Selon le rapport, Kao, fils de l’ancien ministre zaïrois Antoine Mandungu Bula Nyati, aurait rencontré la famille Habyarimana en Belgique il y a plusieurs années. L’enquête affirme qu’en novembre 2007, il aurait contribué à la création, à Kinshasa, d’une organisation présentée comme caritative, enregistrée en 2008 comme branche d’une structure basée au Royaume-Uni.
African Facts affirme que cette organisation, ainsi que d’autres structures similaires créées en RDC, en République centrafricaine et au Gabon, auraient davantage servi des intérêts financiers que des objectifs humanitaires. Le rapport cite Jean-Luc Habyarimana, fils cadet de Juvénal Habyarimana, comme l’un des acteurs centraux de ces organisations.
L’enquête affirme qu’entre 2008 et 2009, des fonds auraient transité par plusieurs structures avant d’être versés à des membres de la famille Habyarimana et à leurs proches. Elle indique notamment que Jean-Luc Habyarimana aurait signé, le 20 mai 2008, un accord d’investissement de 125 000 euros avec une organisation basée au Royaume-Uni, prévoyant un remboursement de 250 000 euros entre décembre 2008 et décembre 2009.
Le rapport affirme également que Kao et des personnes liées à la famille Habyarimana auraient reçu au moins 382 000 euros à partir de fin 2007, provenant d’un compte bancaire suisse alimenté par une société enregistrée au Panama. Jean-Luc Habyarimana aurait, selon l’enquête, reçu 325 000 euros via des organisations britanniques entre 2008 et 2009.
African Facts affirme n’avoir trouvé aucune preuve d’activités caritatives réelles menées par ces organisations.
Des échanges évoquant Agathe Kanziga
L’enquête cite également des courriels attribués à Kao et Jean-Luc Habyarimana, dans lesquels il serait question de transferts d’argent impliquant leur mère Agathe Kanziga, veuve de Juvénal Habyarimana.
Dans un message daté du 17 mai 2009, Kao aurait demandé à être informé lorsque Kanziga recevait des fonds, affirmant que la communication au sein de la famille était insuffisante. Un autre échange ferait référence à un transfert de 15 000 euros destiné à Agathe Kanziga par l’intermédiaire de Léon Habyarimana.
Le rapport revient également sur une perquisition menée en France en septembre 2016 au domicile de la famille Habyarimana à Courcouronnes, dans l’Essonne, dans le cadre d’une enquête sur le rôle d’Agathe Kanziga dans le génocide perpétré contre les Tutsi en 1994. Des documents saisis auraient mentionné plusieurs contacts liés à la famille, dont des numéros associés à Fabien Singaye, présenté comme un ancien agent de renseignement du régime Habyarimana en Suisse, ainsi qu’à Kao.
Un conseiller proche de Tshisekedi impliqué dans des dossiers sécuritaires
Nommé conseiller spécial du président Félix Tshisekedi en janvier 2023, Kao figure parmi les collaborateurs proches du chef de l’État congolais. Selon African Facts, il aurait participé à des discussions portant sur des accords miniers, l’achat d’armes, des opérations militaires et le recours à des mercenaires étrangers.
L’enquête estime que ses liens présumés avec la famille Habyarimana revêtent une importance particulière alors que les combats se poursuivent dans l’est de la RDC entre les forces gouvernementales, appuyées notamment par les milices Wazalendo et les FDLR, et la coalition AFC/M23.
Jean-Luc Habyarimana aurait effectué une visite discrète à Kinshasa en juin 2024 avant d’apparaître publiquement dans la capitale congolaise en novembre 2025, où il aurait rencontré des responsables congolais. Kigali a maintes fois souligné que ces démarches font partie d’un programme destiné à déstabiliser le Rwanda.
Le 8 avril 2026, le porte-parole du gouvernement congolais Patrick Muyaya avait salué Jean-Luc Habyarimana, le présentant comme un acteur engagé pour la paix régionale et affirmant que la RDC continuerait à dialoguer avec les « amis rwandais ».
L’enquête affirme également que Kao aurait participé, le 16 avril 2024 à Kinshasa, à une réunion avec des représentants des milices Wazalendo, au cours de laquelle il aurait encouragé le recrutement de jeunes dans ces groupes armés.
Des rapports d’experts des Nations unies ont indiqué que certaines réunions impliquant des représentants des Wazalendo auraient également réuni des membres des FDLR, le groupe génocidaire actif dans l’est de la RDC.
En outre, l’enquête d’African Facts met en lumière des liens entre la famille Habyarimana et des cercles proches du pouvoir congolais, qui poursuivraient un objectif politique et sécuritaire susceptible de menacer la sécurité nationale du Rwanda.




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