En effet, le pays a exporté, depuis octobre 2022, des marchandises d’une valeur de plus de 1,2 milliard de francs rwandais vers dix pays africains dans le cadre de cet accord.
Signé en mars 2018 à Kigali lors d’un sommet extraordinaire de l’Union africaine, l’Accord sur la Zone de libre-échange continentale africaine est entré en vigueur en mai 2019, après avoir été ratifié par le nombre requis d’États membres.
L’objectif de cet accord est de faciliter les échanges commerciaux entre les pays africains en supprimant progressivement les barrières tarifaires. Il prévoit notamment l’élimination de 90 % des droits de douane sur les produits fabriqués en Afrique et échangés entre les États membres d’ici à 2034.
Cette initiative vise à accroître les échanges au sein du continent, qui demeuraient relativement faibles avant la création de l’AfCFTA. Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), le commerce intra-africain ne représentait que 16,6 % des échanges du continent entre 2015 et 2017, contre environ 60 % en Europe et près de 50 % en Asie.
Le Rwanda figure parmi les pays qui cherchent à tirer pleinement parti de cette zone de libre-échange. D’après les données de l’Autorité nationale chargée du développement des exportations agricoles et de l’élevage (NAEB), le pays a exporté, entre octobre 2022 et 2025, des produits d’une valeur supérieure à 1,2 milliard de francs rwandais vers dix pays africains grâce au mécanisme de l’AfCFTA.
Estimant que cette ouverture du marché africain offre de nouvelles opportunités aux entreprises rwandaises, les acteurs du secteur soulignent que la proximité des marchés africains permet de réduire les coûts logistiques et de faciliter l’accès des produits rwandais aux consommateurs du continent.
À la tête d’Igire Continental Trading Company, une entreprise panafricaine basée à Kigali, Brigitte Harrington explique que son entreprise regroupe les produits de plusieurs sociétés rwandaises avant de les expédier vers le Ghana. Les exportateurs ghanéens appliquent le même modèle pour leurs produits destinés au Rwanda.
Selon elle, cette mutualisation des expéditions permet aux petites et moyennes entreprises d’accéder à de nouveaux marchés sans avoir à supporter seules les coûts élevés liés à l’exportation.
« Lors de notre premier envoi vers le Ghana, nous avons regroupé les produits de cinq entreprises, ce qui a facilité leur accès au marché ghanéen. Ce modèle permet aux producteurs et aux commerçants qui ne disposent pas des moyens nécessaires pour se rendre dans d'autres pays africains d'y commercialiser leurs produits », a-t-elle expliqué.
Les exportateurs reconnaissent toutefois que certains défis subsistent. Emmanuel Harerimana, qui exporte des produits agricoles vers le Congo-Brazzaville, évoque notamment l’absence d’installations de stockage frigorifique à l’aéroport de destination, une contrainte qui complique la conservation des marchandises périssables.
Malgré ces difficultés, son entreprise poursuit son expansion et mène actuellement des discussions avec des partenaires au Botswana et au Nigeria afin d’ouvrir de nouveaux débouchés.
De son côté, Robert Rukundo, représentant de l’Association rwandaise des exportateurs de fruits, légumes et de fleurs, estime que les conflits et les crises qui affectent régulièrement le commerce mondial démontrent l’importance, pour les pays africains, de renforcer leurs échanges commerciaux.
Selon lui, le développement du commerce intra-africain permettra au continent de mieux résister aux perturbations internationales en garantissant un approvisionnement plus régulier en produits fabriqués en Afrique.



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