Dans un communiqué publié le 2 juin, le Département du Trésor américain a justifié les sanctions contre le colonel Sirkoof en raison de ses responsabilités au sein des structures de renseignement et des opérations spéciales des FDLR, notamment à la tête du Commando de Recherche et d’Action en Profondeur (CRAP).
Selon le Trésor américain, il a également pris la direction d’une structure de commandement opérationnel des FDLR dans le territoire de Nyiragongo, au Nord-Kivu, établie en 2022 après que les offensives du M23 eurent forcé les combattants du groupe à se disperser dans plusieurs zones.
Les FDLR ont été fondées par des éléments des anciennes Forces armées rwandaises et des milices extrémistes qui ont fui le Rwanda après avoir orchestré le génocide perpétré contre les Tutsi en 1994. Washington les accuse d’avoir mené des violences à caractère ethnique contre des civils, recruté des enfants soldats, commis des violences sexuelles liées au conflit et lancé des attaques transfrontalières qui continuent de menacer la sécurité du Rwanda.
Les États-Unis soutiennent également que le groupe finance ses activités à travers le pillage des populations civiles, la perception de taxes illégales, les enlèvements contre rançon, l’exploitation forestière illégale dans le parc national des Virunga ainsi que d’autres activités criminelles. Le gouvernement américain affirme en outre que les FDLR ont bénéficié du soutien de milices locales et de certaines unités des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), malgré l’interdiction officielle de toute coopération avec ce groupe armé.
Les FDLR avaient déjà été sanctionnées par les États-Unis le 3 janvier 2013 pour de graves violations du droit international impliquant des enfants dans les conflits armés. Selon Washington, ces violations comprenaient notamment des meurtres, des violences sexuelles, des enlèvements et des déplacements forcés de populations.
Le Département du Trésor a précisé que le colonel Sirkoof est visé par ces nouvelles sanctions en raison de son statut de dirigeant des FDLR, une organisation déjà inscrite sur la liste américaine des entités sanctionnées.
Dans la même annonce, les États-Unis ont également imposé des sanctions à John Imani Nzenze, présenté comme le chef du renseignement du M23. Les autorités américaines le décrivent comme un haut responsable du mouvement rebelle et un proche collaborateur de son chef militaire, le général Sultani Makenga.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a déclaré que ces mesures visent à promouvoir la stabilité dans l’est de la RDC.
« La violence persistante des groupes armés aggrave une crise humanitaire déjà dramatique et constitue une menace pour les intérêts des États-Unis dans la région », a déclaré Scott Bessent. « Les sanctions annoncées aujourd’hui visent à soutenir une résolution pacifique du conflit et à mettre fin aux effusions de sang. »
En vertu de ces sanctions, tous les biens et intérêts détenus par les personnes visées qui se trouvent aux États-Unis ou sous le contrôle de citoyens ou d’entités américaines sont gelés. Les ressortissants américains se voient également interdire, de manière générale, toute transaction impliquant les personnes sanctionnées.
Cette décision intervient alors que les efforts diplomatiques se poursuivent pour tenter de mettre fin à l’insécurité persistante dans l’est de la RDC, l’armée régulière congolaise étant cependant régulièrement pointée du doigt pour la poursuite de ses offensives malgré les engagements pris.


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