Urgent

Un journal rwandais accusé de diffamation provoque l’ire de l’Afrique du Sud

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 12 décembre 2018 à 12:59

L’Afrique du Sud a a rappelé son ambassadeur à Kigali M. Twala pour consultations, a-t-on appris. ce rappel fait suite, rapporte RFI, à un article jugé diffamatoire à l’encontre de la Ministre sud africaine des affaires étrangères publié par un journal en ligne rwandais. La RFI ne précise pas de quel journal il s’agit. Elle trouve néanmoins que cette diffamation est causée par le fait que " la ministre Lindiwe Sisulu (...) avait évoqué la possibilité d’un dialogue entre Kigali et l’opposition rwandaise".

"Le mois dernier, la chef de la diplomatie sud-africaine, Lindiwe Sisulu, révélait qu’elle avait rencontré le général Kayumba Nyamwasa, dissident rwandais vivant en exil en Afrique du Sud. Ils avaient discuté de la normalisation des relations entre Pretoria et Kigali et le général Kayumba était prêt, selon la ministre, à discuter avec les autorités rwandaises", rapporte RFI bizarrement trouvant innocent et normal le fait qu’un officiel d’un gouvernement consulte un opposant ou un dissident d’un autre pays avec qui ce gouvernement veut relancer les relations bilatérales.

"Le journal en question, qu’il soit rwandais ou pas ; qu’il soit proche ou non du pouvoir de Kigali, n’a pas droit de tremper dans la diffamation, déontologie et éthique du journaliste oblige. Mais cela ne devrait pas non plus provoquer une telle réaction de la ministre sud africaine et donc une mini crise politique. Elle sait bien qu’elle doit attaquer le journal en question. En quoi, le gouvernement rwandais est-il responsable de la plume du journaliste qui a son propre media ?", a dit cet observateur politique de la géopolitique de la région qui trouve que la ministre en question peut entamer des démarches légales et non saper le peu d’efforts qui commençaient à se mettre en place pour la relance des relations bilatérales et commerciales rwando sud africaines.

Cet observateur trouve bizarre la démarche de la dame ministre sud africaine qui, au lieu de consulter ce dissident ayant écopé par contumance plus de vingt ans de prison par la justice rwandaise, aurait dû se prêter à "une longue et patiente médiation pour amener le gouvernement rwandais à revoir sa position quitte à, si le dissident allait y consentir, accepter les excuses de sa part et le gouvernement rwandais d’accorder le pardon".

"La RFI ne fait que publier un événement et ses causes", a dit l’observateur qui a requis l’anonymat trouvant qu’elle aurait pu aller plus loin en s’interrogeant elle aussi sur la démarche de la Ministre qui consulte en premier un dissident d’un pays Rwanda soucieux de renormaliser des relations bilatérales avec son pays, des relations mises antérieurement à mal par le même dissident.

"Avouez que cette démarche est pour le moins malencontreuse !!!", a-t-il dit trouvant que tout simplement les prestations supposées antiprofessionnelles d’un journaliste quel que soit son camp jusqu’à ce que la justice notifie son verdict, n’ont rien à voir avec les affaires diplomatiques entre deux pays.

Sans le nommer, la RFI rapporte que ce journal en ligne diffamateur à l’encontre de la Ministre Lindiwe Sisulu qu’il a qualifié de "prostituée du (Général dissident rwandais ) Kayumba Nyamwasa, est proche du pouvoir rwandais.

"Au fond le sentimentalisme africain prend beaucoup le dessus sur le pragmatisme nécessaire pour les politiciens africains. Ici, on crie au manque de liberté d’expression. Et pourtant, on ne peut pas comprendre qu’il est aussi possible qu’un journaliste peut aussi forger une opinion sans qu’il soit nécessairement influencé par n’importe quel groupe de pression ou cercle politique", a dit un journaliste qui comprend parfaitement que le journaliste doit assumer ses opinions et que cela, à n’importe quelle condition, ne doit pas entrer dans l’imaginaire public comme politiquement influencé.


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