En effet, le Rwanda et Oman ont établi leurs relations diplomatiques en 1982, ce dernier étant représenté au Rwanda par son ambassade à Nairobi, tandis que Kigali est représenté auprès d’Oman depuis son ambassade au Caire.
Le rapprochement s’est accéléré en avril 2025 avec la signature d’un protocole d’accord sur les télécommunications, les technologies de l’information et le développement de l’économie numérique, lors de la participation d’Oman au Sommet mondial sur l’intelligence artificielle en Afrique, organisé à Kigali.
En janvier 2026, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, s’est rendu à Mascate à la tête d’une délégation de haut niveau. Cette visite a débouché sur des accords dans divers secteurs, notamment l’aviation, la logistique, les ports secs, les chaînes d’approvisionnement, les infrastructures numériques, les centres de données, le cloud computing et l’intelligence artificielle.
Le Rwanda Development Board (RDB) et Oman Airports Management Company ont notamment convenu de coopérer dans le développement et la gestion des aéroports, le partage d’expertise et l’exploration d’opportunités d’investissement dans les infrastructures aéroportuaires.
La coopération prévoit également le développement et l’exploitation de ports secs et de services liés aux chaînes d’approvisionnement, un secteur stratégique pour le Rwanda, pays enclavé dépendant des corridors régionaux pour ses importations et exportations.
Kigali-Mascate : une nouvelle liaison aérienne
La coopération s’est notamment concrétisée dans le secteur aérien avec le lancement, le 21 juillet 2026, des vols directs de SalamAir entre Mascate et Kigali, assurés deux fois par semaine pour une durée d’environ cinq heures.
Cette liaison devrait notamment favoriser le tourisme, le commerce, les investissements et les échanges d’affaires entre le Rwanda, Oman et la région du Golfe, dans le prolongement de l’accord sur les services aériens signé en 2023 et entré en vigueur en janvier 2026, alors qu’Oman Air a également annoncé son intention de lancer des vols directs entre les deux villes.
Au-delà des déplacements, cette liaison pourrait renforcer les échanges économiques en facilitant les déplacements des touristes, investisseurs et hommes d’affaires, tout en soutenant l’ambition de Kigali de devenir un hub régional de l’aviation et des affaires et celle de Mascate de renforcer son accès à l’Afrique de l’Est.
Les deux pays voient des possibilités de coopération dans l’énergie, les énergies renouvelables, les mines, la logistique, l’aviation, l’hôtellerie, la santé, l’éducation et les technologies.
Le Rwanda cherche à attirer davantage d’investissements pour soutenir sa transformation vers une économie axée sur les services, les technologies, le tourisme, la finance et l’industrie, tout en renforçant son ambition de devenir un centre régional pour les conférences, les investissements et les services aux entreprises.
Oman cherche pour sa part à diversifier son économie au-delà du pétrole et du gaz et à renforcer ses partenariats internationaux, créant ainsi des intérêts complémentaires avec Kigali.
L’intérêt des entreprises omanaises pour le Rwanda n’est pas nouveau. En mars 2020, plus de 80 entreprises omanaises avaient participé à l’Omani Products Exhibition (OPEX) à Kigali, présentant notamment des produits alimentaires, des articles en plastique et des matériaux de construction. L’exposition avait également débouché sur des accords commerciaux avec des entreprises industrielles et pharmaceutiques omanaises.
La coopération dans les ports secs et les chaînes d’approvisionnement revêt une importance particulière pour Kigali, l’amélioration de la logistique pouvant réduire les coûts et les délais de transport tout en renforçant la position du Rwanda comme centre régional de distribution et d’investissement dans les Grands Lacs.
La coopération s’étend également aux centres de données, au cloud computing et à l’intelligence artificielle. L’accord conclu en janvier prévoit notamment des échanges sur les infrastructures, les compétences, les connaissances et les politiques publiques dans ces domaines.
Cette orientation correspond à l’objectif du Rwanda de bâtir une économie fondée sur la connaissance et l’innovation dans le cadre de la Vision 2050, tandis que les partenariats avec les marchés numériques africains émergents peuvent contribuer à la stratégie de diversification économique d’Oman.
La position géographique d’Oman, sur la péninsule Arabique, avec une ouverture sur le golfe d’Oman et le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole, lui confère des connexions importantes avec les marchés du Golfe et d’Asie.
Pour Kigali, Oman offre ainsi un accès supplémentaire aux marchés du Golfe et aux destinations internationales desservies depuis Mascate. Pour Oman, le Rwanda constitue une porte d’entrée vers une économie est-africaine qui cherche à s’imposer comme un centre régional d’affaires et d’investissement.
Les liens entre les deux pays reposent également sur une longue histoire de présence commerciale et culturelle omanaise en Afrique de l’Est. Sur le plan politique, le ministre omanais des Affaires étrangères, Sayyid Badr bin Hamad Al Busaidi, avait rencontré Olivier Nduhungirehe à New York en septembre 2025, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, pour discuter des relations bilatérales et de questions d’intérêt commun.






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