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“Je veux que le Rwanda soit notre entrée sur le marché africain”, Ambassadeur d’Israël au Rwanda

Redigé par Igihe
Le 2 mars 2020 à 11:44

L’an dernier, en avril, Israël a ouvert son Ambassade au Rwanda avec résidence a Kigali, la 11eme sur le Continent. C’était la première fois qu’Israël ouvrait une ambassade en Afrique. huit ans après celle du Ghana en 2011. C’était également la première fois en 50 ans qu’un Représentant d’Israël allait résider à Kigali.
L’ouverture de cette ambassade devrait en quelque sorte consolider les relations entre les deux pays, et comme l’a souligné l’un des responsables israéliens, Israël réitère son intention de « retourner en Afrique ».
Près d’un an plus tard, beaucoup de choses se sont passées entre le Rwanda et le pays du Moyen-Orient.
Julius Bizimungu, du New Times, s’est entretenu avec Ron Adam, Ambassadeur d’Israël au Rwanda, pour avoir une idée de l’orientation des relations entre les deux pays.L’ouverture de cette ambassade devrait en quelque sorte consolider les relations entre les deux pays, et comme l’a souligné l’un des responsables israéliens, Israël réitère son intention de « retourner en Afrique ».
Près d’un an plus tard, beaucoup de choses se sont passées entre le Rwanda et le pays du Moyen-Orient.

Julius Bizimungu (J-B) : Quelle a été votre expérience de travail au Rwanda en tant que diplomate ?

Ambassadeur Ron : Je pense qu’il y a des similitudes entre nos deux pays. Ils sont sortis tous les deux des cendres du Génocide et de l’Holocauste.
Nous partageons l’histoire tragique et l’expérience de l’utilisation de ressources humaines là où il manque des ressources naturelles, pour développer une économie et un pays indépendants.

Je pense que je suis le diplomate israélien le plus chanceux du monde. Je ne crois pas qu’un diplomate israélien aux États-Unis ait été recu comme je le suis ici.
C’est le meilleur endroit d’un diplomate israélien partout dans le monde en raison de l’ouverture et de l’accueil chaleureux des gens, du Président aux citoyens en passant par les Ministères et autres agences.

J-B : Comment l’existence de l’Ambassade avec résidence à Kigali a-t-elle favorisé les relations entre le Rwanda et Israël ?
Ambassador Ron :
Bien sûr, un an est une courte période pour mesurer le succès, mais je peux vous dire que vous verrez bientôt des changements avec les vols directs de RwandAir en Israel. Sous l’initiative du Président Kagame, je m’y suis penché au mois de mai 2019 et le premier vol a eu lieu le mois suivant.

L’idée est née de la conviction que lorsqu’il y a des correspondances aériennes, les gens commencent à venir. Les investisseurs commencent à venir, les commerçants de l’import-export et les touristes se déplacent dans les deux sens.

J-B : Comment les voyageurs à destination et en provenance de Kigali - Tel Aviv ont-ils exploité la connexion avec RwandAir ?
Ambassador Ron :
Il y a des fois où les vols sont pleins, mais la plupart du temps la moyenne varie de 30 à 35%.
Il reste encore beaucoup à faire dans le domaine du tourisme. RwandAir fait de son mieux mais beaucoup doit être fait par les Institutions concernées, comme le Rwanda Development Board (RDB).

J-B : Qu’est-ce qui a été fait d’autre en un an ?
Ambassador :
Nous avons pu envoyer 170 étudiants de licence en Israël pour un programme d’un an en agriculture. Il s’agit d’un bon programme pour les étudiants du secteur agricole, car il leur donne des compétences et des connaissances pratiques et leur apprend les secrets de l’agriculture moderne.

C’est extrêmement important pour l’agriculture rwandaise, car à leur retour, ces étudiants reviennent avec du capital et forment des coopératives.
Mon plan est d’augmenter à 300 étudiants l’année prochaine.

L’année dernière, nous avons également lancé un Centre israélien d’horticulture. Il s’agit du plus grand Centre de Mashav (Agence israélienne de coopération internationale pour le développement) en dehors d’Israël.

Nous avons réussi à organiser six cours l’année dernière pour environ 300 participants rwandais. Nous avons fait venir d’Israel des experts pour former les habitants à l’agriculture moderne, et c’est quelque chose dont nous sommes fiers.

J-B : Quel est le niveau des échanges commerciaux et quel rôle jouez-vous pour faciliter cela ?
Ambassadeur Ron :
Les relations entre les 2 pays reposent sur le pilier de la défense, depuis des années. Quelques entreprises et acteurs israéliens sont venus promouvoir l’industrie de défense israélienne ici et ils ont réussi.

