Cette progression représente une hausse d’environ 227 %, ce qui signifie que les émissions nationales ont été multipliées par plus de trois sur la période étudiée.
Le rapport analyse l’évolution des émissions entre 2006 et 2022 et porte sur quatre principaux gaz responsables du réchauffement climatique : le dioxyde de carbone (CO₂), le méthane (CH₄), le protoxyde d’azote (N₂O) et les hydrofluorocarbures (HFCs). Ces gaz sont convertis en équivalent CO₂, ou CO₂e, afin de permettre une comparaison uniforme de leur impact sur le climat.
Le dioxyde de carbone provient principalement de la combustion de combustibles, notamment dans les transports, l’industrie et certaines activités domestiques. Le méthane est surtout lié à l’élevage, à la gestion des déchets organiques et aux eaux usées. Le protoxyde d’azote provient principalement de l’utilisation d’engrais agricoles, tandis que les hydrofluorocarbures sont associés aux équipements de refroidissement, notamment les réfrigérateurs et les climatiseurs.
Selon les données du rapport, les émissions s’élevaient à 2,395 millions de tonnes en 2006, avant d’atteindre 4,017 millions de tonnes en 2010. Entre 2011 et 2014, elles se sont stabilisées à un niveau légèrement supérieur à 3 millions de tonnes par an. En 2015, elles sont montées à 5,031 millions de tonnes, avant de connaître une légère baisse entre 2016 et 2017, période durant laquelle elles sont restées un peu au-dessus de 4 millions de tonnes.
À partir de 2018, une nouvelle hausse est observée, avec 5,314 millions de tonnes, puis 6,731 millions en 2019 et 6,434 millions en 2020. La tendance haussière s’est poursuivie en 2021 et 2022, avec respectivement 7,095 millions et 7,832 millions de tonnes.
Le rapport attribue cette progression à plusieurs facteurs, dont la croissance de l’utilisation des réfrigérants dits « respectueux de l’ozone ». Bien qu’ils aient remplacé certaines substances nocives pour la couche d’ozone, ces réfrigérants peuvent avoir un fort pouvoir de réchauffement climatique. Leurs émissions augmenteraient d’environ 12 % par an.
La biomasse demeure également un facteur important. Environ 83 % des ménages rwandais utilisent encore le bois de chauffage ou le charbon de bois, ce qui maintient une pression importante sur les ressources naturelles et contribue aux émissions. Les produits pétroliers utilisés dans les transports et les machines représentent 9,7 % des émissions, contre 1,3 % pour la production d’électricité.
Malgré cette hausse, le Rwanda affirme poursuivre ses efforts de réduction des émissions, notamment à travers la promotion de la mobilité électrique, la diminution progressive de l’utilisation des combustibles fossiles et la réduction de la dépendance au bois et au charbon de bois.
Le pays vise à ramener la part des ménages utilisant le bois et le charbon à 42 % d’ici 2030. Il s’est également engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 38 % par rapport au scénario de référence, soit environ 4,6 millions de tonnes d’équivalent CO₂ d’ici 2030.



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