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Evêques et officiels rwandais : Incompréhensions d’approches de limitation de naissances

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 22 juillet 2019 à 01:42

Le Gouvernement rwandais construit sa politique de planning familial autour de la sensibilisation des citoyens à pratiquer différentes formules de limitation de naissance au moment où l’église catholique trouve que sensibiliser ses paroissiens à ces pratiques revient à renier ses préceptes et contrevenir au sixième commandement de l’église : "Tu ne tueras point".

Difficiel Dialogue Eglise catholique-Etat sur la limitation de naissances pour désamorcer la bombe démographique

Le gouvernement et l’Église catholique sont en pourparlers pour s’entendre sur la manière d’aller de l’avant avec la fourniture des services indispensables dans le domaine de la planification familiale et limitation de naissances.

Presque une semaine après que la ministre de la Santé, Dr Diane Gashumba, ait déclaré lors d’un forum au Parlement le mois dernier que l’Église catholique fait échouer les efforts visant à intensifier la planification familiale, le ministre de la Bonne Gouvernance, Pr Anastase Shyaka, a convoqué une réunion avec les Évêques de l’église catholique du Rwanda.

Les résolutions de cette réunion, qui s’est tenue le 27 juin 2019, suggèrent que les discussions entre les deux parties ont repris pour convenir de la marche à suivre pour fournir des services de santé, y compris la planification familiale, dans des hôpitaux et Centres de santé gérés par l’Église catholique.

"Ce qui est important en ce moment, c’est que les gens sachent que nous avons entamé des pourparlers. Dès qu’ils seront terminés, nous aboutirons à un accord clair qui convient à chacune des deux parties", a confié au Newtimes, Mgr Phillipe Rukamba, Evêque du Diocèse de Butare et Président de la Conférence Episcopale des Evêques de l’Eglise Catholique du Rwanda. Est-ci dire que cette Eglise pèse de tout son poids dans les questions politique de "Mens sana in corpore sano" (Une âme saine dans un corps sain) ?

L’une des résolutions de la réunion au ministère des Gouvernements locaux était qu’un accord entre le gouvernement et l’Église catholique sur la gestion des hôpitaux et les prestations des services de santé devait être réexaminé dans les meilleurs délais afin de parvenir à un nouvel accord.

« L’accord actuel contient de nombreuses dispositions, allant de l’utilisation de médicaments à la gestion du personnel et des infrastructures, en passant par les discussions en cours, nous discuterons également de la question des prestations de services de limitation de naissances », a déclaré Rukamba lors d’un entretien.

La question de l’éthique de l’église catholique amène de sérieuses incompréhensions avec les principaux négociateurs de la partie gouvernementale sur la question de méthodes médicalement assistée de limitation et contrôle de naissances.

Hôpitaux et Centres de santé de l’église catholique subsidiés

L’église, qui gère environ un tiers des hôpitaux et des Centres de santé du pays, voit son personnel médical payé par le gouvernement. Cette importante subside, d’après ces officiels, devrait amener plus de compréhension et d’atteinte des objectifs des programmes de l’Etat Rwanda qui voit sa population se multiplier à une progression géométrique fulgurante au point qu’il lui est difficile de planifier ses objectifs de développement projetés sur un quart de siècle près.

Devant le refus des services médicaux de l’Eglise Catholique de distribuer des contraceptifs artificiels tels que préservatifs, implants, les stérilets ou autres injection ; les demandeurs de ces services sont obligés d’aller demander ces services dans des centres tenus par les gouvernementaux. Cela ne va pas sans de gros coûts de transport et autres frais annexes ; ce qui décourage ces citoyens.
Bien plus, les négociations devront, dans le meilleur des cas, aboutir à l’adoption de mesures de sensibilisation sur cette question de limitation de naissance au moment où le Rwanda commence à être souple sur la question de l’avortement.

S’exprimant lors d’une réunion consultative sur la planification familiale au Parlement à Kigali le mois dernier, la ministre Gashumba s’est dite inquiète de l’attitude persistante de l’Église catholique à l’égard de la planification familiale et la limitation de naissances, indiquant que deux systèmes idéologiques (catholique et gouvernement) sont opposés sur cette question dans le pays.

Dr Diane Gashumba suggère une loi d’harmonisation des pratiques médicales dans le pays
La Ministre a réfléchi tout haut sur les démarches des officiels gouvernementaux auprès des représentants de l’Eglise catholique sur cette question : nouer un dialogue de sensibilisation et persuasion des chefs de l’église catholique sur l’ampleur de la bombe démographique à la quelle fait face le Rwanda et la nécessité de mettre dans leurs préoccupations la question du planning familial et, partant, de la limitation des naissances. Ainsi donc, les officiels gouvernementaux attendent-ils que l’église catholique comprenne et accepte la distribution de contraceptifs artificiels autant qu’elle autorise la contraception naturelle.

Le Rwanda est l’un des pays qui a réalisé des progrès impressionnants en matière de planification familiale au cours des dernières années, en réduisant le taux de fécondité de 5,8 à 4,2 enfants par femme entre 2000 et 2015.

Le pays a également vu l’utilisation des méthodes modernes de contraception passer de 4% à 48% au cours de la même période.

A cours de son intervention, la Ministre de la Santé souhaitait qu’une loi soit appliquée dans tout le pays pour garantir que tous les établissements de santé offrent des services de planification familiale en faveur des citoyens.

C’est ce tollé du ministre de la Santé qui a apparemment déclenché de nouvelles discussions entre le gouvernement et l’église.

Nécessité d’un dialogue permanent Eglise-Etat sur la question de distribution des contraceptifs

Mgr Rukamba, le Porte-parole de la Conférence des Evêques du Rwanda, a déclaré que la question était mise au débat, qu’il n’y avait pas de date limite pour la conclusion des pourparlers.

"Le dialogue sur la question est très important car, sans cela, les gens développer des incompréhensions inutiles", a-t-il dit.

Mais il reste encore beaucoup à faire compte tenu du fait que le Rwanda est l’un des pays les plus densément peuplés du continent, ce qui constitue une menace pour les objectifs de développement national.


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