Shema est poursuivi pour émission de chèques sans provision et obtention frauduleuse d’un bien appartenant à autrui.

L’affaire concerne un contrat d’une valeur de plus d’un million d’euros conclu entre 'Africa Medical Supplier Plc', société de Shema spécialisée dans la fourniture de matériel médical, et ABZL International General Trading LLC, une société basée aux Émirats arabes unis.

Selon le parquet, le contrat signé le 23 janvier 2024 était lié à un marché attribué par la Banque mondiale pour la fourniture de matériel médical à la République démocratique du Congo, Africa Medical Supplier devant effectuer les paiements à ABZL dans un délai de 60 jours.

Le parquet affirme toutefois que la société de Shema n’a pas respecté ses engagements de paiement malgré plusieurs échanges avec ABZL.

Le 5 août 2025, Shema aurait remis à cette société deux chèques d’une valeur totale de 600 000 dollars, dont un de 400 000 dollars et un autre de 200 000 dollars, alors que le parquet soutient que les comptes concernés ne disposaient pas des fonds nécessaires.

Devant le tribunal, Shema a contesté les accusations portées à son encontre, affirmant que sa société collaborait avec ABZL depuis 2017 dans le cadre de plusieurs contrats et qu’Africa Medical Supplier avait déjà effectué deux paiements de 400 000 dollars chacun, en mai et décembre 2024.

Soutenant que le second paiement n’aurait pas été reçu par ABZL en raison d’un problème lié au compte bancaire destiné à recevoir les fonds, il a expliqué que le contrat prévoyait, dans une telle situation, la possibilité pour ABZL de communiquer un autre compte bancaire.

Celui-ci a également contesté les circonstances dans lesquelles les chèques ont été présentés, affirmant que l’un des actionnaires d’ABZL, également à l’origine de la plainte, aurait modifié certaines informations figurant sur le chèque et demandé que le paiement soit effectué sur un compte aux États-Unis.

La défense évoque un litige commercial

L’avocat de Shema avait sollicité sa libération provisoire, estimant que l’affaire relève essentiellement d’un litige commercial, tout en soulevant des interrogations sur les dates des chèques et leur annulation par la banque. La défense avait aussi présenté des documents faisant état d’un paiement de 600 000 dollars effectué auprès de BK ainsi qu’une demande adressée au RIB pour faciliter le transfert des fonds.

Shema a, de son côté, assuré qu’il ne chercherait pas à se soustraire à la justice s’il était remis en liberté, affirmant disposer d’un patrimoine évalué à plus de 5 milliards de francs rwandais, qu’il se dit prêt à présenter comme garantie.

Le parquet a toutefois estimé qu’il existe des éléments sérieux justifiant les poursuites et que Shema pourrait prendre la fuite s’il était remis en liberté alors que l’enquête se poursuit.

Le juge a également relevé des incohérences concernant les deux chèques, notamment le fait qu’ils portent le même numéro, tandis que l’original ne comporte pas de date et que sa copie porte une date pouvant correspondre au 5 ou au 8 août 2025.

Le parquet a enfin indiqué que la banque avait confirmé au RIB que les comptes concernés ne disposaient pas des fonds nécessaires au moment où les chèques avaient été présentés.

Après avoir entendu les différentes parties et examiné les éléments présentés au cours de l’audience, le tribunal a décidé de placer Shema Fabrice en détention provisoire pour une durée de 30 jours, le temps que l’enquête se poursuive.

Le tribunal de Nyarugenge a ordonné le placement en détention provisoire pour une durée de 30 jours de Shema Fabrice