Baziruwiha Eliezer, alias Sebishihe, âgé aujourd’hui de 58 ans, est détenu au poste du Bureau rwandais d’Investigation (RIB) de Rubengera, dans le district de Karongi.

Celui-ci a été appréhendé le 3 août 2026 dans le village de Matyazo, cellule de Kinyonzwe, secteur de Mutuntu, après avoir été retrouvé dans sa zone d’origine.

Selon le secrétaire exécutif du secteur de Mutuntu, Ntaganda Wilson, Baziruwiha est soupçonné d’avoir participé aux massacres des Tutsi dans la région de Bisesero pendant le génocide contre les Tutsi.

« Le jour où il a été condamné à 19 ans de réclusion, il a pris la fuite. Pendant des années, ses victimes et ses anciens voisins sont restés sans nouvelles de lui, certains allant jusqu’à croire qu’il avait trouvé la mort dans sa cachette. Il semblait avoir oublié que les crimes de génocide sont imprescriptibles. De retour clandestinement dans son ancienne localité, il a progressivement recommencé à apparaître en public, y compris devant des personnes dont il avait tué des proches lors du génocide contre les Tutsi à Bisesero », a-t-il expliqué.

Ntaganda Wilson a précisé que c’est l’un des survivants dont des membres de la famille auraient été tués par Baziruwiha qui a alerté les autorités sur sa présence.

« Cette personne nous a transmis l’information et nous a demandé de la communiquer au RIB. Les autorités compétentes ont ensuite été informées, ce qui a permis l’organisation de son arrestation », a-t-il précisé.

Après son arrestation, Baziruwiha a été remis au poste du RIB de Rubengera pour la suite de la procédure judiciaire. Les autorités souhaitent notamment qu’il fournisse des informations sur d’éventuels complices qui seraient encore en liberté.

Ibuka appelle les fugitifs à se rendre

Selon Ntukanyagwe Jean Laurent, vice-président d’Ibuka dans le district de Karongi, les crimes du génocide contre les Tutsi restent soumis à la justice, indépendamment du temps écoulé.

« Toute personne qui demeure encore cachée devrait en tirer les leçons, reconnaître sa responsabilité, présenter ses excuses aux victimes ainsi qu’à la nation. Nous encourageons toute personne disposant d’informations sur la localisation d’un fugitif à les transmettre aux autorités compétentes, afin de permettre son arrestation et de garantir que la justice suive son cours », a-t-il déclaré.

Selon les autorités locales, 19 personnes soupçonnées d’avoir participé au génocide contre les Tutsi et qui avaient échappé à la justice ont déjà été arrêtées dans le secteur de Mutuntu au cours des six derniers mois.

Ibuka dans le district de Karongi estime que plus de 3 000 autres personnes condamnées par les juridictions Gacaca pour leur implication dans le génocide contre les Tutsi seraient encore en fuite à Karongi et dans d’autres régions. Au cours des trois dernières années, plus de 160 d’entre elles ont été arrêtées.

Un homme condamné à 19 ans de prison par les juridictions Gacaca pour son rôle dans le génocide perpétré contre les Tutsi a été arrêté après plusieurs années de fuite