Cette prise de position intervient alors que l’université Griffith, en Australie, fait face à une vive controverse après l’organisation d’une conférence avec comme invitée la journaliste de nationalité canadienne Judi Rever, cette dernière étant pourtant connue pour ses ouvrages faisant écho aux thèses reprises par les acteurs ayant orchestré le génocide contre les Tutsi en 1994 au Rwanda, et leurs soutiens.

Rever est en outre connue pour ses critiques récurrentes à l’égard du gouvernement rwandais ainsi que pour son soutien aux opposants à ce dernier.

À titre d’exemple, alors que le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), basé à Arusha, avait conclu à l’absence de tout plan d’extermination des populations hutu au Rwanda – une thèse également rejetée par la communauté internationale, des chercheurs et plusieurs experts – la journaliste a quand même publié en 2018 un ouvrage avançant l’existence de deux génocides au Rwanda.

Plus récemment, celle-ci a publié en avril 2026 un ouvrage intitulé "Rwanda’s 30-Year Assault on Congo", dans lequel elle reprend des accusations portées par les autorités de la République démocratique du Congo contre le Rwanda.

C’est dans ce contexte que l’université Griffith avait prévu, dans la matinée de ce 19 juin, d’accueillir la journaliste pour une conférence consacrée aux crises humanitaires survenues au Rwanda et en République démocratique du Congo au cours des trente dernières années.

L’événement a été perçu par plusieurs observateurs comme clairement caractérisé par une position hostile au Rwanda, notamment en raison de l’annonce promotionnelle de la conférence, qui impute aux autorités rwandaises la responsabilité des crises dans les deux pays.

IBUKA Australia a par ailleurs estimé que l’invitation de Judi Rever revenait à offrir une plateforme à des discours contraires à la vérité historique établie et reconnue par la justice internationale, selon laquelle le génocide contre les Tutsi de 1994, qui a fait plus d’un million de victimes en l’espace de seulement cent jours, visait une communauté en raison de son identité.

L’organisation a également insisté sur le fait que les discours de négation et de minimisation ravivent les traumatismes des survivants et contribuent à la diffusion de falsifications historiques.

Elle a affirmé que lorsque des institutions académiques reconnues offrent une tribune à de telles figures, cela constitue une forme de violence supplémentaire envers les rescapés et une remise en cause de leur souffrance.

IBUKA Australia a ainsi appelé l’université Griffith à reconnaître officiellement la vérité historique du génocide commis contre les Tutsi, telle qu’établie au niveau international et juridique, et à veiller à ce que ses activités soient conformes à cette réalité.

Elle a également recommandé la consultation des organisations de survivants, des spécialistes de l’histoire des génocides et des défenseurs des droits humains avant toute activité liée à cette question, ainsi que la mise en place de lignes directrices claires pour prévenir toute forme de négation ou de minimisation.

Enfin, l’organisation a sollicité une réponse de l’université face à ses préoccupations dans un délai de 21 jours et a exprimé son souhait d’engager une rencontre avec la direction afin de discuter plus en détail de cette situation.

L’université Griffith, en Australie, fait face à une vive controverse après l’organisation d’une conférence avec comme invitée la journaliste Judi Rever
Judi Rever est connue pour ses ouvrages faisant écho aux thèses reprises par les acteurs ayant orchestré le génocide contre les Tutsi en 1994 et leurs soutiens