Âgé de 54 ans, Gasana, qui utilisait le nom de Dusabe Franky lors de son séjour en Norvège, est originaire du village de Gitabage, dans le secteur de Ndaro, district de Ngororero.
Lors d'une audience tenue le 12 mars 2026, il avait demandé que le dossier de la procédure menée en Norvège soit versé au dossier judiciaire avant qu’il ne présente sa défense. Ce dossier contient notamment des éléments relatifs aux accusations portées contre lui pour des faits qui auraient été commis au Rwanda pendant le génocide contre les Tutsi.
Après plusieurs mois d’attente, Gasana a finalement accepté, fin août, de comparaître dans le cadre de son procès au Rwanda. Le tribunal avait alors décidé de poursuivre les audiences en septembre.
Lors de l’audience du 16 septembre 2026, le parquet a indiqué avoir reçu le dossier provenant de Norvège. Toutefois, son intégration dans le système informatique utilisé par les parties pose des difficultés en raison du volume important de documents et de fichiers vidéo qu’il contient.
« Nos informaticiens nous ont indiqué que tout ne pouvait pas être intégré au système », a expliqué le représentant du parquet.
La défense a demandé que l’intégralité du dossier lui soit remise afin de sélectionner les éléments nécessaires à son travail. Me Kazeneza Théophile, avocat de Gasana, a proposé que les documents retenus soient ensuite intégrés au système judiciaire.
Le tribunal a finalement ordonné au parquet de transmettre le dossier à la défense et de procéder à son intégration dans le système permettant aux différentes parties d’y accéder.
Selon le parquet, Gasana aurait tenu, pendant le génocide contre les Tutsi en 1994, des propos incitant à l’extermination des Tutsi. À cette époque, il était étudiant dans l’enseignement secondaire.
Pour étayer son accusation d’incitation au génocide, le parquet a notamment établi un parallèle avec les propos du Dr Léon Mugesera, condamné pour incitation au génocide.
« Les propos prononcés par le Dr Léon Mugesera à Kabaya et qui lui ont valu une condamnation pour incitation au génocide sont similaires à ceux tenus par Gasana. C’est pourquoi nous demandons qu’il soit reconnu coupable, puisqu’il a lui aussi tenu des propos similaires », a déclaré le parquet.
Gasana avait auparavant contesté son extradition devant les juridictions norvégiennes, demandant à être jugé en Norvège plutôt que transféré au Rwanda. Ses recours ont été rejetés et les autorités norvégiennes ont finalement procédé à son extradition en 2025.
Il est actuellement détenu à la prison de Nyanza, dans l’attente de la poursuite de son procès.




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