L’accord a été signé par le ministre rwandais du Commerce et de l’Industrie, Antoine Kajangwe, et le Haut-Commissaire du Pakistan au Rwanda, Naeem Khan, lors du premier Forum sur l’investissement Rwanda-Pakistan, organisé par le Haut-Commissariat du Rwanda au Pakistan, en collaboration avec le 'Rwanda Development Board' (RDB).
Le texte prévoit notamment de faciliter les échanges, de renforcer les partenariats entre entreprises, de favoriser les coentreprises et de développer la coopération dans des secteurs tels que l’industrie manufacturière, le textile et l’habillement, l’agriculture, le tourisme et les transports.
Il prévoit également une coopération accrue entre les organisations du secteur privé, notamment la Fédération du secteur privé du Rwanda (PSF) et les chambres de commerce pakistanaises, ainsi que le partage d’informations sur les opportunités commerciales et d’investissement.
Antoine Kajangwe a souligné le potentiel du Pakistan, qui compte plus de 250 millions d’habitants et dispose d’une base industrielle développée, notamment dans le textile, les instruments chirurgicaux, les équipements sportifs, les produits pharmaceutiques et les services informatiques.
Il a cité parmi les secteurs prioritaires pour la coopération l’agro-industrie, l’industrie manufacturière, le textile, l’électronique, les infrastructures et les équipements médicaux.
Selon la directrice générale adjointe du RDB, Juliana Muganza, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 236 millions de dollars entre 2023 et 2025, tandis que le Rwanda a enregistré sept projets d’investissement pakistanais, représentant plus de 2 millions de dollars.
Elle a invité les entreprises pakistanaises à considérer le Rwanda comme une base de production, de transformation et d’exportation vers les autres marchés africains. Les opportunités concernent notamment l’agriculture et l’agro-industrie, les produits pharmaceutiques et médicaux, le textile, les TIC, les services numériques, l’intelligence artificielle, l’exploitation et la transformation des minerais, les infrastructures, le tourisme et l’hôtellerie.
Juliana Muganza a rappelé que les entreprises établies au Rwanda peuvent accéder à plus de 80 millions de consommateurs dans un rayon de 500 kilomètres, tandis que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) ouvre l’accès à un marché d’environ 1,4 milliard de personnes.
Elle a également présenté le nouvel aéroport international de Kigali et le développement de la ville aéroportuaire de Bugesera comme des éléments de la stratégie visant à faire du Rwanda une plateforme régionale pour le commerce, la logistique, le tourisme et les investissements. L’aéroport devrait atteindre à terme une capacité de 14 millions de passagers, avec des opportunités dans la logistique, l’industrie, l’hôtellerie, les services commerciaux et l’innovation.
Pour les entreprises pakistanaises, le Rwanda offre également des possibilités dans la fourniture de machines et d’intrants agricoles, la transformation alimentaire et l’emballage, ainsi que dans l’installation d’unités de production et de transformation.

Le Pakistan veut importer davantage de produits rwandais
Le Pakistan souhaite, de son côté, accroître ses importations de produits agricoles rwandais, notamment le thé, le café, les avocats, les haricots, les lentilles et autres légumineuses.
« Nous voulons importer directement le thé rwandais au Pakistan », a déclaré Naeem Khan, précisant que le thé rwandais est actuellement acheminé vers le Pakistan par l’intermédiaire de sociétés tierces.
Selon lui, le commerce direct permettrait aux producteurs rwandais de renforcer leur présence sur le marché pakistanais. Islamabad s’intéresse également au café ainsi qu’à d’autres produits agricoles et miniers rwandais.
En parallèle, le Pakistan souhaite accroître ses exportations vers le Rwanda, notamment de riz, d’instruments chirurgicaux, d’équipements sportifs, de machines agricoles et de technologies.
Naeem Khan a également cité des opportunités d’investissement pour les entreprises pakistanaises dans la construction, l’immobilier, le tourisme, l’hôtellerie et l’agriculture. Il a estimé que certains instruments chirurgicaux et équipements sportifs fabriqués par des entreprises pakistanaises pourraient à terme être produits au Rwanda puis réexportés vers d’autres marchés africains.
Les deux pays travaillent aussi à un mémorandum d’entente dans le domaine de l’aviation, qui pourrait renforcer la connectivité aérienne et ouvrir la voie à des vols directs entre Kigali et Islamabad.
Le Haut-Commissaire a par ailleurs indiqué que l’accord commercial pourrait constituer une étape vers un accord commercial préférentiel, les deux pays devant identifier les produits susceptibles de bénéficier de conditions préférentielles.
Le président de la PSF, François Twagirumukiza, a pour sa part estimé que l’accord donnerait un cadre institutionnel plus solide à des échanges jusqu’ici largement portés par des commerçants individuels. Il a également souligné l’importance de rapprocher les communautés d’affaires des deux pays afin d’identifier des opportunités commerciales concrètes.
Le forum a réuni une trentaine de chefs d’entreprise pakistanais et plus de 40 représentants du secteur privé rwandais.
Selon le RDB, le Rwanda a enregistré 2,62 milliards de dollars d’investissements dans 799 projets en 2025, avec près de 40 000 emplois attendus.
Par ailleurs, Antoine Kajangwe a assuré que le gouvernement continuerait à travailler avec les investisseurs pakistanais et les autres partenaires du secteur privé afin de transformer le rapprochement entre les deux pays en activités commerciales concrètes.











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