Cependant, mon rôle ici est d’aller au-delà du secteur de la défense.
Le fait que nous ayons des vols directs signifie qu’il est plus facile de faire venir des commerçants et des investisseurs ici. Je peux vous dire que les choses bougent. Chaque semaine, j’ai deux ou trois investisseurs israéliens qui manifestent leur souhait de venir faire quelque chose ici.

Ils viennent et ils sont ravis de ce qu’ils voient. Tous les Israéliens qui sont venus ici voient une Afrique différente parce que c’est facile d’y faire des affaires, c’est facile d’ouvrir une entreprise.

Ma vision et mon souhait est de faire du Rwanda un étalage des produits israéliens destinés au marché africain. Une chose que je prévois de réaliser est de créer un Centre d’innovation pour les startups israéliennes à côté de notre Ambassade.

J-B : Quelles entreprises israéliennes souhaitez-vous qu’elles investissent ici ?
Ambassadeur Ron :
Il n’y a vraiment pas de secteur spécifique. Quelqu’un veut construire un hôpital, un autre dans les mines, un autre encore dans les transports, etc.
Mon message aux investisseurs israéliens est qu’ils doivent comprendre l’état d’esprit, c’est-à-dire le fait que tout ce qu’ils envisagent de faire doit être basé sur un partenariat qui contribue à la promotion de l’économie.

J’ai des gens intéressés à se lancer dans de nombreux domaines ; l’exploitation minière, les technologies de l’information et de la communication (TIC) et l’innovation, la santé, l’agriculture et l’éducation, entre autres.

J-B : Quelles leçons Israël peut-il partager en matière de construction d’un écosystème d’innovation ?
Ambassadeur Ron :
Nous laissons les gens échouer. L’échec est essentiel pour réaliser l’innovation et sortir des sentiers battus. L’échec n’est pas une mauvaise chose ; vous démarrez quelque chose, vous pouvez échouer et vous devez vous relever et réessayer.

Sur 5000 startups que nous avons en Israël, au moins 4000 échouent. Ce n’est pas une mauvaise chose ; c’est essentiel pour l’innovation. Il doit y avoir de la place pour les erreurs car c’est ainsi que se construisent les écosystèmes d’innovation.

En Israël, nous avons créé des autorités de l’innovation. Ce que ces autorités font, c’est donner de l’argent aux startups sans leur demander de rendre des résultats, parce que nous pensons que la budgétisation basée sur les résultats est mauvaise, spécifiquement pour l’innovation.

Une autre chose est que nous osons sortir des sentiers battus et faire des choses qui ne sont écrites nulle part. Nous l’appelons hutzpah ; nous ne sommes pas des protocoles de notre propre peuple, nous faisons des choses hors des sentiers battus.
C’est ce qui nous a amenés à innover.

Une autre chose qui est bonne pour l’innovation est l’armée. Les jeunes sont au lycée jusqu’à 18 ans mais ne vont pas directement à l’université. Cela ne se fait pas dans notre système. Vous devez d’abord devenir un adulte indépendant. Comment devenir un adulte indépendant ? Il faut aller à l’armée.

Dans l’armée, vous passez deux à trois ans de service après quoi vous sortez avec une perspective différente du monde. De nombreuses personnes dans l’armée trouvent déjà des solutions d’innovation et de haute technologie.

C’est quelque chose qui peut être comparé à Umuganda au Rwanda. Des gens de par le monde se réunissent pour apprendre à communiquer et à penser ensemble. C’est un point de fusion.

J-B : Comment l’armée vous a-t-elle aidé personnellement ?
Ambassadeur Ron :
Cela a complètement changé ma personnalité. Tout d’abord, j’ai quitté mes parents et on m’a appris à penser par moi-même. Vous devez être un individu qui se bat pour survivre.

J’ai appris dans l’armée à devenir tuteur. Une partie de mon service consistait à animer des cours et des séminaires. J’étais dans l’armée de l’air et j’ai fait la télécommunication. Je n’avais jamais de ma vie pensé que j’utiliserais un émetteur, mais je l’ai appris dans l’armée.

Travailler en équipe est également quelque chose d’essentiel que l’armée enseigne. Si vous êtes dans un char militaire ou un parachute essayant de protéger votre pays, vous devez travailler en équipe.

Avec Newtimes
Traduit de l’Anglais et Adapté en Français par Alphonse Kalisa


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