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L’économie rwandaise face au défi d’une redirection des flux monétaires dans le rural

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 16 avril 2019 à 11:54

Cette année marque le 25e anniversaire de commémoration de la mémoire de plus d’un million de tutsi génocidés en 1994 au Rwanda. D’aucuns trouvent que ce génocide est le résultat de presque un demi siècle de balbutiements et de tentatives d’instaurer un capitalisme vivace au Rwanda.

Il s’est avéré qu’avec un si mauvais départ de la décolonisation du Rwanda en 1962 sur fond d’idéologie ethnocentriste, le Rwanda embarqué dans son capitalisme pur et dur a évolué dans des circonstances scabreuses où promotions et politique ségrégationniste ouvertement officialisée scandaient toujours des fins de règnes rythmés de pogroms de Tutsi au moment où les cycles du capitalisme rwandais arrivaient à leur déclin.

On comprend alors que le point culminant de ce qui allait être la rupture finale, la solution ultimale, l’éradication de la fausse « race Tutsi » a sonné le glas en 1994 avec le génocide des Tutsi du Rwanda de 1994. Les tenants du régime réunis dans un précarré du régime Habyarimana (1973-1994) se faisaient une justification de commettre le génocide sur les tutsis par le fait selon lequel le FPR/Front Patriotique Rwandais, mouvement politico militaire pris pour Tutsi revendiquant le fait qu’il réclamait sa part dans la gestion de la société pour une justice sociale des Tutsis, véritables parias indésirables dans leur propre pays.

Le Commandant suprême des forces de libération du FPR, Paul Kagame, ayant arrêté ce génocide annoncé, a eu un projet quasi impossible de redresser la société rwandaise complètement déchirée. Tout devait se refaire. Les relations humaines, les structures sociales, l’activité économique…

Pour ce qui est de l’activité économique, le Rwanda faisait face à un défi majeur : Comment se relever de la faillite totale de l’Etat rwandais occasionnée par ce génocide avec des infrastructures socio économiques vandalisées ? Où trouver les fonds nécessaires pour la reprise économique ? Doit-on continuer à tendre la main des bailleurs et donateurs de fonds occidentaux ?

Beaucoup de questions se posaient y compris le mode d’économie à adopter. Le miracle provisoire viendra de la décision de focaliser l’économie rwandaise sur le secteur des services avec ses cinq piliers : Exportations du thé et du café, la construction, l’ICT et l’attraction touristique.

Il va sans dire que le succès économique du Rwanda repose sur les secteurs des services et les investissements publics du pays, financés souvent par l’aide étrangère. Le café et le thé rapportent-ils assez de devises étrangères ? Le tourisme d’affaires est-il assez vibrant pour booster la construction d’infrastructures socio économiques nécessaires au développement du pays ?

Tout cela est bien car le secteur privé, le patronat rwandais, commence à prendre une forme de classe sociale capable de prendre en charge son capitalisme national.

Pourtant, les experts économistes trouvent que quelque part ça sonne creux. L’économie rwandaise n’a pas d’assises solides du moment que les flux financiers et monétaires ne sont pas orientés dans un secteur rural qui occupe plus de 80% de la population. De deux, le secteur primaire, agriculture et élevage, n’est pas en relation étroite avec l’industrie de transformation agroalimentaire. En d’autres termes, pour un rééquilibrage de la redistribution des revenus et richesses, pour que la nouvelle formule de l’industrialisation du pays puisse être dynamique, l’Etat rwandais devrait continuer avec sa politique d’urbanisation des 6 villes secondaires du pays mais il doit aussi adopter des stratégies de redirection des flux financiers dans le rural pour booster une production agricole diversifiée nécessaire à la jeune et faible industrie rwandaise.

Avec cela, le Rwanda est sûr de rejoindre les rangs des jeunes tigres asiatiques, pays à revenus intermédiaires. Et par un coup de baguette magique, les idéologies génocidaires seront parfaitement écartées, toute la jeunesse rwandaise étant occupée à la production et compétition économique à armes égales Villes- Campagnes.


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