Il s’exprimait le 13 août 2026, lors d’une cérémonie organisée à Kigali par des Banyamulenge vivant au Rwanda pour commémorer le 22ᵉ anniversaire du massacre de 166 réfugiés banyamulenge à Gatumba, au Burundi.
Les victimes avaient été tuées dans la nuit du 13 août 2004 par des groupes armés, notamment les FNL-PALIPEHUTU, tandis que des éléments armés liés à la RDC ont également été cités dans des rapports sur l’attaque. Les Banyamulenge reprochent aux gouvernements burundais et congolais de ne pas avoir suffisamment œuvré à l’établissement des responsabilités.
Rutaremara a déclaré que la frustration des Banyamulenge face à l’absence de justice était également partagée par le Rwanda.
« Nous attendons toujours que justice soit faite. Nous n’avons pas encore fait venir un seul suspect burundais ici », a-t-il déclaré.
Selon lui, le refus du Burundi serait notamment lié au fait que certains de ses ressortissants impliqués dans le génocide contre les Tutsi seraient retournés au Burundi après 1994 et auraient ensuite occupé des postes importants dans l’État.
Il a notamment cité l’ancien Premier ministre burundais Alain-Guillaume Bunyoni, qu’il accuse d’avoir refusé une coopération pouvant conduire à l’extradition de suspects.
Ce dernier affirme qu’une coopération judiciaire aurait permis au Rwanda de demander l’extradition de suspects, y compris ceux occupant des postes élevés.
Rutaremara a également attribué à la victoire du FPR Inkotanyi la fin du génocide et les conditions ayant permis sa reconnaissance internationale et les poursuites contre ses responsables. Il a affirmé qu’avant cette victoire, les massacres de Tutsi n’étaient pas officiellement reconnus comme un génocide par la communauté internationale.
Rutaremara a par ailleurs souligné le fait que des réfugiés burundais ont participé au génocide contre les Tutsi dans plusieurs régions du Rwanda, notamment à Mayaga, dans le sud du pays.
Il a affirmé que des réfugiés hutu burundais installés à Ngoma, dans le secteur de Muyira, auraient soutenu des miliciens Interahamwe après avoir fui le Burundi à la suite de l’assassinat du président Melchior Ndadaye. Il a également cité des réfugiés installés dans les communes de Ntongwe et Muganza, dans l’ancienne préfecture de Butare, les accusant d’avoir participé aux attaques contre les Tutsi.
Selon lui, l’établissement des responsabilités reste difficile en raison du manque de coopération des États et de l’absence de reconnaissance des faits par les personnes mises en cause.
Vingt-deux ans après le massacre de Gatumba, les Banyamulenge continuent ainsi de réclamer justice pour les 166 victimes, tandis que Rutaremara estime que leur combat rejoint celui du Rwanda, qui affirme attendre toujours la coopération du Burundi dans les dossiers liés au génocide contre les Tutsi de 1994.




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