Inauguré officiellement par le Président rwandais Paul Kagame et son homologue français Emmanuel Macron, ce monument est perçu comme « une lumière qui s’allume dans la ville de Paris ».
Le 2 juin 2026, en soirée, les autorités françaises et rwandaises ont procédé à l’inauguration officielle du mémorial baptisé « Les Archives », érigé sur les berges de la Seine, au cœur de Paris, en hommage aux victimes du génocide contre les Tutsi de 1994.
La cérémonie s’est déroulée en présence du Président Emmanuel Macron, du maire de Paris, Emmanuel Grégoire, de plusieurs membres des gouvernements français et rwandais, de la Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo, du président d’IBUKA-France, Marcel Kabanda, ainsi que de nombreux représentants des associations de survivants.
Interrogés par IGIHE, plusieurs responsables d’IBUKA en Europe et au Rwanda ont exprimé leur satisfaction, estimant que ce mémorial contribuera à faire connaître au monde entier la véritable histoire du génocide contre les Tutsi.
Le président d’IBUKA-France, Dr Marcel Kabanda, a déclaré que ce mémorial représente « une lumière allumée à Paris » pour sortir de l’obscurité de l’ignorance et du négationnisme.
« Ce mémorial est comme une lumière allumée dans la ville de Paris afin que les gens sortent de l’obscurité qui entoure encore cette histoire. Cette obscurité est entretenue par les négationnistes du génocide. Ils répandent le brouillard, tandis que ce mémorial éclaire le chemin pour permettre aux gens de connaître l’histoire du génocide contre les Tutsi, de la comprendre, de la préserver et de résister à ceux qui cherchent à la minimiser ou à la déformer. »
Il a également souligné que les discours prononcés par les présidents Kagame et Macron témoignaient d’une volonté sincère de coopération entre les deux pays.
« Chacun s’est exprimé avec franchise, sans détour. Les deux chefs d’État ont montré leur volonté de travailler ensemble. J’en retiens une coopération fondée sur la sincérité, sans hypocrisie ni faux-semblants. Cette relation a déjà beaucoup progressé et nous espérons qu’elle continuera sur cette voie, comme l’a affirmé le Président Macron. »
Dr Kabanda a par ailleurs reçu les remerciements des deux chefs d’État ainsi que du maire de Paris pour son engagement en faveur de la réalisation de ce projet mémoriel.
De son côté, le président d’IBUKA-Rwanda, Dr Philbert Gakwenzire, a souligné que ce mémorial vise à honorer les victimes du génocide contre les Tutsi tout en transmettant un message universel de prévention contre les atrocités de masse.
« Ce mémorial rend hommage aux victimes, apporte du réconfort aux survivants et adresse un message aux Rwandais, aux Français et à l’humanité tout entière. Il nous invite à réfléchir à notre histoire afin que le génocide ne se reproduise jamais. Il rappelle à la fois notre passé, les relations difficiles qui ont existé entre la France et le Rwanda, mais aussi les progrès réalisés dans le rétablissement des relations entre nos deux pays. »
Il a insisté sur le rôle pédagogique des lieux de mémoire.
« Un mémorial doit être un lieu d’enseignement. Il doit nous aider à comprendre ce qui s’est passé afin que cela ne se reproduise plus jamais. Il rappelle l’histoire des victimes du génocide contre les Tutsi et montre que lorsque les dirigeants prennent de mauvaises décisions, les populations en paient le prix. C’est ce qui s’est produit pendant le génocide. »
Dr Gakwenzire a également estimé que, compte tenu de l’influence dont disposait la France au Rwanda à l’époque, elle aurait pu contribuer à empêcher le génocide.
« Si les autorités françaises avaient simplement levé le doigt pour dire que cela devait cesser, ces événements n’auraient pas dû se produire. C’est pourquoi ce moment est important : il montre que la France reconnaît aujourd’hui certaines responsabilités et souhaite construire avec le Rwanda un avenir fondé sur des valeurs communes et un message adressé au monde entier. »
La présidente d’IBUKA-Italie, Dr Honorine Mujyambere, a quant à elle souligné que ce mémorial constituera un outil important dans la lutte contre le négationnisme du génocide contre les Tutsi en Europe.
« C’est une initiative majeure, particulièrement en Europe où le négationnisme demeure très présent. Le fait que la France franchisse une telle étape est extrêmement significatif. Nous connaissons le rôle qu’elle a joué dans cette histoire, ce qui a été dit, ce qui n’a pas été dit ou fait. Aujourd’hui, elle pose un acte fort. »
Elle a ajouté que ce mémorial contribue à faire connaître l’histoire du Rwanda et à préserver la mémoire des victimes.
« Toute personne qui passera devant ce mémorial se demandera ce qui s’est passé. Cela encouragera la recherche de la vérité historique et contribuera à lutter contre l’idéologie génocidaire, particulièrement répandue dans certaines régions d’Europe. »
Le président d’IBUKA-Suisse, César Murangira, a pour sa part qualifié le mémorial de symbole majeur dans le processus de guérison des blessures qui ont longtemps marqué les relations franco-rwandaises.
« Ce mémorial possède une valeur symbolique immense. Il contribue à apaiser des blessures anciennes dans les relations entre la France et le Rwanda. Il témoigne de la reconnaissance par la France de son rôle et de ses responsabilités dans cette histoire, ouvrant ainsi une voie essentielle vers la recherche de la vérité, la mémoire et la réconciliation. »
Selon lui, l’implantation du mémorial à Paris envoie un message fort et porteur d’espoir. Il reflète la volonté d’honorer les victimes, de préserver la vérité historique et de poursuivre la construction d’une relation entre la France et le Rwanda fondée sur la vérité, la mémoire et la réconciliation.
Il a également souligné l’importance de son emplacement, à proximité d’institutions emblématiques telles que le Quai d’Orsay, siège du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, l’Assemblée nationale et les Invalides, autant de lieux majeurs de la vie politique et historique française.
Lors de l’inauguration, le Président Paul Kagame a remercié les Français qui ont contribué à faire émerger la vérité sur l’histoire du génocide contre les Tutsi, notamment l’ancienne maire de Paris Anne Hidalgo, son successeur, des journalistes, des historiens et des défenseurs des droits humains.
Le chef de l’État rwandais a souligné que ce mémorial constitue un symbole puissant de la vérité historique. Une vérité, a-t-il affirmé, solidement ancrée et impossible à ébranler, représentant à la fois la dignité du peuple rwandais et la mémoire du génocide perpétré contre les Tutsi.































































































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