Avec un score de 43,4 points sur un maximum de 50, le Rwanda figure parmi les pays les mieux classés au monde en matière de communication financière, de transparence de la dette publique et de relations avec les investisseurs.
Le ministère rwandais des Finances et de la Planification économique (MINECOFIN) a accueilli favorablement ce classement, estimant qu’il traduit les efforts du pays visant à fournir aux investisseurs internationaux des informations claires, accessibles et régulières sur sa situation budgétaire, sa dette publique et ses orientations économiques.
Le Rwanda faisait partie des quatre nouveaux pays intégrés à l’évaluation 2026 de l’IIF, aux côtés de la Côte d’Ivoire, de la République du Congo et du Sénégal.
Malgré son arrivée récente dans ce classement, le pays a été particulièrement distingué par l’IIF pour ses pratiques considérées comme exemplaires. L’institution a notamment souligné l’existence de liens réciproques entre les plateformes numériques du Bureau des relations avec les investisseurs, du Bureau de gestion de la dette, de la Banque nationale du Rwanda et du ministère des Finances et de la Planification économique.
Le Rwanda est le seul pays parmi les 57 économies évaluées à avoir été explicitement cité par l’IIF pour cette pratique.
Cette reconnaissance intervient alors que le programme rwandais de relations avec les investisseurs souverains n’a été lancé qu’en 2025, sous la supervision du MINECOFIN. Le pays dépasse ainsi plusieurs États disposant de mécanismes similaires depuis plus longtemps, notamment le Kenya, qui a lancé son programme en 2020, et l’Afrique du Sud, dont le dispositif existe depuis 2011.
Avec son score de 43,4 points, le Rwanda se classe au 14ᵉ rang mondial sur les 57 pays évalués, devant plusieurs économies émergentes comme le Chili, l’Égypte, la Pologne et la Russie.
Le pays se rapproche également du groupe des dix premiers du classement mondial.
À l’échelle internationale, aucun pays n’a obtenu la note maximale. Les Philippines occupent la première position avec 49,3 points, suivies par la Türkiye et le Brésil avec 48,3 points chacun, la Hongrie avec 47,8 points, l’Uruguay avec 47,4 points et l’Indonésie avec 47,1 points.
Le score moyen des pays ayant participé à l’évaluation cette année s’élève à 40,5 points, contre 25,4 points pour les pays qui n’y ont pas participé. Pour l’IIF, cette différence démontre l’importance de la participation active des gouvernements aux mécanismes de transparence financière et de dialogue avec les investisseurs.
Le Rwanda parmi les meilleurs en matière de données ESG
La meilleure performance du Rwanda concerne la catégorie liée aux données et politiques environnementales, sociales et de gouvernance (ESG).
Le pays y a obtenu 3,88 points sur 4, un résultat parmi les plus élevés de l’ensemble de l’étude, au même niveau que la Türkiye, l’Indonésie et l’Égypte.
L’IIF évalue les pratiques des États selon 23 critères répartis en trois volets : les relations avec les investisseurs, la transparence de la dette, ainsi que les données et politiques ESG (environnementales, sociales et de gouvernance).
Le rapport, publié chaque année depuis maintenant 21 ans, analyse les pratiques des gouvernements en matière de communication financière, de gestion de la dette et d’accès à l’information pour les investisseurs.
Selon l’IIF, les pays qui disposent de meilleures pratiques en matière de relations avec les investisseurs bénéficient généralement d’une plus grande stabilité de leur notation souveraine et peuvent, à terme, réduire leurs coûts d’emprunt.
L’institution parle à ce sujet d’un « dividende de la transparence », estimant que la qualité de l’information financière constitue un facteur déterminant dans la confiance accordée par les marchés internationaux.
L’IIF souligne également que la publication régulière d’informations sur la composition de la dette, les obligations liées au service de la dette, les politiques économiques futures et les échanges avec les investisseurs constitue un élément essentiel pour renforcer la crédibilité financière des États.
Une dette publique en légère baisse
Selon le Bulletin statistique sur la dette publique publié par le MINECOFIN en mars 2026, basé sur les données auditées à fin décembre 2025, la dette publique et garantie par l’État du Rwanda représentait 73,6 % du produit intérieur brut (PIB).
Ce niveau marque une légère amélioration par rapport à décembre 2024, lorsque cette dette représentait 74,5 % du PIB.
La transparence autour de ces données fait partie des éléments pris en compte dans l’évaluation de l’IIF, aux côtés de la capacité des autorités à informer les investisseurs sur leurs stratégies économiques et financières.
Au niveau régional, le Rwanda affiche par ailleurs l’un des meilleurs scores du continent.
Il devance notamment le Kenya, avec 42,79 points ; la Côte d’Ivoire, avec 41,71 points ; l’Égypte, avec 42,21 points ; le Maroc, avec 38,75 points ; le Ghana, avec 37,13 points ; et le Nigeria, avec 33,63 points.
L’Afrique subsaharienne reste toutefois parmi les régions ayant les scores médians les plus faibles au niveau mondial. Elle figure néanmoins, avec le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, parmi les deux seules régions ayant enregistré une progression par rapport à 2025, alors que l’Europe émergente et l’Amérique latine ont connu un recul de leurs scores médians.
Pour le MINECOFIN, cette reconnaissance constitue un signal fort adressé aux investisseurs internationaux sur la fiabilité du Rwanda comme emprunteur souverain.
Le ministère estime que cette distinction représente un avantage compétitif dans un contexte où les marchés internationaux deviennent de plus en plus prudents et sélectifs dans l’allocation des capitaux.



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