Prévue à Shanghai du 5 au 10 novembre, l'édition de cette année réunira des exposants africains fidèles au rendez-vous, ainsi que de nouveaux participants.

Depuis l'entrée en vigueur, le 1er mai, de la politique chinoise du zéro droit de douane pour les 53 pays africains ayant des relations diplomatiques avec la Chine, les entreprises africaines comptent sur cette exposition pour accéder au marché chinois et progresser dans la chaîne de valeur grâce à la transformation des produits, au développement des marques et à d'autres activités à plus forte valeur ajoutée.

Nouveaux amis, Nouveaux produits

La CIIE accueillera cette année de nouveaux amis africains : le Gabon y disposera pour la première fois d'un pavillon national, tandis que la Côte d'Ivoire y participera pour la première fois de manière collective, insufflant un nouveau dynamisme à la coopération économique et commerciale sino-africaine.

La Côte d'Ivoire entend renforcer davantage sa présence sur le marché chinois grâce à la CIIE. Kaladji Fadiga, directeur général de l'Agence Côte d'Ivoire Export, a déclaré à Xinhua que le pays mettrait l'accent sur cinq filières stratégiques et leur chaîne de valeur lors de cette édition : le cacao, le café, l'anacarde, la cola et le secteur textile.

« Notre ambition est de faire de cette édition une vitrine remarquable, à la hauteur du potentiel réel de nos échanges avec la Chine. Le but est de consolider notre présence au fil des éditions et, à terme, de faire de la Côte d'Ivoire le pays invité d'honneur d'une future édition de la CIIE », a-t-il ajouté.

Asnath Adjé, responsable de la marque ivoirienne Lya Bissap, s'est réjouie d'apprendre que son entreprise avait été sélectionnée pour exposer à la CIIE. Elle espère faire découvrir, sous de nouvelles formes et à un public international plus large, l'hibiscus, une plante familière à de nombreux Ivoiriens depuis l'enfance.

Lors de cette édition, elle prévoit de présenter de la poudre d'hibiscus, de la poudre ultrafine et du concentré. La poudre ultrafine peut être utilisée dans la transformation alimentaire et les cosmétiques, ouvrant de nouvelles perspectives pour le développement de produits en aval, a expliqué Mme Adjé.

Les entreprises africaines présenteront également à l'exposition une gamme variée de produits caractéristiques de leur pays.

Bansa, une marque camerounaise, a l'intention de présenter divers produits agricoles et transformés, notamment des graines de sésame grillées, de la viande séchée épicée, des croquants au sésame à base de miel pur, des produits à base de cacao transformé, du beurre de karité et des chips de banane plantain.

« L'année dernière, j'étais observatrice et, cette année, je participe pleinement pour la première fois à la CIIE », a déclaré Clotilde Ngoyonga Chaswé, représentante de Bansa.

Elle espère que l'exposition permettra de faire connaître la marque à l'échelle mondiale et de nouer des partenariats susceptibles d'attirer des investissements et de soutenir le développement de la transformation au Cameroun.

Nouvelle croissance

Le marché chinois a apporté des bénéfices concrets aux entreprises africaines, dont l'un des plus notables est la hausse des volumes exportés.

Les exportations de thé du Kenya vers la Chine sont passées d'environ deux millions de kilogrammes par an auparavant à 12,4 millions de kilogrammes en 2025 et devraient atteindre quelque 20 millions de kilogrammes en 2026, a indiqué Willy Mutai, directeur général de l'Office du thé du Kenya.

L'entreprise éthiopienne AWO Coffee a également enregistré une forte croissance en Chine. Son responsable marketing, Kaleab Fekad, a expliqué que l'entreprise avait commencé à exporter vers la Chine en 2014, avec seulement quelques dizaines de tonnes par an à ses débuts. En 2025, ses exportations ont atteint 200 tonnes.

AWO Coffee a élargi son offre, passant des grains de café vert aux grains torréfiés et au café moulu en sachet. Après sa première participation à la CIIE l'année dernière, l'entreprise a pris conscience du potentiel de l'exposition pour promouvoir sa marque et développer ses ventes, en particulier celles de produits transformés. Elle revient cette année pour toucher davantage de consommateurs chinois et accroître encore ses ventes, a précisé M. Fekad.

La CIIE a également aidé les entreprises africaines à nouer des partenariats commerciaux.

