Dans un communiqué publié ce 17 juin 2026, l’entreprise a indiqué que les exportations de la mine de Nyakabingo ont progressé de manière constante depuis la signature, en août 2025, d’un accord commercial entre Global Tungsten & Powders (GTP) et Traxys, partenaire chargé de la commercialisation de la production de Trinity Metals.
Depuis l’entrée en vigueur de cet accord, plus de 320 tonnes de concentré de tungstène à haute teneur ont été expédiées du Rwanda vers les installations de traitement de GTP situées à Towanda, en Pennsylvanie. Le minerai y est transformé en poudres de tungstène destinées aux secteurs américains de la défense et de l’industrie.
Selon Trinity Metals, les volumes livrés à GTP ont doublé au cours du dernier mois, permettant à l’entreprise de couvrir jusqu’à un cinquième de la consommation mensuelle moyenne de tungstène primaire des États-Unis.
Cette progression intervient dans un contexte de forte hausse de la demande mondiale de tungstène, un minerai critique utilisé notamment dans les systèmes de défense, l’aérospatiale, l’électronique, l’industrie manufacturière et d’autres secteurs de haute technologie.
Le président du conseil d’administration de Trinity Metals, Shawn McCormick, a souligné l’importance croissante de l’approvisionnement rwandais au moment où les États-Unis cherchent à diversifier leurs sources de minerais stratégiques.
« La demande de tungstène aux États-Unis augmente rapidement, tant pour les applications militaires qu’industrielles. Avec cette croissance, les besoins en importation de concentré primaire de tungstène augmentent, alors que la production nationale américaine demeure inexistante », a-t-il déclaré.
M. McCormick a également relevé que les restrictions imposées par la Chine sur les exportations de tungstène à double usage renforcent la valeur stratégique des fournisseurs alternatifs.
« La Chine, qui contrôle plus de 80 % de l’approvisionnement mondial en unités de tungstène, a limité les exportations de tungstène à double usage, ce qui rend l’approvisionnement assuré par Trinity Metals depuis le Rwanda de plus en plus important pour la sécurité nationale des États-Unis et de leurs alliés », a-t-il affirmé.
Selon lui, cette évolution ouvre la voie à un renforcement du partenariat entre Kigali et Washington dans le domaine des minerais critiques.
« En tant que principal producteur et exportateur de minerais du Rwanda, Trinity Metals est fière de contribuer au rôle du Rwanda dans la satisfaction des besoins stratégiques des États-Unis. Compte tenu de l’importance croissante des minerais critiques, nous voyons une réelle opportunité de mettre en place un accord de partenariat stratégique États-Unis–Rwanda sur les minerais critiques, à l’image de ceux conclus avec d’autres pays du continent », a-t-il ajouté.
Parallèlement à l’expansion de ses exportations, Trinity Metals poursuit d’ambitieux projets de croissance. L’entreprise envisage notamment une introduction à la Bourse de New York (NYSE) dans un délai de 12 à 18 mois.
Son directeur général, Peter Geleta, a indiqué à IGIHE que le conseil d’administration avait déjà approuvé les préparatifs de cette opération, qui pourrait permettre de lever entre 100 et 200 millions de dollars, voire davantage, selon les performances observées lors d’introductions comparables dans le secteur minier international.
Grâce à cette cotation, Trinity Metals entend soutenir sa transition vers une exploitation minière plus industrielle, efficace et largement mécanisée.
Dans le même temps, l’entreprise prépare un programme d’investissement de 150 millions de dollars destiné à la construction d’unités modernes de traitement sur ses différents sites miniers au Rwanda. Ce projet devrait permettre d’accroître la valeur ajoutée locale tout en renforçant les capacités de production.
Selon Peter Geleta, cette stratégie soutiendra également l’exploration approfondie du gisement de lithium de Ntunga, récemment découvert sur la concession de Musha. L’objectif est de permettre à Trinity Metals de diversifier ses activités au-delà du tungstène, de l’étain et du tantale pour se positionner sur le marché des minerais destinés aux batteries.
De son côté, Traxys, société de négoce de matières premières basée à New York et chargée de la commercialisation internationale de la production de Trinity Metals, estime que ce partenariat contribue à renforcer la présence du Rwanda sur les marchés mondiaux.
« Traxys est fière de jouer un rôle moteur dans l’expansion internationale de Trinity Metals, premier producteur de tungstène d’Afrique grâce à sa mine de Nyakabingo. Ce produit est distribué à des consommateurs industriels de premier plan sur les marchés américain et européen », a déclaré Ioannis Kallinikos, responsable de l’étain et des métaux spéciaux chez Traxys.
Trinity Metals estime que cette performance consolide sa position parmi les principaux fournisseurs mondiaux de tungstène entièrement traçable, certifié sans conflit et exempt de travail des enfants, tout en contribuant à la sécurité d’approvisionnement des États-Unis et de leurs alliés.
L’entreprise prévoit par ailleurs de tripler sa production au cours des prochaines années.
Créée en 2022 à la suite de la fusion de la mine de tungstène de Nyakabingo, de la mine d’étain de Rutongo et de la mine d’étain et de tantale de Musha, Trinity Metals est aujourd’hui le plus grand producteur et exportateur rwandais de minerais critiques certifiés sans conflit. L’entreprise emploie plus de 6 500 personnes et détient également le projet de lithium de Ntunga.
Trinity Metals a également été la première mine en activité en Afrique à bénéficier d’un financement d’assistance technique de l’U.S. International Development Finance Corporation (DFC), obtenant 3,865 millions de dollars en 2024. Son principal actionnaire, TechMet Ltd., est en partie détenu par la DFC.
Située sur une concession de 1 600 hectares, la mine de Nyakabingo est estimée contenir plus de 30 000 tonnes de tungstène récupérable. Des campagnes de forage en profondeur sont actuellement menées afin d’accroître les ressources identifiées.
La production actuelle dépasse 100 tonnes de wolframite par mois, avec une teneur comprise entre 65 % et 70 % d’oxyde de tungstène (WO₃), confirmant ainsi la place stratégique du site dans l’approvisionnement mondial en tungstène.



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