S’exprimant dans le podcast "The Context" du 'New Times', Rwivanga a évoqué le rôle de l’EASF, la coopération sécuritaire régionale et les principaux défis auxquels l’Afrique de l’Est est confrontée.

Interrogé sur l’impact des tensions entre le Rwanda et le Burundi sur l’EASF, il a affirmé que l’organisation n’avait pas été affectée par les différends entre ses États membres, rappelant que, malgré leurs tensions passées, le Rwanda et l’Ouganda avaient continué à participer aux initiatives régionales de sécurité.

Selon lui, le même principe s’applique au Rwanda et au Burundi, qui continuent de participer aux activités militaires, policières et civiles de l’EASF malgré leurs divergences.

« En tant que forces professionnelles, nous devons dépasser les questions politiques qui opposent les nations et travailler en professionnels dans le domaine militaire », a-t-il déclaré, soulignant que les pays de la région partagent le même environnement sécuritaire et sont confrontés à des menaces qui dépassent les frontières. « Que cela nous plaise ou non, nous sommes dans la même région et nous devons travailler ensemble », a-t-il insisté.

Une coopération nécessaire face aux menaces régionales

Rwivanga, qui a récemment pris ses fonctions à la tête de l’EASF à Nairobi après près de six ans comme porte-parole des Forces de défense du Rwanda (RDF), a souligné l’importance de la coopération régionale face au terrorisme, à la criminalité transfrontalière, à l’insécurité maritime et aux cybermenaces.

Selon lui, une meilleure coopération entre les organisations régionales et les pays voisins permet de réduire les « zones grises » et les « angles morts » aux frontières, citant notamment les efforts du Rwanda avec l’Ouganda et la Tanzanie contre l’insécurité transfrontalière.

Créée en 2004 comme l’un des cinq mécanismes régionaux africains de forces en attente de l’Union africaine, l’EASF regroupe des composantes militaires, policières et civiles des pays d’Afrique de l’Est.

Elle a notamment pour mandat de soutenir les opérations de maintien de la paix, la prévention des conflits, la réponse aux crises et la reconstruction post-conflit.

Selon Rwivanga, l’EASF a atteint sa pleine capacité opérationnelle en 2014, après la vérification des forces et des capacités mises à disposition par les États membres.

Il a toutefois précisé qu’une force en attente n’est pas destinée à être constamment déployée, mais qu’elle joue aussi un rôle dans la prévention des conflits et la diplomatie. Les différentes opérations régionales et internationales auxquelles ont participé les États membres leur ont permis d’acquérir une expérience utile à d’éventuels déploiements conjoints.

L’EASF se prépare aux catastrophes

L’EASF renforce également ses capacités face aux urgences humanitaires et aux catastrophes naturelles. Les États membres s’engagent notamment à fournir des capacités de transport aérien stratégique, d’évacuation médicale, de reconnaissance aérienne, ainsi que de recherche et sauvetage.

L’Éthiopie a promis des avions C-130 pour le transport aérien stratégique, le Rwanda des capacités d’évacuation médicale, tandis que le Kenya a promis des moyens de reconnaissance aérienne.

L’objectif est de permettre une réponse régionale aux crises susceptibles de dépasser les capacités d’un seul pays, notamment les séismes et les catastrophes liées au changement climatique.

Rwivanga a appelé à élargir la notion de menace au-delà des conflits armés. « Nous ne devons pas considérer uniquement l’ennemi comme étant les forces rebelles. Nous devons aussi considérer comme une menace les problèmes internes, notamment ceux liés au climat, qui peuvent facilement dégénérer », a-t-il expliqué.

Pour les trois prochaines années, l’EASF donnera la priorité au renforcement de la cohésion, de la préparation et de la capacité de réponse collective de ses États membres face aux crises sécuritaires et humanitaires.

Malgré les divergences politiques entre certains pays, Rwivanga a réaffirmé la nécessité de poursuivre l’intégration et la coopération régionales.

« Dans le cadre de l’intégration régionale, nous devons travailler ensemble pour trouver des solutions », a-t-il insisté.

Le général Ronald Rwivanga a estimé que les tensions politiques entre le Rwanda et le Burundi ne devraient pas entraver la coopération entre leurs armées