Les explosions causeront la mort de 224 personnes et feront plus de 4 000 blessés, marquant l’une des premières attaques majeures d’Al-Qaïda contre des intérêts américains à l’étranger.
Une attaque préparée contre les intérêts américains
Le vendredi 7 août 1998, vers 10h30 du matin, des camions piégés explosent devant les représentations diplomatiques américaines de Nairobi et de Dar es Salaam, dans une opération menée avec une coordination remarquable.
Les enquêteurs établirent plus tard que les attaques avaient été planifiées par le réseau terroriste Al-Qaïda, dirigé à l’époque par Oussama ben Laden.
À Nairobi, capitale du Kenya, l’explosion survint dans un quartier très fréquenté du centre-ville. La puissance de la déflagration détruisit une partie de l’ambassade américaine et endommagea plusieurs bâtiments voisins, provoquant de nombreuses victimes parmi les employés, les passants et les habitants du secteur.
Quelques minutes plus tard, une seconde explosion frappa l’ambassade américaine de Dar es Salaam, en Tanzanie. L’attaque provoqua également d’importants dégâts matériels et de nombreuses victimes.
Le bilan officiel des attentats du 7 août 1998 fait état de 224 morts au total dans les deux pays, dont 12 citoyens américains, ainsi que plus de 4 500 blessés.
Au Kenya, l’attaque contre l’ambassade américaine à Nairobi fut la plus meurtrière, faisant environ 212 morts et plusieurs milliers de blessés. La majorité des victimes étaient des civils kenyans qui se trouvaient à proximité du bâtiment diplomatique au moment de l’explosion.
En Tanzanie, l’attentat visant l’ambassade des États-Unis à Dar es Salaam causa la mort de 11 personnes et fit plus de 85 blessés, principalement parmi les personnes présentes aux alentours de l’ambassade.

La piste Al-Qaïda rapidement confirmée
Après les attaques, les États-Unis lancèrent une vaste enquête internationale baptisée KENBOM pour Nairobi et TANBOM pour Dar es Salaam. Le FBI déploya alors une importante équipe d’enquêteurs pour identifier les responsables, analyser les preuves et retrouver les suspects.
Les investigations conduisirent rapidement vers Al-Qaïda, organisation déjà connue des services de renseignement américains pour ses activités extrémistes internationales.
Dans les mois qui suivirent les attentats, plusieurs suspects liés à l’organisation de ces attaques furent arrêtés par les autorités internationales. Parmi eux figuraient Mohammed Sadeek Odeh, capturé au Pakistan, Mohammed Rashed Daoud al-Owhali, arrêté au Kenya, ainsi que Wadih el-Hage, un ancien proche collaborateur d’Oussama ben Laden interpellé aux États-Unis. Ces arrestations marquèrent le début d’une vaste enquête internationale visant à démanteler le réseau responsable des attentats.
Ils furent ensuite jugés aux États-Unis et plusieurs condamnations à la prison à vie furent prononcées.
En novembre 1998, les autorités américaines inculpèrent officiellement Oussama ben Laden et plusieurs responsables d’Al-Qaïda pour leur implication dans ces attaques.
Quelques semaines après les attentats, le président américain Bill Clinton ordonna une opération militaire baptisée Operation Infinite Reach.
Le 20 août 1998, les États-Unis lancèrent des frappes de missiles contre des installations liées à Al-Qaïda en Afghanistan ainsi qu’une installation au Soudan que Washington soupçonnait d’être liée au réseau terroriste.
Ces frappes constituèrent l’une des premières grandes réponses militaires américaines contre Al-Qaïda avant les attentats du 11 septembre 2001.
Au Kenya et en Tanzanie, le 7 août reste une date de commémoration pour les victimes. À Nairobi notamment, un mémorial rappelle le souvenir des centaines de personnes tuées dans l’explosion.
Ces attentats demeurent l’un des événements terroristes les plus meurtriers jamais enregistrés en Afrique de l’Est.




Chargement des commentaires...
Laisser un commentaire