S'exprimant lors d'un « fireside chat » organisé dans le cadre de l'Aspen Security Forum, tenu du 14 au 17 juillet 2026 et animé par Steve Clemons, rédacteur en chef de The National Interest, le ministre a rappelé que ces accords, conclus sous la médiation du président américain Donald Trump et signés en décembre 2025, représentent une occasion importante de résoudre les défis sécuritaires et de renforcer la coopération économique dans la région des Grands Lacs.
« Les Accords de Washington pour la paix et la prospérité constituent un très bon accord et nous saluons le leadership du président Trump », a-t-il déclaré. Il a toutefois regretté que « sept mois après la signature de l'accord, nous constatons un manque d'équilibre dans l'approche de la médiation américaine ».
Selon lui, le Rwanda a rempli ses engagements et a même proposé un plan de désescalade permettant de lever les mesures défensives sans attendre que Kinshasa respecte ses propres obligations, notamment la neutralisation des FDLR. Il s'est également interrogé sur les sanctions américaines visant le Rwanda alors que la RDC n'a pas encore mis en œuvre les engagements qui lui incombent.
« Nous sommes préoccupés par ce manque d'équilibre dans l'approche adoptée. Toutefois, nous restons engagés en faveur de cet accord et nous espérons que le gouvernement américain, en tant que médiateur, adoptera une position plus équilibrée afin de permettre une mise en œuvre complète de l'accord. »
Dr Biruta a réaffirmé que les FDLR, groupe armé fondé par des personnes impliquées dans le génocide perpétré contre les Tutsi en 1994, demeurent la principale menace pour la sécurité du Rwanda.
« Les FDLR ont traversé la frontière avec des armes, mais aussi avec une idéologie, qui est encore plus dangereuse que les armes », a-t-il déclaré, estimant que leur neutralisation est indispensable pour instaurer une paix durable dans l'est de la RDC.
Le ministre a également rejeté les accusations d'ambitions territoriales du Rwanda en RDC, affirmant qu'« il n'y a aucun différend frontalier » entre les deux pays.
« Le Rwanda ne revendique aucune partie du territoire congolais. Les choses sont très claires », a-t-il affirmé, rappelant que les combattants du M23 sont des citoyens congolais qui « se battent pour leurs droits dans leur propre pays ».
Il a par ailleurs remis en question l'efficacité des opérations de maintien de la paix de l'ONU dans l'est de la RDC, estimant qu'après plus de vingt ans et des milliards de dollars dépensés, « la situation n'a pas changé, elle s'est même aggravée ».
Enfin, Dr Biruta a souligné que les États-Unis restent toutefois un partenaire important du Rwanda dans des secteurs tels que la santé, l'énergie, les mines et les technologies, tout en affirmant que Kigali poursuivra sa stratégie de diversification de ses partenariats.
« Nous avons besoin de tous ces partenaires », a-t-il conclu.
Le Forum sur la sécurité d'Aspen a réuni des décideurs politiques, des experts en sécurité et des dirigeants venus du monde entier afin d'échanger sur les principaux défis mondiaux en matière de sécurité.




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