Le chef de l’État français a souligné que des individus continuent de nier ou de minimiser le génocide perpétré contre les Tutsi, tout en diffusant des messages haineux sur différentes plateformes de communication. Il a appelé la communauté internationale à rester vigilante face à ce phénomène.

Pour illustrer la gravité de la situation, Emmanuel Macron a comparé certains contenus diffusés aujourd’hui sur les réseaux sociaux aux messages propagés par la Radio-Télévision Libre des Mille Collines (RTLM) durant le génocide.

À l’époque, des animateurs comme Kantano Habimana, Valérie Bemeriki et le Belge Georges Ruggiu encourageaient les massacres des Tutsi, les qualifiant d’« Inyenzi » et indiquant parfois les lieux où ils se cachaient.

Pour plusieurs observateurs, une partie des personnes accusées de nier ou de minimiser le génocide contre les Tutsi sont des Rwandais vivant en exil en Europe et issus de familles dont des membres ont joué un rôle dans la préparation ou l’exécution du génocide de 1994.

Parmi eux figure Denise Zaneza, fille de Marcel Sebatware, ancien directeur général de l’usine CIMERWA entre 1983 et 1994. Membre du parti extrémiste CDR, Marcel Sebatware est accusé d’avoir joué un rôle important dans les massacres commis contre les Tutsi dans l’ancienne préfecture de Cyangugu, notamment à travers la création d’une structure Interahamwe à Bugarama.

Bien qu’il ait été reconnu coupable par les juridictions Gacaca pour son implication dans le génocide, Marcel Sebatware a continué à se présenter comme un opposant politique au gouvernement rwandais. Avec d’autres exilés, il a participé à la création du parti FDU-Inkingi.

Installée en Belgique, Denise Zaneza se présente comme une défenseure des droits humains. À travers une chaîne YouTube et d’autres plateformes, elle soutient la thèse selon laquelle deux génocides auraient été commis au Rwanda. Cette théorie est généralement considérée comme relevant du négationnisme ou de la banalisation du génocide perpétré contre les Tutsi.

En effet, dès le 1er octobre 1994, quelques mois après l’arrêt du génocide, le général-major Paul Kagame, alors vice-président et ministre de la Défense, avait publiquement demandé aux soldats de l’Armée patriotique rwandaise (RPA) de ne pas se venger.

Lors d’une cérémonie organisée au stade de Nyamirambo, il avait déclaré : « Vous devez éviter toute vengeance. Vous devez également combattre ceux qui nourrissent de telles intentions et les ramener dans le droit chemin. Nous devons faire en sorte que le génocide ne se reproduise jamais. »

Quelques militaires qui n’avaient pas respecté ces consignes furent arrêtés après le meurtre d’un commerçant nommé Hakizimana Mathias, accusé d’avoir participé au génocide. Ils furent poursuivis et condamnés en novembre 1994.

Un autre exilé régulièrement cité parmi les personnes accusées de nier ou de minimiser le génocide contre les Tutsi est Théophile Mpozembizi, fils de Jean-Pierre Mpozembizi, ancien responsable du département électrique de CIMERWA à partir de mars 1988.

Comme Denise Zaneza, Théophile Mpozembizi est associé au FDU-Inkingi et utilise différents canaux de communication pour diffuser des messages contestant ou relativisant le génocide des Tutsi. Il défend également l’idée selon laquelle deux génocides auraient été commis au Rwanda.

Selon une analyse des prises de position de Denise Zaneza, Théophile Mpozembizi et d’autres exilés, ces discours s’inscrivent dans une continuité idéologique héritée de leurs parents, dont plusieurs sont accusés d’avoir participé à la préparation et à l’exécution du génocide de 1994 commis contre les Tutsi.

Le 14 juin 2026, le ministre de l’Unité nationale et de l’Engagement civique, Dr Jean-Damascène Bizimana, est revenu en détail sur le rôle joué par Marcel Sebatware et Jean-Pierre Mpozembizi dans les événements qui ont précédé et accompagné le génocide contre les Tutsi.

