Mis en œuvre par le ministère de l’Agriculture et des Ressources animales (MINAGRI) en partenariat avec le 'Rwanda Institute for Conservation Agriculture' (RICA), le projet vise à intégrer l’agriculture de conservation dans les programmes de vulgarisation agricole et à encourager son adoption par les producteurs.
Le programme, prévu sur quatre ans, commencera par 100 000 hectares lors de la prochaine saison agricole avant de s’étendre à 150 000 hectares, pour atteindre progressivement 600 000 hectares d’ici 2029. Il sera déployé dans tous les districts où la consolidation des terres agricoles est pratiquée.
Le projet a débuté par la formation d’agents agricoles chargés d’accompagner les agriculteurs au niveau local. Jusqu’à présent, 168 personnes, dont des agronomes de district et des spécialistes de la vulgarisation agricole du 'Rwanda Agriculture and Animal Resources Development Board' (RAB), ont été formées.
Le 22 juillet 2026, le RICA a organisé à Bugesera une formation de deux jours destinée à 52 stagiaires agricoles venus de différents districts du pays. Au total, 889 personnes devraient être formées avant le début de la saison agricole 2027A.
Ces agents auront pour mission d’aider les agriculteurs à adopter des méthodes permettant de conserver la fertilité des sols et de limiter leur dégradation.
Dr Léonce Harerimana, directeur de la vulgarisation agricole et chargé de cours en irrigation et gestion de l’eau au RICA, a expliqué que l’objectif principal est de promouvoir une agriculture qui protège les sols tout en augmentant les rendements.
« Nous voulons que les terres cultivées ne restent pas à découvert et que les rivières ne soient pas remplies de sols emportés par l’érosion. Nous voulons aussi augmenter la productivité grâce à l’amélioration de la qualité des sols », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’agriculture de conservation permet de lutter contre la dégradation des sols causée par certaines pratiques traditionnelles, en favorisant la couverture végétale, la réduction du labour et une utilisation efficace des fertilisants.
Le RICA estime que ces pratiques pourraient permettre d’importantes améliorations de la production agricole.
Pour le maïs comme pour les haricots, les terres bien gérées et bénéficiant de semences de qualité peuvent offrir des rendements nettement supérieurs, avec jusqu’à sept tonnes par hectare pour le maïs et 1,6 tonne pour les haricots, contre des productions beaucoup plus faibles sur des sols dégradés.
Dr Christian Nkurunziza, coordinateur du projet au MINAGRI, a indiqué que l’initiative vise à répondre au défi de la dégradation des sols dans un contexte où les terres agricoles disponibles restent limitées.
« La superficie des terres agricoles demeure inchangée, mais l’objectif est d’accroître leur productivité afin d’obtenir de meilleurs rendements sur les mêmes espaces. Sans mesures de protection adaptées, les sols risqueraient de perdre progressivement leurs qualités naturelles », a-t-il expliqué, rappelant que le Rwanda a déjà adopté plusieurs mesures de protection des sols, notamment les terrasses, mais que de nouvelles approches étaient nécessaires pour renforcer les résultats.
Pour Eric Uwitoze, un stagiaire venu du district de Ruhango, la formation lui a permis de mieux comprendre l’importance de pratiques comme la rotation des cultures pour réduire les maladies des plantes.
Il estime également que l’agriculture de conservation pourrait aider les agriculteurs à réduire certains coûts en améliorant la qualité des sols et l’efficacité des techniques agricoles.




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