Wendy Mpendulo, fondatrice de Miante Manufacturing, une entreprise sud-africaine productrice de fruits à coque, a raconté avoir rencontré, lors de l'édition de l'année dernière, le dirigeant d'une entreprise d'emballage qui avait exprimé le souhait de faire d'elle sa représentante en Afrique du Sud et de s'appuyer sur ce pays pour se développer sur d'autres marchés africains.

Pour l'entreprise camerounaise Africa SARL, l'exposition a permis d'établir des relations commerciales durables. Son directeur général, Pitndap Nchandini Ismaila, a indiqué avoir rencontré des partenaires chinois lors de sa première participation à la CIIE l'année dernière, dont certains ont depuis commencé à travailler avec son entreprise.

« Mais grâce à cette exposition, j'ai pu rencontrer des partenaires chinois avec qui nous travaillons beaucoup », a-t-il témoigné. « Et grâce à notre collaboration, ça m'a permis d'agrandir mes plantations et d'exporter beaucoup plus vers la Chine. C'est vraiment un partenariat gagnant-gagnant et, avec eux, tout se passe bien. »

La politique commerciale favorable de la Chine à l'égard de l'Afrique a donné une impulsion supplémentaire en réduisant le coût d'accès au marché chinois.

Selon M. Mutai, les exportateurs de thé kényans peuvent économiser 15 % de droits de douane en obtenant des certificats d'origine délivrés par l'Autorité fiscale du Kenya, ce qui leur permet de bénéficier du traitement tarifaire zéro accordé par la Chine.

Il a confirmé que les demandes de renseignements sur le thé kényan avaient sensiblement augmenté, des acheteurs chinois s'étant récemment rendus au Kenya expressément pour s'approvisionner en thé. « C'est une grande occasion pour le Kenya, et nous pouvons la saisir pour vendre davantage de thé », a-t-il ajouté.

Prévue à Shanghai du 5 au 10 novembre, l'édition de cette année réunira des exposants africains fidèles au rendez-vous, ainsi que de nouveaux participants

Nouvel élan

La politique du zéro droit de douane et le vaste marché chinois incitent également les pays africains à moderniser leur industrie. Qu'il s'agisse de comprendre la demande chinoise ou de renforcer les capacités de production locales, les entreprises africaines cherchent à transformer l'accès au marché en possibilités de développement à long terme.

Ses participations répétées à la CIIE ont permis à Samuneti Leathers, une entreprise zimbabwéenne exportatrice d'articles en cuir, de mieux cerner les préférences des consommateurs chinois.

« Nous avons réussi à analyser et à comprendre notre clientèle ainsi que ses besoins, et nous sommes en mesure de lui proposer ce qu'elle souhaite comme ce dont elle a besoin », a assuré Dionne Chibaya, administratrice de Samuneti Leathers.

En s'appuyant sur ces observations, l'entreprise prévoit de présenter ses plus belles créations artisanales lors de cette édition, tout en approfondissant sa connaissance du marché pour orienter son expansion.

Fort d'une longue tradition du travail du cuir, soutenue par son secteur de l'élevage et la diversité de ses ressources fauniques, le Zimbabwe cherche à accroître ses exportations d'articles en cuir à valeur ajoutée. La CIIE offre aux producteurs zimbabwéens l'occasion de rencontrer des acheteurs chinois et d'explorer de nouvelles perspectives commerciales.

La viande ovine de Madagascar a fait ses débuts à la septième CIIE en 2024. L'accès au marché chinois a non seulement profité aux éleveurs locaux, mais aussi dynamisé l'ensemble de la filière « de la fourche à la fourchette », contribuant ainsi à la création d'emplois directs et indirects, notamment au profit des jeunes en milieu rural.

« Que ce soit dans l'élevage, le transport, la découpe, jusqu'à l'abattoir et jusqu'à l'exportation vers la Chine, c'est de l'emploi pour le peuple malgache », a affirmé Riana Nantenaina Randrianomenjanahary, ministre malgache de l'Élevage, lors d'un récent entretien accordé à Xinhua. Selon lui, au moins 3 000 foyers tirent parti de cette activité liée aux exportations vers la Chine.

Madagascar intensifie ses efforts pour « améliorer la production locale et la chaîne de valeur, tout en encourageant un nombre croissant d'éleveurs à s'intégrer dans cette filière tournée vers le marché chinois », a poursuivi le ministre.