En effet, les deux hommes appartenaient à l’Akazu, le cercle rapproché de l’ancien président Juvénal Habyarimana, considéré comme l’un des principaux centres de décision ayant préparé le génocide entre octobre 1990 et avril 1994. Tous deux étaient également membres du CDR et exerçaient une influence importante au sein de CIMERWA.

Dr Bizimana a expliqué qu’à partir d’octobre 1990, Sebatware et Mpozembizi ont progressivement placé des extrémistes hutu à des postes stratégiques de l’entreprise, en privilégiant notamment des membres de leurs familles et de leurs réseaux politiques. Selon ses explications, cette stratégie s’inscrivait dans la préparation du génocide.

À partir de 1992, après la mise en place des groupes dits d’autodéfense par le gouvernement de l’époque, ils auraient participé à la création d’une structure Interahamwe au sein de CIMERWA et dans les localités voisines afin de préparer les massacres.

Parmi les personnes recrutées figuraient notamment Dafroza Nyirankundwankize, épouse de Marcel Sebatware et nièce du général Déogratias Nsabimana, ainsi que Théoneste Sebageni, Casimir Ndolimana, Assoumani Ntibankundiye, Nkusi David Wilson, Gaspard Kazungu et Kamanzi Meschack, ancien bourgmestre de Bugarama.

Le ministre a également cité plusieurs personnalités locales qui auraient participé à l’encadrement et à la formation des Interahamwe, notamment Yussuf Munyakazi, Édouard Bandetse, Élias Bakundukize, Bareberaho Bantari Ripa et le colonel retraité Claudien Singirankabo.

Selon Dr Bizimana, Yussuf Munyakazi disposait d’une influence considérable dans la région de Bugarama et avait constitué un groupe de plus de 300 jeunes. Il a rappelé que Munyakazi a ensuite été jugé par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) et reconnu coupable.

Le ministre a indiqué qu’entre 1992 et 1993, les extrémistes hutu dirigés par Sebatware et Mpozembizi auraient établi des listes de Tutsi à éliminer, tout en formant et armant les milices Interahamwe.

Il a également affirmé que les employés tutsi de CIMERWA ainsi que leurs familles étaient régulièrement victimes d’intimidations et de persécutions.

Entre le 14 et le 17 avril 1994, les massacres de masse commis contre les Tutsi dans la région de Bugarama auraient été dirigés notamment par Marcel Sebatware et Jean-Pierre Mpozembizi. Les deux hommes auraient participé à la planification des tueries aux côtés de militaires et de miliciens.

Dr Bizimana a en outre indiqué que CIMERWA avait fourni aux Interahamwe des véhicules, du carburant et des boissons afin de faciliter les opérations menées contre les Tutsi dans plusieurs localités des anciennes préfectures de Cyangugu et de Kibuye, notamment à Mbilizi, au stade Kamarampaka, à Kibogora, Nyamasheke, Shangi, Gashirabwoba, Hanika, Nkanka, Mururu, Nyarushishi et Bisesero.

Le ministre a également affirmé qu’au moment de leur fuite en juillet 1994, après l’arrêt du génocide par les forces du RPA, Sebatware et Mpozembizi auraient emporté du matériel, du carburant et d’importantes sommes d’argent appartenant à CIMERWA.

Cette opération aurait été réalisée sous la supervision de Justin Mugenzi, alors ministre du Commerce et de l’Industrie, afin de soutenir les structures de l’ancien régime en exil, qui espéraient reprendre le pouvoir par la force.

En conclusion, Dr Jean-Damascène Bizimana a estimé que Denise Zaneza et Théophile Mpozembizi devraient se dissocier des actes commis par leurs parents et contribuer à ce que justice soit rendue pour les crimes perpétrés contre les Tutsi dans les régions de Cyangugu et de Kibuye.

Denise Zaneza et Théophile Mpozembizi, respectivement fille de Marcel Sebatware et fils de Jean-Pierre Mpozembizi, perpétuent une idéologie génocidaire héritée de leurs parents, lesquels ont activement participé au génocide perpétré contre les Tutsi en 1994
Le ministre Bizimana est revenu en détail sur le rôle joué par Marcel Sebatware et Jean-Pierre Mpozembizi dans les événements qui ont précédé et accompagné le génocide.