Urgent

L’assurance agricole ira-t-elle bien loin ?

Redigé par IGIHE
Le 25 février 2020 à 02:38

Le Rwanda a lancé un programme national d’assurance agricole en avril 2019, ce qui est considéré comme un grand pas car il vise à éviter aux agriculteurs de subir des pertes et à leur permettre l’accès aux crédits.

La Sénatrice Consolée Uwimana, membre du Comité sénatorial permanent du développement économique et des finances, déplore que l’assurance-récolte ne couvre que seul l’investissement, contrairement à l’assurance-bétail qui couvre la valeur totale de la vache en cas de décès par maladie ou par catastrophe naturelle.

La Sénatrice s’exprimait ainsi le vendredi 14 février 2020, alors que la plénière recevait le rapport d’évaluation du Comité sur la période 2018/2019 de la Banque Nationale du Rwanda, BNR.

"Pour l’agriculture, seuls les investissements tels que les intrants, les semences et les engrais sont assurés, ce qui indique qu’un agriculteur n’a pas la chance d’obtenir la production attendue en cas de désastre", a-t-elle dit.

« Cela ne convient pas car les banques commerciales deviennent réticentes à prêter à l’agriculteur », a-t-elle déclaré.

Une agriculture traditionnelle à la houe et archaique perdure chez le petit fermier rwandais. Aucun signe des banquiers et des assureurs pour changement de mentalités. Comme elle est loin cette agriculture mécanisée dans l'imaginaire des paysans !!!

Jérôme Mbonirema, coordinateur d’UCORIBU, une coopérative de riziculteurs opérant dans les Districts de Gisagara, Huye et Nyanza, a déclaré au New Times que seuls les investissements sont couverts par l’assurance-récolte.

« Seuls les investissements bénéficient d’une couverture d’assurance. En cas de dommages, 80% de l’investissement sont payés dans les 15 jours suivant la réclamation », a déclaré au New Times Jérôme Mbonirema, coordinateur d’UCORIBU, une coopérative de riziculteurs opérant dans les Districts de Gisagara , Huye et Nyanza.

Mbonirema a expliqué que quatre tonnes de riz paddy (non transformé) peuvent être produites sur un hectare de terre agricole. Et, avec un kilogramme de riz non transformé au prix de 315 francs rwandais actuellement, quatre tonnes (4 000 kilogrammes ) coûteraient 1,26 milion de francs rwandais. Les primes d’assurance payées par un agriculteur représentent 7,08% de l’investissement et le Gouvernement subventionne 40% de la prime.

Pour le riz, selon Mbonirema, l’investissement est de 414 520 Rwf par hectare, tandis que la prime est de 29 348 Rwf, telle que fixée par le Ministère de l’Agriculture et des Ressources animales. Un agriculteur paie 17 609 frw, ce qui représente 60% de la contribution, le Gouvernement couvrant les 40%.

Cependant, s’adressant au New Times, Joseph Habineza, Directeur Général de Radiant - l’une des compagnies d’assurance fournissant l’assurance agricole - a déclaré qu’il couvre également la production attendue.

"Nous ne couvrons pas que l’investissement, mais également la production attendue après que les statistiques sont prises en compte sur la base de la tendance de la productivité agricole des agriculteurs", a expliqué Habineza , ajoutant que les compensations accordées aux agriculteurs sont basées sur les primes qu’ils ont payées.

Faible crédit à l’agriculture
Mais les Sénateurs font observer que l’agriculture ne perçoit qu’environ 6 % du total des prêts bancaires, alors que ce secteur contribue pour environ 30 % de l’économie du pays. Ils estiment que ce secteur, vital pour l’économie du pays, ne devrait pas recevoir une part si modeste des prêts bancaires.

Le commerce, les travaux publics et la construction continuent de détenir la plus grande part du financement total, s’élevant respectivement à 28,6% et 23,4% en 2018/2019, selon le rapport de la BNR.

La faiblesse des prêts au secteur est en partie attribuée au manque d’assurance pour couvrir les risques agricoles.

Le Sénateur Juvénal Nkusi, Président du Comité susmentionné, trouve qu’il est nécessaire que le financement du secteur agricole soit augmenté car il constitue la colonne vertebrale de l’économie rwandaise.

« Nous discuterons de cette question avec diverses institutions concernées afin de prendre des mesures adéquates. Si nous voulons augmenter les exportations et les rendements, nous devons investir de la manière la plus objective possible », a-t-il dit.

Conformément à la déclaration de politique monétaire et de stabilité financière, publiée le 22 août 2019 par la BNR, l’agriculture a reçu 5,2 milliards de frw des 550,8 milliards de frw accordés par les banques au premier semestre 2019, ce qui représente-tenez-vous bien- à un peu moins de 1%.
Quoi d’autre sinon que d’abattre la branche sur laquelle on est assis ?


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