Dans son évaluation publiée le 11 septembre 2026, l’agence de notation estime que les fondamentaux économiques et le cadre de politique économique du Rwanda demeurent solides, malgré un environnement mondial et régional marqué par plusieurs incertitudes.

Fitch prévoit une croissance de 7,8 % en 2026, après 9,4 % en 2025. Ce rythme resterait toutefois nettement supérieur à la médiane de 4,5 % observée pour les pays bénéficiant d’une note « B ».

Selon l’agence, l’activité économique devrait continuer à être portée par l’agriculture, les services et la construction, notamment grâce à la poursuite de grands projets d’infrastructures comme l’aéroport international de Bugesera.

Fitch prévoit une inflation moyenne de 11,7 % en 2026, au-dessus de la fourchette cible de 2 % à 8 % de la Banque nationale du Rwanda (BNR).

Pour contenir les pressions inflationnistes, la banque centrale a relevé son taux directeur de 150 points de base au total, le portant à 8,75 % depuis février 2026.

L’agence anticipe également un creusement du déficit du compte courant, qui devrait atteindre près de 15 % du PIB en 2026. Cette détérioration serait notamment liée à la vigueur de la demande intérieure, aux importations associées à la construction de l’aéroport de Bugesera, ainsi qu’à la hausse des coûts des carburants et des engrais.

Ce déficit devrait principalement être financé par les investissements directs étrangers (IDE) et les emprunts officiels.

La dette extérieure nette du Rwanda devrait atteindre 63 % du PIB en 2026, contre une médiane de 48 % pour les pays notés « B ».

Fitch souligne toutefois que 87 % de la dette extérieure du Rwanda est fortement concessionnelle, ce qui permet de limiter les risques liés au financement extérieur.

Sur le plan budgétaire, l’agence prévoit un déficit de 4,5 % du PIB pour l’exercice fiscal se terminant en juin 2027, contre 4,4 % pour l’exercice 2026.

Les réformes fiscales engagées depuis 2025 ont déjà contribué à améliorer les recettes. Celles-ci ont dépassé de 0,6 point de pourcentage du PIB l’objectif fixé par le gouvernement pour l’exercice 2026.

Fitch prévoit néanmoins que la progression des recettes pourrait ralentir en 2027, notamment en raison de l’impact de la guerre en Iran, de la baisse des dons et du recul des recettes non fiscales.

L’agence prévoit une diminution de la dette des administrations publiques au cours des exercices 2027 et 2028, qui devrait s’établir en moyenne autour de 65 % du PIB, après avoir atteint un pic d’environ 74 % en 2025.

Cette baisse devrait principalement résulter de la forte croissance du PIB nominal et, dans une moindre mesure, de la maîtrise des dépenses publiques.

Fitch s’attend par ailleurs à une augmentation du recours aux emprunts extérieurs pour financer le déficit budgétaire. Le financement extérieur devrait toutefois rester largement concessionnel, les partenaires multilatéraux et bilatéraux devant représenter environ 82 % du financement extérieur total sur les exercices 2027-2028.

Sur le plan sécuritaire, Fitch estime que les risques dans la région des Grands Lacs resteront élevés, alors que le conflit dans l’est de la RDC continue notamment de peser sur la position de financement extérieur du Rwanda.

L’agence ne prévoit cependant pas de forte escalade de la situation à court terme.

Le ministère des Finances et de la Planification économique a salué le maintien de la note, estimant qu’il traduit la confiance persistante dans les fondamentaux économiques du pays et dans son cadre de politique économique.

« Cette confirmation reflète les progrès continus réalisés dans le renforcement des fondements macroéconomiques du Rwanda, tout en maintenant l’accent sur une croissance durable, l’investissement, la résilience et la viabilité budgétaire », a déclaré le ministère.

Cette évaluation intervient six mois après le relèvement de la perspective du Rwanda de négative à stable, Fitch ayant alors maintenu la note « B+ ». L’agence avait notamment cité l’amélioration de l’accès au financement extérieur et la réduction des incertitudes entourant la situation de financement du pays.

Fitch Ratings fait partie des trois principales agences mondiales de notation financière, aux côtés de Moody’s et de S&P Global Ratings.

Fitch Ratings a confirmé la note de défaut émetteur à long terme en devises étrangères du Rwanda à « B+ », avec une perspective stable