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Géraldine Mukeshimana (Agriculture)lance officiellement une assurance agricole à Nyanza

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 24 avril 2019 à 02:40

La Ministre rwandaise de l’Agriculture et Elevage, Gérardine Mukeshimana, vient d’inaugurer un nouveau produit d’assurance agricole à la grande satisfaction des petits fermiers du Rwanda. Dans son discours inaugural, elle a déclaré que les agriculteurs peuvent utiliser un contrat d’assurance pour obtenir facilement des prêts auprès d’institutions financières.

Perusi Mutumwinka, 79 ans, est aux anges. Cette femière a perdu six vaches au cours des trois dernières années, ce qui représente une perte énorme pour elle, car ses vaches n’étaient couvertes par aucune assurance et ne pouvaient donc être indemnisées.

La ministre de l'Agriculture, Gérardine Mukeshimana ne sait pas discuter au profit des fermiers des frais abordables de produits d'assurance agricole

Une des vaches est morte alors qu’elle mettait bas, a dit cette vieille maman dépitée de voir le gâchis causé par le manque de couverture d’assurance pour son bétail.

Elle vit dans sa propriété du secteur de Mukingo dans le district de Nyanza, au Sud du Rwanda avec sa quinzaine de vaches et n’entend plus revivre une expérience pareille.

Heureusement, l’espoir de Mutumwinka et de nombreux autres fermiers a été ravivé grâce au programme d’assurance de l’agriculture et de l’élevage mis en place ce mardi, 22 avril, dans le district de Nyanza.

L’Assurance agricole est une initiative conjointe des pouvoirs publics et du secteur privé. Elle permettra aux agriculteurs de payer 60% de la prime, tandis que le gouvernement couvrira les 40% restants.

Les primes d’assurance sont couvertes à 4,5% de la valeur totale du bétail assuré par an, mais représentent le montant total que vaut leur bétail en cas d’incident.

En clair, au cas où un fermier a à payer des frais d’assurance de 300 000 francs rwandais pour couvrir son bétail et cultures, il devra débourser 13 500 Frw par an. Comme il sera subventionné à hauteur de 40% par le Gouvernement soit 5.400 Frw, il paiera annuellement 8.100 Frw.

Pierre-Claver Karasira, un autre fermier du district de Nyanza, dit lui aussi avoir subi une énorme perte lorsque ses sept vaches sont mortes l’année dernière.

« Certaines vaches sont mortes de maladie. S’il y avait une assurance, j’aurais pu avoir été indemnisé. C’est pourquoi cette assurance revêt une grande importance pour les petits fermiers du pays que nous sommes du pays », a-t-il déclaré.

Mutumwinka et Karasira font partie des centaines de fermiers-éleveurs qui ont perdu leurs vaches à cause de plusieurs aléas tels que les maladies et la sécheresse.

En fait, plus de 2 400 têtes de bétail dans la province de l’Est sont mortes au cours du dernier exercice budgétaire à la suite de la sécheresse prolongée qui a frappé le Rwanda pendant la saison agricole 2017, d’après les informations disponibles au ministère de l’Agriculture.

Outre la catastrophe due à la sécheresse, la fièvre de la vallée du Rift - une maladie virale mortelle et infectieuse du bétail - a touché le bétail en 2018, tuant 154 vaches dans le pays. Tout cela fait partie de l’espace couvert par la nouvelle assurance agricole-élevage.

Gaudens Kanamugire, président de l’Association des Assureurs Rwandais (ASSAR), a déclaré lors du lancement du programme qu’il s’agissait d’un jour mémorable au Rwanda car c’est la première fois que le gouvernement et le secteur privé initient un tel produit d’assurance agro- élevage.

"Il s’agit d’une étape majeure dans l’amélioration de l’accès aux services d’assurance", a-t-il déclaré.

Mme Péruse Mutumwinka, 76 ans, satisfaite de voir le plan d'assurance disponible pour son bétail. La question des coûts d'assurance viendra après avec une possible concurrence loyale. L'important est que le secteur d'assurance ne soit pas soumis au système de monopole.

Au début, a déclaré Kanamugire, trois assureurs ; Radiant, SONARWA et Prime Insurance ont été choisis pour offrir ces services, mais d’autres sociétés seront incluses après une phase pilote de deux ans, qui a été déployée dans huit districts.

"Nous allons fournir un service de qualité et éviter tout obstacle au progrès de cette initiative", a promis Kanamugire qui trouve normal de réguler le secteur et ne pas laisser aux maisons d’Assurance de décider d’adhérer librement à ce nouveau produit.

« Si un fermier assure une vache d’une valeur de 300 000 francs rwandais, soit 341 dollars américains, en souscrivant une police d’assurance à une institution financière, cela lui donnerait accès à un prêt de 50 000 francs rwandais pour faire pousser de l’herbe et obtenir suffisamment de fourrage pour la vache », a déclaré la ministre Mukeshimana.

La Ministre ne comprend pas que pour opérer une révolution dans un secteur aussi conservateur que l’agro élevage, elle doit proposer des sommes abordables. Or ce n’est pas apparemment son souci. C’est dire, qu’avec de telles décisions prises sans tenir compte de la capacité et le pouvoir d’achat du simple fermier rwandais, dans quelle mesure les responsables rwandais vivent un autre monde totalement différent de celui du monde rural.

Étant donné que 70% des Rwandais sont des fermiers agricoles,"s’ils ne se développent pas, il sera difficile pour nous en tant que pays de nous développer dans la globalité", a-t-elle dit très décidée à ne plus mettre la charrue avant le bœuf avec la volonté politique actuelle affichée qui fait passer le secteur des services avant les autres secteurs primaire et secondaires productifs de véritables richesses nationales.

Technologie avancée
Ce projet d’assurance agro élevage apporte un élément nouveau dans le mode de vie des éleveurs rwandais qui, pour y souscrire, devra recourir à des applications électroniques et payer leurs frais d’assurance sur leurs téléphones portables.

"Les vaches assurées recevront une marque d’identification incorporée dans l’oreille à l’aide d’un outil spécial y introduit par un vétérinaire. Un appareil enregistrera des données, y compris l’identifiant unique d’enregistrement [numéro] de la vache figurant sur la marque et la date d’enregistrement", disent les spécialistes qui ont eu le temps d’étudier dans le détail ce nouveau produit.

Le vétérinaire, une profession sollicitée
Auparavant, n’avait-on des garages partenaires en expertise aux maisons d’Assurances pour leurs produits d’Assurance-Automobile ? Des médecins pour l’Assurance-vie ?

"Un vétérinaire sollicité entrera dans de tels registres de bétail abonné pour y ajouter le nom du propriétaire, son emplacement, ainsi qu’une caractéristique spécifique de la vache dans un système mobile. Ces informations sont directement détenues dans la banque de données d’une compagnie d’assurance intéressée et par le Ministère de l’agriculture et des ressources animales", ajoutent les experts assureurs montrant que cette étape est importante pour, de la part de l’assureur, vérifier si ces données concordent avec l’exigence avant de conclure un contrat entre l’entreprise et le fermier.

Le plan est bien étudié. Il est rapporté qu’en cas de maladie, les vétérinaires soignent la vache mais, en cas d’épidémie à laquelle elle succombe, le cas est signalé et le producteur reçoit une indemnité adéquate dans les sept jours suivant l’incident.
La ministre a fait comprendre à l’assistance que la présente phase concerne le gros bétail, que deux ans après la mise en œuvre de cette phase initiale, le projet inclura d’autres animaux d’élevage avant d’être étendu aux cultures.


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