En effet, ceux-ci ont commémoré, ce lundi 10 août 2026, le 22ᵉ anniversaire du massacre de leurs compatriotes perpétré en 2004 dans 14 sites, dont le camp de réfugiés de Gatumba, au Burundi.

La cérémonie, organisée notamment au camp de Kiziba, dans le district de Karongi, a été précédée d’une marche mémorielle et d’un allumage de bougies en hommage aux victimes.

Plusieurs réfugiés, dont certains vivant au Rwanda depuis plus de 30 ans, ont réaffirmé leur volonté de retourner en République démocratique du Congo et d’obtenir justice pour les crimes commis contre leurs communautés.

Cette commémoration intervient alors que la RDC poursuit son projet de révision de la Constitution, ses détracteurs estimant que cette réforme pourrait notamment permettre à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat présidentiel.

Joseph Mpumuro, coordinateur des camps de réfugiés congolais au Rwanda, a toutefois affirmé que les changements envisagés auraient également pour objectif de retirer leur nationalité aux Congolais tutsi.

« En plus de chercher à briguer un troisième mandat, Tshisekedi veut nous priver de notre nationalité afin de pouvoir nous éliminer », a déclaré Mpumuro, qui a également fait remonter les origines de la discrimination contre les Congolais tutsi à la conférence de Berlin de 1885, estimant que le découpage colonial avait intégré à la future RDC des territoires historiquement liés au Rwanda.

« Les réfugiés congolais veulent justice. Nous voulons retourner chez nous, au Congo », a-t-il ajouté, appelant notamment les jeunes réfugiés à œuvrer en faveur d’un retour dans leur pays plutôt qu’à privilégier l’émigration.

Benjamin Ndarishize, survivant du massacre de Gatumba, a raconté comment lui et d’autres réfugiés avaient fui Uvira avant de trouver refuge au Burundi, où le camp de Gatumba avait été attaqué en 2004 par des assaillants qui l’avaient incendié avant de s’en prendre aux personnes tentant de fuir.

« Des soldats burundais se trouvaient à proximité, mais ne sont jamais intervenus pour nous secourir. Il s’agissait d’un complot contre nous », a affirmé Ndarishize, qui réclame justice, soulignant que les auteurs du massacre n’ont jamais été sanctionnés, alors qu’Agathon Rwasa avait publiquement revendiqué la responsabilité de l’attaque.

Plus de 15 000 morts revendiqués depuis 1992

S’exprimant à IGIHE, Albert Bisore Ngemanyi, représentant de Congolese Tutsi Survivors Voice, a estimé à plus de 15 000 le nombre de Congolais tutsi tués dans des violences depuis 1992, appelant les gouvernements de la RDC et du Burundi à poursuivre les responsables de discours de haine, citant notamment le général Ekenge et Bitakwira.

« Nous demandons justice aux gouvernements du Burundi et du Congo », a-t-il insisté.

Bisore a par ailleurs affirmé que les attaques visant les communautés tutsi se poursuivent dans l’est de la RDC, pointant notamment le fait que des avions en provenance de Kinshasa auraient été utilisés pour attaquer des communautés tutsi à Minembwe.

Le maire du district de Karongi, Gerald Muzungu, a pour sa part salué la résilience des réfugiés face aux difficultés rencontrées au cours des dernières décennies.

« Toute chose a une fin. Ainsi va le monde ; chacun doit s’efforcer de trouver des solutions aux difficultés auxquelles il est confronté », a-t-il déclaré, tout en les encourageant à continuer de promouvoir l’unité, la coopération et le respect mutuel, et en insistant sur l’importance de l’éducation des enfants.

Selon les données disponibles en mars 2026, le Rwanda accueillait plus de 79 000 réfugiés congolais.

La 22ᵉ commémoration des victimes congolaises tutsi s’est également tenue dans plusieurs autres camps de réfugiés, notamment Mahama, Nyabiheke, Kigeme et Mugombwa.

La cérémonie, organisée notamment au camp de Kiziba, dans le district de Karongi, a été précédée d’une marche mémorielle et d’un allumage de bougies en hommage aux victimes
Les réfugiés ont réaffirmé leur volonté de retourner en République démocratique du Congo et d’obtenir justice pour les crimes commis contre leurs communautés
Le camp de réfugiés de Kiziba accueille actuellement plus de 12 000 réfugiés congolais