CMI/Chieftancy of Military Intelligence.

"Ils m’ont copieusement et méthodiquement battu avec des batons sur les pieds, les genoux sous prétexte que je suis un espion au service du Rwanda", a confié Emmanuel à IGIHE.

Patrick Shingiro est un autre rwandais originaire du District de Nyamagabe. Il a fait un voyage d’affaires en Uganda. Lui aussi a été arrêté en février dernier dans le district de Wakiso pour la prison de Kireka. Il se préparait à faire le commerce d’habits.

Lui aussi comme Emmanuel a été découragé de rentrer au pays par les agents de la CMI. "Ils nous disaient qu’au Rwanda il y a des massacres. Même hier ils nous disaient en chemin que sitôt que nous allions arriver à la frontière rwandaise, que nous allions voir des gros fusils pointés sur l’Uganda...", a-t-il confié.

"Moi, ils m’ont demandé de rejoindre l’armée ugandaise. Je leur ai dit que l’armée c’est pas mon fort. Ils m’ont prié de rejoindre un camp pour réfugié où ils me promettaient logement et nourriture. Je leur ai dit que j’ai un chez moi au Rwanda", a dit René Bizumuremyi originaire du District de Nyamagabe au rwanda parti en Uganda pour approvisionnement en commerce d’habits. Il dit avoir été arrêté le 2 février dernier pour être déporté et refoulé à la frontière rwandaise.

Son témoignage montre que la CMI recrute des jeunes rwandais pour l’armée ugandaise ? Est-ce une façon d’entraîner des Rwandais pour, plus tard, les mettre à la disposition des groupes armés rwandais ?

Alexis Ukijijwenimana lui était chauffeur de taxi Kampala-Entebbe au moment de son arrestation et de sa garde à vue dans une station de Police située dans les enceintes de l’aéroport d’Entebbe. Il a été emmené au Bureau d’Immigration situé sur la Jinja Road où il s’est retrouvé au milieu d’autres Rwandais dont une mère portant dans ses bras un bébé originaire du district urbain de Gasabo en Ville de Kigali. "Elle venait de passer une année à la prison de Luzira", a dit Ukijijwenimana qui donne d’autres détails sur cette femme qui, une année au paravant, alors qu’elle se préparait à son mariage, avait fait le déplacement de Kampala pour enrichir sa garde-robe pour moins cher, qu’elle a été arrêtée puis jetée à Luzira où, plus tard, elle a enfanté son bébé. Le bébé étant tombé malade d’une tumeur, le témoin raconte comment, vers la fin, il a été opéré sans être anesthésié. "Tu devras laver cette plaie à l’eau chaude", lui a-t-il été dit après l’opération.

Ukijijwenimana trouve qu’il n’y a pire torture que celle qui a été faite sur ce nourrisson. Il rapporte qu’à la fin, les gens qui les séquestraient sont venus un jour prendre la jeune femme lui disant qu’elle était libérée et qu’elle pouvait rentrer. Depuis lors, il n’a plus su ce qui s’est passé pour la femme.

Le Gouvernement rwandais st profondément inquiété par ces pratiques illégales des forces de l’ordre ugandaises. Il n’est ni mis au courant des arrestations de ces Rwandais voyageant pour affaires diverses en Uganda, ni quand ils sont relâchés puis déportés.

Il déclare que depuis l’an 2017, quelques 900 Rwandais y ont été arrêtés, torturés puis refoulés au Rwanda.

Aussi a-t-il mis en garde dernièrement les Rwandais les priant de cesser leurs voyages dans ce pays-là jusqu’à ce que les affaires se tassent et que la situation revienne à la normale.


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