C'est ce qui ressort du dernier rapport du Bureau sous-régional pour l'Afrique de l'Est de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (CEA), intitulé « Macroeconomic and Social Overview 2026: Eastern Africa's Balancing Act – High Growth, Tight Budgets, and Rising Uncertainty ».

Le document classe le Rwanda parmi les économies les plus performantes de la région, mettant en avant une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 10 % au premier trimestre 2025, soutenue par les bonnes performances des secteurs de l'industrie, des services et de l'agriculture.

Le rapport souligne également que le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance économique de 7,2 % en 2026, ce qui place le Rwanda parmi les pays africains affichant les perspectives de croissance les plus élevées.

Selon la CEA, ces résultats sont le fruit d'une gestion macroéconomique prudente, d'investissements continus dans des secteurs stratégiques et de réformes destinées à favoriser une croissance durable, inclusive et résiliente.

Un budget en hausse pour soutenir les investissements

Le rapport relève que le budget national du Rwanda pour l'exercice 2025/2026 a été augmenté de 22 % par rapport à l'année précédente, ce qui devrait permettre de financer des investissements dans les infrastructures, l'agriculture, l'électrification, l'éducation, la santé, le logement, ainsi que la construction de l'aéroport international de Bugesera.

Le rapport met également en avant les progrès réalisés par le Rwanda dans le domaine de l'égalité entre les femmes et les hommes. Le pays conserve sa position de premier au monde pour la représentation des femmes au Parlement, celles-ci occupant 63,18 % des sièges à la Chambre des députés et 50 % des sièges au Sénat.

Sur le plan social, la CEA indique que le Rwanda figure parmi les pays d'Afrique de l'Est enregistrant les niveaux les plus faibles de l'Indice de pauvreté multidimensionnelle, une performance attribuée aux investissements réalisés dans l'éducation, les soins de santé, l'accès à l'énergie et les programmes de protection sociale.

Le document met aussi en évidence les progrès enregistrés dans la santé infantile. D'après les résultats de l'Enquête démographique et de santé du Rwanda 2024-2025, le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans est passé de 45 à 36 décès pour 1 000 naissances vivantes, témoignant d'une amélioration continue des services de santé.

Une dette maîtrisée et un tourisme en pleine croissance

Le rapport souligne par ailleurs que le Rwanda poursuit une gestion prudente de sa dette publique. En effet, eviron 90 % de cette dette est contractée à des conditions concessionnelles, conformément à une stratégie destinée à réduire les risques de refinancement tout en finançant des investissements structurants.

La CEA met également en avant les performances du secteur touristique, qui a contribué à hauteur de 1 900 milliards de francs rwandais en 2024, soit 9,81 % du PIB, et devrait soutenir plus de 400 000 emplois en 2025.

Le rapport note enfin que le Rwanda affiche l'une des plus fortes proportions de touristes intra-africains en Afrique de l'Est, ce qui confirme son attractivité croissante pour le tourisme d'affaires, les conférences internationales et les voyages de loisirs.

Alors que le gouvernement réaffirme sa volonté de préserver la stabilité macroéconomique, de renforcer le rôle du secteur privé et de poursuivre les réformes nécessaires à la mise en œuvre de la Vision 2050 et de la Deuxième Stratégie nationale de transformation (NST2), la CEA estime que le Rwanda dispose d'atouts solides pour maintenir sa trajectoire de croissance.

Le Rwanda continue d'afficher une solide résilience économique et des progrès sociaux soutenus, malgré un contexte mondial marqué par les incertitudes