Réuni le 26 août, le Comité de politique monétaire a justifié cette troisième hausse consécutive par la persistance des pressions inflationnistes et les risques pesant sur les perspectives économiques. Le taux était auparavant fixé à 8,25 %, après une hausse de 50 points de base en février et de 100 points de base en mai. Depuis novembre 2025, la BNR a ainsi relevé son taux directeur de 175 points de base au total.

La gouverneure de la BNR, Soraya Hakuziyaremye, a expliqué que cette décision vise à maîtriser les anticipations d’inflation et favoriser un retour dans la fourchette cible.

« L’inflation est actuellement élevée, mais devrait revenir dans la fourchette cible au second semestre 2027 », a-t-elle déclaré ce jeudi.

L’inflation est passée de 9,1 % au premier trimestre à 13,2 % au deuxième trimestre, avant d’atteindre 14,5 % en juillet. La BNR prévoit une inflation moyenne de 13,1 % en 2026, contre 13,9 % dans ses précédentes prévisions, puis de 7,9 % en 2027.

La banque centrale reste néanmoins préoccupée par plusieurs facteurs susceptibles d’alimenter les pressions sur les prix, notamment le phénomène climatique El Niño, dont les effets sur les récoltes pourraient entraîner une hausse des prix du riz, de l’huile de cuisson et du sucre.

Les tensions persistantes au Moyen-Orient pourraient également maintenir les prix du pétrole et des matières premières à des niveaux élevés, avec des conséquences sur le carburant, le transport et les produits importés.

L’inflation sous-jacente est, quant à elle, passée de 9,3 % à 12,3 % au deuxième trimestre, portée notamment par la hausse des prix du transport, du logement et de l’alimentation. L’inflation des produits alimentaires frais est passée de 5,2 % à 7,3 %, tandis que celle de l’énergie a plus que doublé, atteignant 45,7 %, contre 21,1 % auparavant.

Les prix de la viande ont également été affectés par des perturbations temporaires de l’approvisionnement liées à la fièvre de la vallée du Rift, dont la propagation a toutefois progressivement été maîtrisée.

Une économie toujours dynamique

Malgré ces pressions, l’économie rwandaise continue d’afficher une forte croissance, avec une progression de 10 % sur un an au premier trimestre 2026 et une hausse de 10,9 % de l’indice composite de l’activité économique au deuxième trimestre.

Les exportations de marchandises ont, elles, bondi de 51 %, principalement grâce à la hausse des exportations minières et à des prix internationaux favorables. Les importations ont également progressé de 28 %, tirées par la demande de produits alimentaires essentiels, de matériaux de construction, d’équipements médicaux et informatiques.

Le déficit commercial s’est ainsi creusé de 13,8 %, atteignant 821,9 millions de dollars, contre 722,3 millions sur la même période en 2025.

Parallèlement, le franc rwandais est resté relativement stable, avec une dépréciation de 0,87 % face au dollar au premier semestre 2026, contre 2,96 % un an auparavant. Les réserves internationales représentaient 4,2 mois d’importations fin juin, au-dessus du seuil de référence de quatre mois.

Sur le marché monétaire, le taux interbancaire est passé à 7,73 % au deuxième trimestre, contre 6,30 % un an auparavant. Les taux appliqués aux clients sont toutefois restés relativement stables : le taux moyen des prêts s’est établi à 15,88 %, contre 15,96 %, tandis que celui des dépôts est passé de 9,75 % à 9,79 %.

Cette évolution suggère que les précédentes hausses du taux directeur ne se sont pas encore totalement répercutées sur les ménages et les entreprises.

Selon le Comité de stabilité financière, le secteur financier rwandais demeure stable et résilient malgré les incertitudes mondiales.

Les actifs du secteur ont augmenté de 22,7 %, à 17 000 milliards de francs rwandais, au premier semestre 2026. L’encours des crédits des établissements financiers a, lui, progressé de 22,6 %, à 6 900 milliards de francs.

Les banques représentent 87 % des crédits en cours, avec un encours de 6 100 milliards de francs, en hausse de 22 %.

La BNR indique que les banques disposent toujours de solides réserves de fonds propres et de liquidités, malgré une hausse du ratio de créances douteuses, passé de 2,6 % en juin 2025 à 3 % en juin 2026.

La banque centrale assure par ailleurs qu’elle continuera de surveiller l’évolution économique et reste prête à prendre de nouvelles mesures pour préserver la stabilité des prix.

« La BNR reste déterminée à préserver la stabilité financière en surveillant étroitement la croissance du crédit, les conditions de liquidité et de financement, les risques émergents, la concentration des investissements, ainsi que la fraude et les cyberrisques », a affirmé Soraya Hakuziyaremye.

La Banque nationale du Rwanda (BNR) a relevé son taux directeur de 50 points de base, à 8,75 %, afin de maîtriser les anticipations de hausse des prix et favoriser un retour dans la fourchette cible